<![CDATA[Journal La Revue - Gilles Bordonado :: Blogues de La Revue]]> http://www.larevue.qc.ca/blogue-gilles-bordonado-2.php Fri, 24 Nov 2017 09:54:09 -0500 http://www.larevue.qc.ca/images/logo_la_revue.gif <![CDATA[Journal La Revue - Gilles Bordonado :: Blogues de La Revue]]> http://www.larevue.qc.ca/blogue-gilles-bordonado-2.php Zend_Feed http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss <![CDATA[Obligatoire]]> Gilles Bordonado http://www.larevue.qc.ca/blogue-gilles-bordonado-2.php?art=756 Comme plusieurs, j’ai été surpris de la faiblesse de la participation au vote aux élections municipales à Terrebonne et à Mascouche.

Pour saisir le problème, il faut savoir qui vote et qui ne vote pas. Selon une étude de Statistiques Canada citée par La Presse en 20151, l’abstention est dramatique chez les 18 à 44 ans sans études secondaires. Elle atteint 65,4 %! C’est à peine mieux chez les diplômés d’études secondaires de ce groupe d’âge, où l’abstention est de 52,6 %. Les plus jeunes votent moins que leurs aînés, mais les jeunes diplômés universitaires votent dans une proportion de 70 %, donc dans la moyenne. Il y a là un fort potentiel de croissance pour les politiciens. Si l’éducation à la citoyenneté et au devoir de voter n’est pas motivée dès l’adolescence, voire la majorité, l’abstention s’installera à long terme.

Donc si vous avez des enfants à la maison, mettez-vous au travail. S’ils ne votent pas une fois adultes, ce sera de votre faute. Votre rôle de citoyen et de parent vous impose d’aller voter et de rappeler à votre progéniture qu’il est important de le faire. Et si vous les motivez à demeurer à l’école, vous en ferez des citoyens mieux armés sur les plans personnel et professionnel et plus avisés pour critiquer de façon structurée les choses et pour voter de façon éclairée.

Voter est un privilège qui fait l’envie de plusieurs citoyens qui en sont privés dans le monde. Alors que ces pays voient leur liberté d’expression bafouée, nous avons tendance à oublier le privilège qui est de choisir nos représentants.

Intéressé à la politique depuis que je suis tout jeune, je crois que nos élus peuvent changer les choses. Les lieux communs tels que «voter ne changera rien», «tout est arrangé d’avance», «on connaît déjà le résultat» ou «les politiciens sont tous des pourris» sont des excuses pour les gens désirant se déresponsabiliser d’aller voter pour des raisons aussi futiles que le mauvais temps, les délais d’attente ou le manque de temps.

Devant cette situation, je crois que le vote devrait être obligatoire sous peine d’amende ou de sanction, comme c’est le cas dans 22 pays dans le monde, dont la Belgique, la Grèce, le Danemark, le Brésil, la Turquie, le Mexique et l’Argentine. En Australie, les taux de participation ont bondi au-delà des 80 % avec l’adoption d’une loi dans ce sens.

Au Canada, la participation aux scrutins est en baisse constante : 71,44 % aux élections provinciales de 2014 (avec un creux historique de 57,43 % en 2008),  68,3 % aux élections fédérales de 2015 (avec un creux de 61,1 % en 2011) et 40 % aux municipales à Terrebonne et à Mascouche cette année. Si la responsabilité du vote est individuelle, les conséquences globales sont graves. L’abstention enlève de la crédibilité à nos gouvernements et amène un désintéressement des affaires publiques. Il est plus que temps que ça change. 

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Tue, 21 Nov 2017 00:00:00 -0500
<![CDATA[Changement]]> Gilles Bordonado http://www.larevue.qc.ca/blogue-gilles-bordonado-2.php?art=753 La stratégie, le message, le programme et les candidats sont cruciaux dans le succès d’une campagne électorale, mais rien ne remplace son organisation et le temps de préparation investi avant un scrutin.

