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Terrebonne, mardi 7 février 2012

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UN BRIN D'HISTOIRE La récolte de foin à Terrebonne. (Collection Société d’histoire de la région de Terrebonne)

UN BRIN D'HISTOIRE

Par Claude Martel

Mardi 31 août 2010

  

L'agriculture régionale sous le Régime français

L'agriculture fut la principale activité économique de nos citoyens depuis les premiers jours de notre histoire. Nous tenterons ici de dresser une brève synthèse de l'évolution des différentes tendances de l'agriculture dans la région. Conçu en deux volets, le premier traite du Régime français (1681-1765).

 

À l'ère de la colonisation

En 1681, les 14 familles établies à Lachenaie exploitent 203 arpents en culture et possèdent un cheptel de 84 bêtes à cornes. Le défrichement se fait à un rythme accéléré. Cependant, la guerre franco-iroquoise vient anéantir tous ces efforts. Le traité de paix de 1701 permet la relance des activités agricoles, bien que l'on soit encore au stade d'une agriculture de survivance et au processus de défrichement des terres!

L'excellente qualité de nos terres amène de nombreux colons à s'établir à Lachenaie, si bien qu'en 1710, les bonnes terres sont toutes concédées. En 1724, 1 524 arpents étaient en valeur sur 5 290 arpents concédés dans Lachenaie, incluant la portion qui deviendra Mascouche. Pour sa part, la seigneurie de Terrebonne présente un sol de moindre qualité, mais connaît tout de même une croissance similaire. D'ailleurs, en 1740, les bonnes terres de Terrebonne sont déjà toutes concédées.

À cette époque, la production agricole permet de subvenir aux besoins fondamentaux de la population, elle permet même de petits surplus vendus sur le marché qui procurent quelques deniers aux habitants.

Le grenier à grain du Canada

L'agriculture du 18e siècle était principalement centrée sur la culture du blé, la majorité étant moulue au moulin seigneurial. Le blé sert surtout à la fabrication du «bon pain blanc»; d'ailleurs, on produit en moyenne un pain par jour, par personne, le pain étant alors à la base de l'alimentation. Le blé est plus qu'un produit alimentaire, car il prend une place de premier plan dans le commerce, il sert parfois comme monnaie d'échange.

Les autres productions végétales viennent loin derrière le blé. Les légumineuses (pois) viennent au second rang dans le premier quart du 18e siècle, mais sont par la suite surclassées par l'avoine, que l'on destine principalement aux animaux. Le maïs et l'orge viennent ensuite comme des cultures secondaires.

Textiles et tabac

En plus des céréales et des légumineuses, on produit des plantes textiles comme le chanvre et le lin, lesquels servent de matières premières à la confection de vêtements. Le chanvre devient populaire dans les années 1720, mais perd un peu de sa popularité en 1732 lorsque le gouvernement décide de réduire les subventions pour cette production.  

En 1721, on introduit le tabac en Nouvelle-France. Nos ancêtres l'adoptent rapidement, si bien que la majorité des fermiers en cultivent de petits lopins. En quelques décennies, les Canadiens ont la réputation d'être de grands fumeurs. La culture de cette plante devient si populaire dans l'ensemble de la région que le tabac devient une spécialité régionale dans tout Lanaudière, Terrebonne et Mascouche inclus.

Le cheptel

Les bêtes à cornes occupent une place prépondérante dans l'élevage régional, garantissant l'approvisionnement en produits laitiers. Le cheptel porcin occupe le deuxième rang. La production de moutons augmente rapidement après 1720, si bien qu'elle dépasse la production porcine vers 1738. La production de laine devient importante, elle le demeura pendant plus d'un siècle. Au début de 1700, on compte en moyenne un cheval par famille; on en dénombre deux vers 1740. Enfin, chacune des familles compte une basse-cour composée essentiellement de poules.

Un sol dégradé

Tout au long du Régime français, en raison de mauvaises pratiques agricoles, la qualité du sol agraire se détériore, dû à la quasi-absence de rotation des cultures, mais également du fait que l'on utilisait très peu de fertilisants; la rareté du fumier étant une des causes. Au fil des décennies, le rendement des terres s'est appauvri et on constata une dégénérescence du bétail. De plus, «pratiquement chaque décennie apporte son lot de mauvaises récoltes causées par la sécheresse, les pluies excessives ou les invasions de chenilles. Le plus grand laps de temps sans fléau semble avoir été entre 1744 et 1750».

Le recensement de 1765

Le recensement de 1765 nous montre d'intéressantes données sur les exploitations agricoles. Ainsi, le territoire formant aujourd'hui la MRC Les Moulins compte alors 290 familles, soit une population de 1 434 habitants. L'on retrouve 26 872 arpents de terre, 5 381 minots en semences, 420 bœufs, 614 vaches, 484 jeunes bétails, 1 049 moutons, 1 033 cochons et 405 chevaux.

En somme, à la fin du Régime français, les habitants de la région sont presque tous établis, le défrichement des terres se poursuit aux limites nord-est de Mascouche (Grand Coteau et Cabane-Ronde), ainsi que dans le rang de La Plaine. De façon générale, ceux de Lachenaie, ainsi que ceux établis depuis plusieurs décennies dans le centre et le sud de Mascouche parviennent à produire des surplus qu'ils écoulent aux négociants des environs.

La chronique de la semaine prochaine tiendra lieu de suite à cet article. Nous verrons ainsi comment l'agriculture paysanne du 18e siècle se transforme progressivement en une agriculture industrielle au 20e siècle. Qu'adviendra-t-il de la culture du blé et du grand cheptel de moutons? C'est donc à suivre!

 

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Sources :

Fonds de recherche de l'auteur.

Pierre Lanthier et Jocelyn Morneau (2009), «Histoire de Lanaudière», INRS, Les Presses de l'Université Laval, pp. 105-114.

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