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LIBRE OPINION, par Gilles Bordonado

Mardi 25 janvier 2005

Troquer le bitume contre le rail et l'emploi local

En 30 ans de vie dans la région, un Moulinois travaillant dans la métropole aura passé quelque deux années complètes en transport automobile vers Montréal. Voilà l'un des constats tirés par un de mes interlocuteurs privilégiés, M. Claude Benoit, de Lachenaie.

L'éventuelle construction d'un pont payant pour la 25 n'a pas fini de faire couler de l'eau sur la rivière des Prairies. En écrivant ma chronique la semaine dernière, il était clair pour moi qu'il y aurait une suite cette semaine. Mes réflexions seront enrichies des commentaires de M. Benoit, mais aussi de Daniel Aucoin, un résidant de Terrebonne.

Travailler chez soi

S'il y a une assurance que j'ai, c'est l'importance de se donner dans la région la plus grande autosuffisance en matière d'emploi. Cette importance est telle que La Revue s'investit comme commanditaire depuis plusieurs années au Salon de l'emploi, qui se déroulera cette année les 11 et 12 février au Centre de formation professionnelle des Moulins (www.regionautravail.com). Pour éviter les autoroutes, les ponts et même les rails, pour améliorer sa qualité de vie personnelle et familiale, n'y a-t-il pas meilleure solution que de travailler à deux pas de chez soi à des conditions de travail respectables? Voilà ce que nous offrent de plus en plus les entreprises d'ici. Soyez-y attentif.

Magouille et environnement

Je partage plusieurs réflexions de M. Aucoin au chapitre de la magouille et de l'environnement dans le dossier du pont de la 25, malgré que je trouve certains environnementalistes professionnels et de métier bien souvent plus opportunistes qu'opportuns.

Pour moi, en particulier, associer la construction d'un nouveau pont vers la Rive-Nord au péril de l'étalement urbain m'horripile. Si nous avons décidé de résider sur la Rive-Nord, c'est par choix, par amour de la banlieue et pour la recherche d'une certaine qualité de vie. Certains "Montréalistes" ont tendance à voir en nous de méchants voleurs de revenus, titre que mériterait bien la mal gérée Ville de Montréal. S'il y a un "vandalisme" concret, c'est bien celui-là ou celui de laisser des millions de gallons d'eau se gaspiller dans un système d'aqueduc pourri à la moelle. Si Montréal n'a pas su conserver ses résidents, c'est bien de sa faute.

En 2005, le nouveau pont payant est-il indispensable? Probablement que non. Ajoutera-t-on, comme le prétendent certains environnementalistes, des dizaines de milliers de voitures sur l'autoroute 25 avec le nouveau pont? J'en doute. Le nouveau pont payant profitera-t-il à des amis du régime? Assurément. Le bitume est-il la seule solution à nos maux de transport? Oh que non! Le train de banlieue Mascouche-Montréal serait une partie de la solution, si Québec pouvait se décider à agir. C'est pour cela que je le réclame à hauts cris depuis des années.

Quant au "vandalisme écologique que nous ne voulons pas léguer à nos enfants", c'est une expression qui m'apparaît souvent vide de sens dans la bouche de certains, mais chez M. Aucoin, qui, pour le connaître un peu, me semble posséder une véritable fibre sociale et écologiste, c’est différent. Ce que je crois cependant, c'est que le pont de 25 est un péril parmi bien d'autres. Que disent les écologistes des autres ponts à trois voies qui relient Laval et la Rive-Sud à Montréal? Le pont de la 25, c'est comme le Suroît, c'est un bel os à ronger. Cela ne présuppose pas qu'il ne faille pas dénoncer le futur pont, mais s'il y a vandalisme écologique dans ce cas, c'est quoi ailleurs?

Et les milliers d'heures vécues par les banlieusards sur les autoroutes ou dans des autobus bondés, si ce n'est pas du vandalisme, c'est quoi?

Toutes ces observations ne se veulent pas de beaux moyens de pelleter les problèmes environnementaux vers l'avant, mais de donner une perspective plus générale à un problème que certains veulent plus unidimensionnel.

Je crois que nous serons prêts à troquer la voiture et le bitume la journée où Québec nous donnera des rails et tous les outils pour créer des emplois ici. Entre-temps, on ne doit pas attendre le gouvernement, d'où la création du Salon de l'emploi par Emploi-Québec, le Centre local de développement économique des Moulins (CLDEM) et plusieurs autres partenaires.

Quant au pont de la 25, même payant, environnement ou pas, et sachez que ça m'écœure au plus au point, c'est peut-être, malheureusement, un moindre mal, si rien d'autre de mieux nous est offert. On a les gouvernements élus que l'on mérite, qu'ils soient bleus ou rouges.

24 novembre 2017 Rive nord bas

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