À ce chapitre, l’Alliance démocratique de Terrebonne ne s’est pas trompée. Marc-André Plante s’est mis en marche il y a 16 mois alors que les premières rumeurs de sa candidature se faisaient entendre. Son parti, son programme et son message se mettaient en place, tandis que les candidats se bousculaient au portillon. Le passage de quatre membres de l’Équipe Robitaille comme indépendants et ensuite à l’ADT a dynamité le projet plus ou moins secret de voir une coalition d’ex-élus de l’Équipe Robitaille se regrouper au sein d’une nouvelle formation.

Dès novembre, Stéphane Berthe a eu à apprendre et à jouer le rôle de maire, jaugeant ses chances de se présenter au poste ultime. Une fois décidé, il a dû mener deux combats de front : la mairie et la direction de Générations Terrebonne. Ce n’est qu’en avril, huit mois après les premiers pas de l’ADT, que son parti naissait. Ses derniers candidats ont été connus à la fin de juin.

Devant la nécessité de changement, l’ADT a bien joué ses cartes. Du temps, c’est plus de porte-à-porte alors que 40 % des gens vont voter et c’est aussi le souci du détail, dont un nom révélateur pour son site Internet (duchangement.ca) et une nouvelle dénomination de son parti sur les bulletins de vote : Alliance démocratique Terrebonne - Équipe Plante pour du changement.

Valérie Quevillon, déçue de la présence d’ex-membres de l’Équipe Robitaille à l’ADT, a lancé son équipe. Malgré son entrée tardive, elle a amassé le quart des voix. Son message simple et populiste a fait mal à Générations Terrebonne. La division du vote a favorisé l’ADT, alors que plusieurs croyaient que le contraire se produirait. Un organisateur de l’ADT me mentionnait qu’un bloc de 40 % des électeurs a penché pour la formation tout le long de la campagne et ça s’est vérifié.

Je croyais que la course serait serrée. Stéphane Berthe avait insufflé un certain renouveau, mais les citoyens cherchaient un changement plus profond, et l’ADT l’incarnait mieux que Générations Terrebonne aux yeux des électeurs. Depuis la fusion de 1984, ce sera la première fois qu’un maire et une administration ne seront pas issus des descendants du Parti de l’avenir des citoyennes et citoyens de Terrebonne, Irenée Forget, Jean-Marc Robitaille et Stéphane Berthe. Une page de l’histoire s’est tournée…

À Mascouche, les électeurs ont donné un second mandat à Guillaume Tremblay et à son équipe, car ils sont satisfaits de leur travail. Cela explique la faiblesse ou la tardive présence de l’opposition rencontrée. Au maire et à son équipe d’en être dignes. Connaissant le maire Tremblay, il a pris des notes et est déjà à pied d’œuvre pour faire encore mieux. Il a entendu les doléances et fera tout pour y répondre.  

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Wed, 08 Nov 2017 00:00:00 -0500
<![CDATA[Débat]]> Gilles Bordonado http://www.larevue.qc.ca/blogue-gilles-bordonado-2.php?art=744 Amis lecteurs et lectrices, soyez à vos petits et grands écrans ce jeudi à 19 h 30. Un moment phare de la campagne électorale se passera sous vos yeux alors que les chefs des trois principaux partis municipaux briguant les suffrages à Terrebonne croiseront le fer à l’occasion d’un débat politique d’une heure trente.

Organisée par le journal La Revue et la Télévision Régionale des Moulins, cette émission sera diffusée en direct sur les ondes de TVRM, câbles 9 et 609, si vous êtes branché à Vidéotron. Elle sera présentée en simultané sur le www.tvrm.ca et les pages Facebook de La Revue et de TVRM. Si les affaires municipales vous intéressent, ce sera un rendez-vous à ne pas manquer.

