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Libre opinion

Gilles Bordonado

Mercredi 21 février 2018

Victoire

La Corporation des pilotes de l’aéroport de Mascouche a remporté une grande victoire, qui n’est pas surprenante, puisque nous vivons dans un régime fédéral qui, dans les dossiers du transport aérien, donne préséance aux lois votées à Ottawa sur toutes les lois adoptées à Québec.

Comme je l’avais écrit il y a quelques mois, le gouvernement de Justin Trudeau et le ministre Marc Garneau, de Transports Canada, n’en ont absolument rien à cirer de la protection de l’environnement et de l’opposition de la population si leur petit pouvoir risque d’être égratigné. Malgré leurs belles promesses, Trudeau et Garneau n’ont jamais eu la réelle intention de réviser cette loi archaïque qui permet à quiconque d’organisé d’aménager un aéroport sur le terrain de son choix. Et ce ne sont sûrement pas les fonctionnaires de Transports Canada qui vont dire le contraire. Leur plaidoyer sans nuance en faveur de l’initiative des pilotes en est la meilleure preuve. Il n’était pas question d’ouvrir la porte à une opposition qui pourrait faire jurisprudence.

Si c’est une grande victoire pour les pilotes, ce n’en est pas une pour les opposants au projet et, au premier chapitre, pour le gouvernement du Québec, qui voit ses lois bafouées. Il n’y a rien de surprenant à ce que le PQ, la CAQ et le Bloc réclament au Procureur général du Québec d’interjeter appel. Et j’y suis favorable. Peut-on laisser quelques pilotes, des fonctionnaires et des politiciens fédéraux, ici comme ailleurs au Canada, décider de l’avenir de l’aménagement du territoire, même si les lois actuelles leur donnent raison? Cette victoire confirme que les pilotes sont dans leur droit d’aménager l’aéroport de leurs rêves à Mascouche, quitte à bousculer des règles et lois votées par Québec sur l’environnement, l’aménagement du territoire ou la protection du territoire agricole.

En s’opposant, Québec ferait valoir ses principes, puisque c’est la loi canadienne qui s’applique ici, et ce, même si notre province n’a jamais entériné la constitution canadienne. Québec se battra-t-il pour faire valoir ses propres lois? Je crois qu’il pourrait en être ainsi. Pressé par l’opposition, le très libéral Philippe Couillard, l’un des premiers ministres québécois les plus fédéralistes de l’histoire, pourrait jouer une carte nationaliste qui manque à son jeu à quelques mois des élections.

La Corporation se dit prête à écouter le milieu, à parler de protection de l’environnement et de développement économique, sujets qu’elle aborde depuis les premiers jugements favorables à sa cause il y a quelques mois. Elle prépare le terrain, car si elle a une victoire en main devant les tribunaux, l’acceptation sociale n’est pas au rendez-vous. Dans le contexte où les pilotes espèrent mettre la main sur les millions promis par la Ville de Mascouche, ces derniers doivent faire preuve d’une plus grande ouverture après les consultations menées en cachette grâce à la loi fédérale. Reste à savoir comment se positionnera l’administration du maire de Mascouche, mais aussi celle du maire de Terrebonne, car une piste doit également se construire dans cette ville. Ces villes soutiendront-elles l’appel éventuel de Québec? Mascouche décidera-t-elle d’engager des négociations et de s’entendre avec les pilotes? L’histoire n’a pas fini de s’écrire dans ce dossier.

2018-05-21 au 06-29 - Galeries Rive-Nord CEL

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