Terrebonne, mardi 7 février 2012
Par Gilles Bordonado
Mardi 17 août 2010
Libre opinion, par Gilles Bordonado
Questions...
La décision favorable de la Cour supérieure du Québec envers la Ville de Mascouche est une victoire majeure de la Municipalité. Non seulement cela l'autorise à vendre l'aéroport, mais cela lui permet aussi d'en toucher les fruits.
Les défenseurs du maintien de l'aéroport souhaitent de tout cœur que le ministère des Transports du Québec en appelle de cette décision. En faisant ainsi appel, le dossier de la vente des terrains de l'aéroport s'étirera en longueur, permettant aux pilotes d'espérer qu'une fois l'échéance de 2011 arrivée, le mandat de ces terrains demeurera aéroportuaire. Voilà la mission que se sont donnée, et ça se comprend, les pilotes de l'aéroport de Mascouche.
La Ville de Mascouche ne recevra pas la compensation de 1,8 M$ qu'elle réclamait au gouvernement du Québec, a jugé la Cour, mais sur le reste, elle l'emporte pratiquement sur toute la ligne. Le fait que Québec doive payer tous les frais engagés par la Ville de Mascouche dans cette lutte judiciaire le démontre parfaitement.
Mais il y a fort à parier que Québec, qui espère toujours toucher une partie des sommes d'une éventuelle vente, fera appel, un privilège que ne nie nullement la Cour en n'acceptant pas une exécution rapide du jugement.
La Ville de Mascouche voit miroiter les millions. En effet, si le terrain valait 1,8 M$ lors de la vente avortée de décembre 2002, combien vaut-il maintenant avec la proximité d'un futur train de banlieue et la construction d'un mégacentre à deux pas? Parions que la valeur de ces 2 800 000 pieds carrés a doublé, voire triplé. Et qu'en est-il du potentiel commercial de ce site stratégique dont la vocation de parc d'affaires est rêvée par Mascouche depuis près de 10 ans?
La valeur colossale de ces terrains explique l'entêtement du ministère des Transports du Québec. Il espère qu'un jugement en appel lui donnera une plus grande part du magot. Qu'on se le dise, Québec n'est pas là pour maintenir la mission actuelle des terrains en aéroport, mais bien pour mettre la main sur une partie de la caisse.
Si l'on voit certains politiciens défendre bec et ongles la mission de l'aéroport, dont MM. Serge Hamelin et Guillaume Tremblay, qui croient vigoureusement au maintien de cette infrastructure, le simple citoyen de Mascouche, propriétaire de l'aéroport, est cependant en droit de se questionner sur la valeur potentielle de ce site exceptionnellement situé à l'intersection de deux autoroutes.
Voilà donc la vraie question qu'il faut poser : doit-on oui ou non maintenir cet aéroport ouvert après 2011, à l'issue de l'entente signée entre la Ville de Mascouche et Transports Canada pour maintenir un aéroport municipal à cet endroit?
Les citoyens mascouchois croient-ils suffisamment à l'aéroport, à sa mission pour empêcher l'administration du maire Richard Marcotte d'éventuellement vendre ces terrains, d'amasser quelques millions à mettre dans les coffres de la Ville pour améliorer ses services municipaux, voire réduire le fardeau fiscal des contribuables et d'y implanter des entreprises créatrices de richesses et d'emplois?
En question subsidiaire, que fera Transports Canada en 2011? Forcera-t-il la Ville de Mascouche à maintenir cette infrastructure en place?
Et si on ferme l'aéroport à cet endroit, pourrait-on dédommager les pilotes et les entrepreneurs qui y œuvrent actuellement et pourrait-on ouvrir un autre aéroport ailleurs sur le territoire tel que l'évoquent certains?
Voilà quelques questions que je pose...
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