Il est heureux que Stéphane Berthe, de Générations Terrebonne, Marc-André Plante, d’Alliance démocratique de Terrebonne, et Valérie Quevillon, de Nouvel Élan Terrebonne, se prêtent à cette rencontre où les enjeux les plus pressants de la présente campagne seront abordés.

On peut lire dans nos pages depuis plusieurs mois des pans entiers de leur programme. Les formations ont présenté leur équipe et leurs priorités, mais elles n’ont pas eu l’occasion de se rencontrer sur une même scène, une opportunité unique pour nous de voir leurs idées s’affronter.  

Si les participants ont en main le format de la rencontre et les grands thèmes, ils n’ont pas les questions. Sachez qu’outre la période des questions, animée par trois journalistes, Jacinthe-Ève Arel de TVRM, Jean-Marc Gilbert et votre humble serviteur de La Revue, la modératrice du débat, Véronick Talbot, rédactrice en chef du journal, animera des débats en face à face sur les différents thèmes mis de l’avant. Outre vous éclairer sur leur programme, leurs valeurs et les raisons qui les poussent à embrasser le service public, les candidats auront aussi la chance de s’exprimer sur les sujets abordés. Ils vous parleront directement, autrement qu’à travers leur porte-à-porte et leur présence à vos côtés lors des événements publics auxquels ils participent.

Malgré que TVRM et nous soyons bien préparés, nous vivons quand même un peu de fébrilité. Comme les participants, ce n’est pas tous les jours que nous avons l’occasion de vivre une expérience du genre.

Tout est donc en place. Nous avons bien hâte de vous retrouver dans vos foyers, sur vos téléviseurs, vos écrans d’ordinateur, vos tablettes ou vos téléphones mobiles en espérant que la rencontre vous aidera à faire un choix éclairé le 5 novembre.

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Tue, 17 Oct 2017 00:00:00 -0400
<![CDATA[61 + 12]]> Gilles Bordonado http://www.larevue.qc.ca/blogue-gilles-bordonado-2.php?art=738 L’histoire s’écrit à Terrebonne. Pas moins de 61 citoyens désirent enlever l’un des 17 postes en élection, un record pour cette ville habituée aux réélections décidées d’avance devant une opposition faible ou fragmentée.

Dans un monde qui se réclame du changement, il est intéressant de voir toutes les formations politiques dans la course l’évoquer, qu’il s’agisse du maire Stéphane Berthe, chef de Générations Terrebonne (GT), qui a insufflé une nouveauté certaine et un vent nouveau à l’hôtel de ville; de Marc-André Plante et de l’Alliance démocratique de Terrebonne (ADT), formation qui s’en inspire largement par ses slogans, son programme et son site Internet; ou de Valérie Quevillon et du Nouvel Élan Terrebonne, parti qui s’oppose à ces équipes en ne comptant en son sein aucun ancien membre de l’administration Robitaille. Pour Antoine Hanachian, qui veut incarner le changement, l’affaire sera plus complexe, car il ne comptera pas sur une majorité, n’ayant que trois aspirants conseillers.

À Mascouche, 12 personnes étaient sur les rangs. Six conseillers de Vision démocratique de Terrebonne (VDM) sur huit ont été réélus sans opposition. Alors qu’il réclame un deuxième mandat aux électeurs, Guillaume Tremblay est en bonne position pour l’obtenir. Présent sur Internet et les réseaux sociaux, l’aspirant François Collin est peu visible dans la communauté. Il fait bien du porte-à-porte, mais Mascouche est grande pour un homme sans équipe, alors que les élus de VDM soutiendront activement leurs collègues en élection. Les neuf font du porte-à-porte depuis un an déjà. Si la candidature à la mairie de Line Lavallée est fantaisiste, celle de François Collin, bien que trop confidentielle, apporte certaines réflexions pertinentes sur la congestion routière et la gestion administrative. Est-ce suffisant pour défaire Guillaume Tremblay? J’en doute. Cela prendrait une équipe, une présence active sur le terrain depuis des mois et des moyens qui manquent à François Collin. Qui plus est, ses suggestions d’abandonner le projet du Manoir déjà bien avancé et d’acheter le golf de Mascouche ne tiennent pas la route. La Ville ne peut mener ces deux projets de front. Je ne sais pas pourquoi il s’acharne à pousser ces deux idées.

