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Terrebonne, samedi 31 juillet 2010

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UN BRIN D'HISTOIRE Extrait d'un «Plan de la paroisse de St Henry de Maskouche dressé par Charles Laurier, arpenteur», couvrant la partie de La Plaine, en date du 12 janvier 1830, conservé aux Archives de l'Évêché de Joliette.

UN BRIN D'HISTOIRE

Par Claude Martel

Mardi 9 mars 2010

Le premier siècle de La Plaine - 2e partie

Dans l'édition de la semaine dernière, nous avons vu que le premier colon s'établit à La Plaine en 1752 et que rapidement, entre 1753 et 1765, la plupart des «belles terres» sont concédées. Lentement, une communauté se forme dans le rang de La Plaine.

  

La spéculation foncière

À La Plaine, rares sont les colons qui persistent à défricher leurs terres, la plupart abandonnent la lourde tâche des abattis et des premiers labours avant la fin du processus de défrichement. D'ailleurs, dès la fin de la décennie 1760, les ventes de terres apparaissent, et les transactions immobilières se multiplient. Les chefs de famille, qu'ils se nomment Jacques Gauthier, Charles Thérien ou Joseph Daignau, acquièrent de nombreux lopins, peut-être dans l'espoir de les céder un jour à leurs descendants. Nous sommes en présence d'un marché foncier très actif, si bien que vers 1850, seulement six familles, parmi celles établies au 18e siècle, sont encore implantées à La Plaine, soit les Gauthier (1752), Rochon (1761), Thérien (1765), Raby (1789), Myers (1795) et Villemaire (1795). Plusieurs grandes familles présentes au 18e siècle, telles que Trudeau, Daignau, Allaire, Soucis, Beauchamp et Beaudry, sont disparues du territoire plainois.

L'arrivée d'anglophones

De 1765 à 1795, seulement quelques terres sont concédées. La colonisation n'est pas la priorité des nouveaux seigneurs anglais, Gabriel Christie et Jacob Jordan. C'est le seigneur Peter Pangman qui, voyant la grande quantité de terres non concédées dans sa seigneurie, remet en branle le processus de concession des terres. On voit donc apparaître, en 1795, des colons anglophones; d'abord les frères Andrew et John Christopher Myers-Haindedier, puis Robert Robertson. S'ajoutent ensuite d'autres familles, francophones celles-là : Gauthier, Villemaire, Trudeau, Paquette dit Lavallée, Tousignan, etc. Les familles Myers, Gauthier et Daignau, tout particulièrement, acquièrent de nombreuses terres. Cet essor de colonisation se termine vers 1810, alors que la plupart des terres du rang de La Plaine, entre le lac André et le manoir seigneurial de Mascouche, sont concédées.

Une seconde vague de colonisation s'installe dans le rang de La Plaine (seigneurie de Lachenaie) à partir de 1825 pour se terminer vers 1850. Des familles anglophones acquièrent la majorité des terres de faible potentiel agricole qui avaient été concédées une première fois, entre 1795 et 1810. C'est ainsi que le sol plainois voit apparaître les familles Alexander, Robinson, Patterson, Brereton, Ewen, Hodgson, Livington et Peterkin.

La Côte Bâtarde

Vers 1830 s'ouvre un nouveau rang avec la construction du chemin de la Grande Ligne (boulevard Laurier). Quarante-quatre nouvelles terres sont rapidement concédées dans les rangs nord et sud de la «Côte Bâtarde». Toutefois, en raison d'un sol sablonneux, ces terres conviennent davantage à une vocation forestière et connaissent plusieurs morcellements. Il semble bien que le chemin de la Côte Bâtarde n'ait jamais été construit, mais son tracé correspondrait de nos jours à la rue Guérin. Quelques colons s'établissent le long de la Grande Ligne et exploitent de petites fermes qui, en raison de la piètre qualité agricole des sols, peuvent difficilement produire de quoi faire vivre une famille. Malgré tout, quelques colons persistent à cultiver ces terres; Pierre Gravel, Jacques Grenon, Joseph Martin et Jean Vaillancourt sont parmi ceux-ci.

Quant aux terres boisées sises au nord du village, désignées sous le nom de concession de la Grande Ligne ou Côte de Glasgow, elles ne sont concédées que pendant la dernière partie du 19e siècle. Ainsi, après un siècle de colonisation, les terres formant aujourd'hui le secteur de La Plaine sont toutes concédées. En 1855, on retrouve la première mention du «village de La Plaine». Mais cela fera l'objet d'une autre chronique, car de la naissance du village à la création de la municipalité, il faudra attendre un autre trois quarts de siècle; La Plaine parviendra difficilement à atteindre son autonomie!

(Sources : Plusieurs actes du greffe de Joseph Turgeon.

Dumas, Norbert (1858), Cadastre abrégé de la seigneurie de Lachenaie.

Fonds de recherche de l'auteur sur l'histoire de La Plaine.)

 

 

 

 

 

 

 

 

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