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Libre opinion

Gilles Bordonado

Mardi 12 septembre 2017

Bleus

Les campagnes électorales sont des moments privilégiés pour bien des groupes de faire connaître leurs doléances. Les syndiqués et autres citoyens en profitent pour sensibiliser les élus à leurs revendications.

C’est le cas pour les cols bleus de Mascouche et les citoyens lésés de la rue des Bernaches à La Plaine, qui ont manifesté bruyamment en ouverture des rencontres du conseil de Mascouche et de celui de Terrebonne lundi. Le choix du mot «indignation» sur notre couverture résume bien leur position. Toutefois, malgré leur mécontentement que je comprends, je doute que ces manifestations mènent à un dénouement rapide et positif de ces revendications qui les affectent, eux en priorité et non tous les citoyens à la fois.

À Terrebonne, les demandes des propriétaires de la rue des Bernaches font leur chemin. Leur situation est connue et reconnue, mais je ne pense pas qu’il y aura règlement avant l’élection étant donné les parties concernées et les questions juridiques à régler. Ce dossier épineux sera tranché par le nouveau conseil.

À Mascouche, les enjeux sont majeurs pour les deux parties, campées sur leur position. D’un côté, les cols bleus veulent améliorer leur sort, rejettent la sous-traitance et dénoncent l’ajout de cadres, pendant que la Ville cherche des marges de manœuvre pour gérer son personnel comme elle l’entend et répond aux moyens de pression des syndicats en faisant appel à la sous-traitance. Entre force de travail et droit de gérance, le ton monte.

Malgré leurs revendications défendables, les syndiqués n’ont souvent pas la cote. Leurs demandes passent fréquemment sous le radar. Certains les jugent «gras dur», tandis que les hauts cris et le vandalisme de quelques-uns ne passent pas la rampe pour plusieurs.

Ces dernières années, certains syndicats municipaux à Terrebonne ont joué les durs avec les élus, en faisant beaucoup de bruit et en décrétant des grèves longues et impopulaires qui ont pris les citoyens en otage. Ça n’a rien fait pour les rendre populaires. Finalement, ces employés sont rentrés au travail la queue entre les jambes, sans gain significatif.

À Mascouche, le maire Tremblay et son administration sont en position de force. Il n’y a pas d’opposition significative, et le premier magistrat et son équipe se dirigent vers une réélection facile. Les «Bleus» risquent gros. Comme il est à prévoir qu’il n’y aura pas d’entente d’ici le 5 novembre, on peut se questionner sur la suite des choses. Inévitablement, quelqu’un devra mettre de l’eau dans son vin pour un règlement sensé, où de part et d’autre, on écoutera l’autre.

Je crois que ces manifestations, alors que les demandeurs ne sont pas en position de force, n’apportent pas les solutions escomptées. Elles ne mènent pas à un règlement, bien que des citoyens se disent lésés par une injustice ou que des employés désirent être écoutés.

24 novembre 2017 Rive nord cell

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