Si je ne connais pas l’indépendante Fabienne Robert, il me semble qu’elle arrive bien tardivement pour défaire Bertrand Lefebvre. Le seul suspense à Mascouche, il est dans le quartier d’Eugène Jolicoeur. Celui qui a obtenu la plus importante majorité aux dernières élections fait face à Denis Nadeau, un col bleu à la retraite. Bien qu’annoncé il y a peu de temps, cet indépendant compte sur l’appui de l’ex-conseillère Lise Gagnon et d’une bonne équipe de bénévoles. À moins d’un revirement à la mairie ou dans le quartier 5, ce sera sur le 2 qu’on aura à l’œil à Mascouche.

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Tue, 10 Oct 2017 00:00:00 -0400
<![CDATA[Aplaventrisme]]> Gilles Bordonado http://www.larevue.qc.ca/blogue-gilles-bordonado-2.php?art=737 Le gouvernement Trudeau est d'une faiblesse innommable. Après l'aplaventrisme de notre Justin national devant Trump menant à l'affaire Boeing vs Bombardier et sa pauvre prestation aux Nations Unies où il a encore autoflagellé le Canada sur le traitement des Autochtones alors que bien d’autres sujets retiennent l’attention sur la planète, voilà que sa ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, s'écrase devant Netflix.

Joly, dont le ministère a dépensé 23 000 $ pour des filtres Snapchat pour promouvoir la LNH et les 150 ans du Canada, n’applique pas la législation canadienne sur la taxation et donne ainsi un avantage indu à une multinationale multimilliardaire. Qui plus est, Ottawa et Québec investiront à qui mieux mieux des millions de dollars en publicité dans Facebook et Google, qui tuent les vrais créateurs de nouvelles, les médias traditionnels qui n'ont pas le «bon modèle d'affaires», dixit la ministre Joly. Celle-ci ne voit pas que Facebook et Google pompent déjà plus de 85 % des revenus publicitaires électroniques et qu’en situation de monopole, ce sera encore pire plus tard. Ses entrevues radio et télé ont démontré la faiblesse de ses choix et de son argumentaire.

Les entrepreneurs comme moi qui n'ont pas le «bon modèle d'affaires» vont continuer de se battre pour offrir de la nouvelle originale à leurs lecteurs et s'adapter. En liant ces médias au «mauvais modèle d’affaires», vous apprendrez, madame Joly, que ces multinationales et Netflix de ce monde ne sont pas les meilleurs citoyens d’affaires. Cherchez «GAFA», «Netflix», «impôts» et «taxes» sur Google pour vous en convaincre. Cherchez aussi s’ils donnent un sou à la communauté moulinoise, comme je le fais.

Des pays ont compris qu'il ne faut pas donner carte blanche à ces oligarques. Ils soutiennent les médias traditionnels garants de notre démocratie. L’éditorial «Faudra-t-il que des journaux ferment?» de François Cardinal sur La Presse + le démontre bien. Ces pays aident leurs journaux, contrairement au Canada. Ils ne leur imposent pas une taxe inéquitable sur le recyclage et n’adoptent pas de loi permettant aux villes de cacher leurs avis publics dans leur site Internet comme le fait Québec. J’applaudis néanmoins Luc Fortin, ministre de la Culture et des Communications du Québec, qui a dénoncé Ottawa dans l’affaire Netflix. Ce dernier a annoncé certaines bonnes nouvelles pour nous en avril, mais nous attendons toujours leur concrétisation.

Entre-temps, à Ottawa, la ministre Joly et son Calinours de chef ne font rien. Peut-être que les filtres de Snapchat leur plaisent plus que les filtres des journalistes pourtant essentiels à notre démocratie?

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Tue, 03 Oct 2017 00:00:00 -0400
<![CDATA[Votre réalité]]> Gilles Bordonado http://www.larevue.qc.ca/blogue-gilles-bordonado-2.php?art=733 Alors qu’il y a tant à dire pour que les citoyens se fassent une idée, le débat électoral a dévié depuis une dizaine de jours sur des sujets qui n’ont aucun rapport avec les politiques municipales à Terrebonne.

Guerre d’affichage, supposées ou possibles menaces et intimidation, appel à la police et à l’UPAC, la campagne électorale à Terrebonne ne tourne pas toujours pour le mieux. Il y a plein de sous-entendus et de non-dits qui veulent laisser croire que l’autre parti, l’autre candidat à la mairie, l’autre organisation électorale ne sont vraiment pas gentils ou intègres. Bref, ça dérape un peu…

Fort heureusement, à travers tout ça, des idées se sont exprimées, les programmes se dévoilent peu à peu, et j’y reviendrai dans une prochaine chronique. Mes lectures nombreuses sont en cours à ce sujet. La Revue annoncera bientôt une initiative qui vous permettra de vous faire une idée sur ce qui vous est proposé par les partis politiques reconnus à Terrebonne.

Parlant de La Revue, elle n’échappe pas aux critiques et aux pressions. Rassurez-vous, nous y sommes habitués. Celles-ci ne nous empêchent pas de faire notre métier avec tout le professionnalisme auquel vous avez droit. Certains faiseurs d’image sont plus intenses que d’autres, mais nous savons faire la part des choses. En 28 ans de journalisme, j’en ai bien vu et entendu, des choses. Mais ce qui est irritant, c’est qu’à l’ère des réseaux sociaux, certains gérants d’estrade anonymes se cachent derrière leurs sites pour pondre des textes non signés afin de déployer leurs analyses tendancieuses et leurs commentaires diffamatoires. Ces propagandistes de malheur armés de leur peu de courage seront retrouvés et finiront par payer pour leur médisance. On ne crache pas en l’air sans que ça retombe et sachez que nous serons là quand cela redescendra. Prends des notes, mon cher Fred, car c’est toi en particulier que j’interpelle, ton petit site avec ses 400 abonnés est sous surveillance. Tes fake news, plusieurs en ont soupé. Mais je m’éloigne…

Alors que des médias ne donnent pas l’espace mérité aux affaires municipales, nous avons fait le choix de leur consacrer une grande place, car elles sont au cœur de votre réalité, qu’il s’agisse de l’inauguration d’un nouveau poste de police, de l’implantation de bacs bruns ou des positions des différents partis politiques et candidats aux élections municipales.

Dans la cohue de certains sites Facebook, où la nouvelle n’est pas vérifiée, notre place comme analystes de la chose politique est précieuse et je suis fier que La Revue puisse contribuer à une saine expression de la démocratie.

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Tue, 26 Sep 2017 00:00:00 -0400
<![CDATA[Usé]]> Gilles Bordonado http://www.larevue.qc.ca/blogue-gilles-bordonado-2.php?art=732 Deux déclarations du premier ministre Philippe Couillard m’ont interpellé récemment et je désirais vous offrir mes réflexions à ce sujet.

D’abord, son appel au retour des Anglo-Québécois au Québec. La Presse a présenté quelques articles sur le sujet, dont l’un soulignant, à la suite de plusieurs entrevues, que personne n’avait entendu parler de l’invitation ailleurs au pays.

J’en tire une conclusion : Philippe Couillard ne s’adressait pas aux anglophones hors Québec, mais bien à son électorat anglophone au Québec. Pourquoi? Car il craint de perdre son soutien. Et les libéraux ont raison d’être inquiets, puisque le PLQ voit les anglophones et les allophones songer à quitter le bateau. L’usure du pouvoir et les scandales font leur œuvre, même chez cette clientèle de tradition stationnée chez les libéraux.

Selon le sondage Léger / Le Devoir / Journal de Montréal d’août, le PLQ n’attirait plus que 69 % de ces électeurs. Il y a donc 31 % qui avaient l’intention de voter pour un autre parti : 9 % pour la CAQ, 8 % pour le Parti conservateur du Québec, 5 % pour Québec solidaire, 3 % pour le PQ et 6 % pour un autre parti.

Déjà en chute libre chez les francophones (22 % d’appui), le PLQ a bien raison de s’inquiéter, d’où l’appel de Philippe Couillard.

L’autre citation qui porte à réflexion, celle voulant que progressisme et économie soient indissociables. Le PM laisse entendre par là que le PLQ pouvait faire preuve de progressisme. Faut être culotté! Depuis leur retour, les libéraux ont prôné le laisser-faire dans tous les domaines. Ils ont pelleté les problèmes sociaux en avant, laissant bien des citoyens à l’abandon pendant des années pour atteindre le sacrosaint équilibre budgétaire et favoriser les ti-namis.

Le sous-financement chronique de l’éducation, de la santé, des services sociaux, de la protection de l’environnement, de la culture et de combien d’autres secteurs de l’activité gouvernementale a eu un impact catastrophique.

Je suis révolté que Philippe Couillard se permette de parler de progressisme, lui qui a dirigé un gouvernement qui saigné les citoyens en augmentant les taxes et les impôts, tout en sabrant dans les services. L’équilibre budgétaire s’est réalisé sur le dos des citoyens et contribuables.

De voir le gouvernement libéral se faire du capital politique en promettant enfin de réduire les impôts et en investissant enfin dans les priorités qui auraient dû être les siennes pendant des années me lève le cœur. Espérons que les Québécois ne seront pas assez naïfs pour tomber dans le panneau et qu’ils sauront punir ce gouvernement usé, corrompu, et qui a été sans âme et sans vision pour le bien collectif pendant des années, en plus de ne balancer les comptes qu’en fin d’année. C’est qu’on a eu droit à tout un projet de société ces dernières années…

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Tue, 19 Sep 2017 00:00:00 -0400
<![CDATA[Bleus]]> Gilles Bordonado http://www.larevue.qc.ca/blogue-gilles-bordonado-2.php?art=727 Les campagnes électorales sont des moments privilégiés pour bien des groupes de faire connaître leurs doléances. Les syndiqués et autres citoyens en profitent pour sensibiliser les élus à leurs revendications.

C’est le cas pour les cols bleus de Mascouche et les citoyens lésés de la rue des Bernaches à La Plaine, qui ont manifesté bruyamment en ouverture des rencontres du conseil de Mascouche et de celui de Terrebonne lundi. Le choix du mot «indignation» sur notre couverture résume bien leur position. Toutefois, malgré leur mécontentement que je comprends, je doute que ces manifestations mènent à un dénouement rapide et positif de ces revendications qui les affectent, eux en priorité et non tous les citoyens à la fois.

À Terrebonne, les demandes des propriétaires de la rue des Bernaches font leur chemin. Leur situation est connue et reconnue, mais je ne pense pas qu’il y aura règlement avant l’élection étant donné les parties concernées et les questions juridiques à régler. Ce dossier épineux sera tranché par le nouveau conseil.

À Mascouche, les enjeux sont majeurs pour les deux parties, campées sur leur position. D’un côté, les cols bleus veulent améliorer leur sort, rejettent la sous-traitance et dénoncent l’ajout de cadres, pendant que la Ville cherche des marges de manœuvre pour gérer son personnel comme elle l’entend et répond aux moyens de pression des syndicats en faisant appel à la sous-traitance. Entre force de travail et droit de gérance, le ton monte.

Malgré leurs revendications défendables, les syndiqués n’ont souvent pas la cote. Leurs demandes passent fréquemment sous le radar. Certains les jugent «gras dur», tandis que les hauts cris et le vandalisme de quelques-uns ne passent pas la rampe pour plusieurs.

Ces dernières années, certains syndicats municipaux à Terrebonne ont joué les durs avec les élus, en faisant beaucoup de bruit et en décrétant des grèves longues et impopulaires qui ont pris les citoyens en otage. Ça n’a rien fait pour les rendre populaires. Finalement, ces employés sont rentrés au travail la queue entre les jambes, sans gain significatif.

À Mascouche, le maire Tremblay et son administration sont en position de force. Il n’y a pas d’opposition significative, et le premier magistrat et son équipe se dirigent vers une réélection facile. Les «Bleus» risquent gros. Comme il est à prévoir qu’il n’y aura pas d’entente d’ici le 5 novembre, on peut se questionner sur la suite des choses. Inévitablement, quelqu’un devra mettre de l’eau dans son vin pour un règlement sensé, où de part et d’autre, on écoutera l’autre.

Je crois que ces manifestations, alors que les demandeurs ne sont pas en position de force, n’apportent pas les solutions escomptées. Elles ne mènent pas à un règlement, bien que des citoyens se disent lésés par une injustice ou que des employés désirent être écoutés.

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Tue, 12 Sep 2017 00:00:00 -0400
<![CDATA[2018]]> Gilles Bordonado http://www.larevue.qc.ca/blogue-gilles-bordonado-2.php?art=723 Est-ce que le coup de dés de François Legault viendrait à payer? Celui qui a quitté le PQ en 2009 pour ensuite fonder la Coalition Avenir Québec en 2011 est sur la pente ascendante depuis quelques mois.

Si l’on prend le dernier sondage du Journal de Montréal/Le Devoir/Globe and Mail et qu’on le compare aux résultats des élections de 2014, Philippe Couillard et ses troupes ont bien raison d’être inquiets. Le PLQ a perdu 9,5 % et touche un plancher historique de 32 %.

Soyons francs, tout le monde semble en avoir soupé des libéraux dont le règne tire à sa fin. Le taux de satisfaction du gouvernement est à 28 %, et ce, malgré l’embellie de l’économie; 72 % d’insatisfaits, c’est une incroyable côte à monter.

Le parti qui tire les marrons du feu est la CAQ, qui a connu un été du tonnerre, avec des sorties publiques bien ciblées à l’emporte-pièce. Pour la première fois, il est en tête en région. Il gruge du vote fédéraliste et du vote souverainiste. Des 23 % obtenus en 2014, il passe à 28 % sur le plan national.

Le PQ frappe aussi un plancher à 22 %, ce qui est pourtant seulement 3 % de moins qu’en 2014. Mais à 22 % et derrière la CAQ en région, le PQ a toutes les raisons de s’inquiéter.

Quant à Québec solidaire, qui semblait chauffer le PQ, il chute à 12 %. Il avait eu 7,6 % en 2014. L’effet Nadeau-Dubois semble s’estomper, mais ne profite pas beaucoup au PQ. Le sondage du Journal de Montréal présente deux données peu fiables. Il montre le Parti conservateur du Québec à 3 % et les autres partis à 3 %. Ces 6 % sont trop importants. Ils n’ont été que 2,4 % dans ces formations en 2014. Il y a donc là un 4 % à redéployer.

Autre élément qui plaira à la CAQ, François Legault est le chef de parti provincial qui ferait le meilleur premier ministre avec 24 %, contre 18 % pour Philippe Couillard et 13 % pour Jean-François Lisée.

Il n’y a rien de surprenant à ce que la CAQ se mobilise en Mauricie, de tradition plus libérale et péquiste, et que le PQ s’attaque au «450», où la CAQ a fait une grande percée en 2014 et l’ADQ en 2007, et au Saguenay, une région traditionnellement souverainiste qui pourrait se laisser tenter par la CAQ.

S’il est vrai qu’une élection ne se gagne jamais un an avant l’échéance prévue, les électeurs cherchent une alternative aux libéraux, qui vivent finalement l’usure du pouvoir que tous leur promettaient. Reste à savoir qui prendra la relève et ce récent sondage, comme les précédents du printemps, doit conforter François Legault et ses troupes alors qu’une élection générale doit se tenir d’ici le 1er octobre 2018.

Mais l’électorat demeure volatil et bien des choses peuvent arriver. Ne pariez pas sur la fin des libéraux ou la mort du PQ si souvent annoncée, mais jamais consommée…

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Tue, 29 Aug 2017 00:00:00 -0400
<![CDATA[Loup]]> Gilles Bordonado http://www.larevue.qc.ca/blogue-gilles-bordonado-2.php?art=722 Sujet délicat s’il en est un : l’immigration. Et ça l’est pour moi, car je suis fils d’immigrants.

Mes parents sont arrivés de France en 1964 par les voies légales et ont été acceptés comme Canadiens en 1969.

Mon père, Français d’origine espagnole, et ma mère, Française de Toulouse, se sont vite intégrés, étant source de richesses pour le Canada et le Québec, qu’ils considèrent comme leur pays. Leur engagement social en est toujours la meilleure preuve. Comme moi, ils sont fiers de leurs origines et Québécois à part entière.

Il y a quelques années, j’avais rédigé un article notant que le Canada n’était plus la terre d’accueil qu’il a été et c’est toujours vrai. Pour diverses raisons, dont certaines que je partage (sécurité nationale, richesse collective, intégration et respect des valeurs du pays), nos frontières se sont resserrées.

Contrairement au tapage sur les médias sociaux, le Canada n’est pas une passoire. Le Canada et les pays occidentaux appliquent des règles qui balisent la venue des migrants. Ceci explique l’accueil chez nous des récents arrivants d’origine haïtienne venus des États-Unis. En demeurant Canadiens à la suite de deux référendums et en votant pour le gouvernement libéral en place à Ottawa, vous lui avez accordé de gérer ce dossier comme il l’entend.

Comme le disait Jean-François Lisée, l’acceptabilité sociale n’est pas générale. Certains crient au loup et la manifestation de la Meute en est la preuve. Pour en avoir été victime, je déteste les préjugés. Certaines personnes puent le racisme à plein nez, alors que d’autres sont simplement inquiets. Et il y en avait, des inquiets, à Québec. De l’autre, je soutiens les manifestations pacifistes qui dénoncent le racisme, mais j’honnis les casseurs qui prônent la violence.

Le Québec n’est pas habité que par des racistes et des anarchistes. Ils sont bien rares. Si Québec et Ottawa adoptaient une loi sur la laïcité dans les lieux publics, les choses seraient enfin claires et cela rassurerait la population. Cette loi ne ferait pas de nous des racistes, contrairement à ce que certains libéraux et jovialistes le font croire.

Au final, les craintes de certains dans l’actuelle «crise» des migrants s‘estomperont. Québec accueillera 51 000 immigrants en 2017, auxquels s’ajoutent les 7 000 migrants actuels. La plupart de ces derniers, qui ne sont pas des réfugiés, seront retournés chez eux, n’ayant été que de passage ici. Entre-temps, nous n’avons pas le choix. Nos lois sont ainsi faites.

Notez que l’Allemagne a accueilli 1 000 000 de migrants depuis 2015, l’Italie, 200 000 en 2017. On est loin ici de la catastrophe appréhendée...

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Tue, 22 Aug 2017 00:00:00 -0400