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Un Brin d'histoire
Un autobus photographié devant l'Hôtel Happy Home Inn (à l’entrée de l’île des Moulins) entre 1924 et 1927.On est sur le point de départ entre Terrebonne et Montréal. De gauche à droite, Raoul Vézina, conducteur, Henry Royle, chef de police, Jean Cormier, agent d'assurances, Philippe Doyle et un passager. (Source : Archives Lanaudière, Fonds Aimé-Despatis)

Un Brin d'histoire

Claude Martel

Mardi 10 avril 2012

Histoire de notre service d'autobus

Chaque jour, les autobus d'Urbis(1) circulent dans nos rues et nous lient à Laval et Montréal. Les origines de notre transport public remontent au 18e siècle où Terrebonne était un carrefour des lignes de diligences, puis il y eut le bateau à vapeur, le train et l'autobus. Voyons plus en détail l'évolution de la desserte d'autobus sur notre territoire.

  

Le premier service d'autobus

C'est en 1919 que MM. George Moody et J.D. Sladen, citoyens de Terrebonne, mettent en œuvre le premier service d'autobus entre Terrebonne et Montréal. Faut-il souligner qu'il existe alors peu de services interurbains du genre au Québec, le train dominant largement le mode de transport des passagers? Toutefois, en raison de l'absence de déneigement du réseau routier, ce service n'est que saisonnier.

Comme on le constate sur la photo ci-jointe, les premiers autobus étaient des véhicules «hybrides», des automobiles modifiées. Leurs roues étaient faites de caoutchouc durci. La tradition orale nous rapporte que ces autobus n'étaient pas assez puissants pour gravir la côte de la montée Masson lorsqu'ils étaient chargés. On raconte que les gens devaient «débarquer» au bas de la pente et intégrer le véhicule au sommet. On dit même qu'il fallait parfois pousser l'autobus!

En 1926, M. Sladen cède ses parts à M. Moody, qui, peu de temps après, vend l'entreprise à Joseph Charbonneau. Le service, toujours saisonnier, comprend cinq départs en semaine, deux le samedi et neuf le dimanche; signe tangible que les excursionnistes sont encore nombreux à venir passer leur congé dominical à Terrebonne.

La Provincial Transport Co.

En novembre 1928, une nouvelle compagnie de transport par autobus voit le jour à Montréal. Dans les mois qui suivent, elle achète 31 petites lignes locales dans un rayon de 50 km, englobant dans son petit monopole l'entreprise de Jos Charbonneau. C'est ainsi qu'en juin 1929, la Compagnie de Transport Provincial amorce la desserte de la ligne Terrebonne-Montréal. Le terminus de Terrebonne est déménagé au Restaurant Richard(2) - il y demeure jusqu'en 1988. Pour sa part, le terminus montréalais est déplacé de l'intersection des rues Bernard et Saint-Laurent au Carré Philips, dans le centre-ville de Montréal.

Une carte des circuits de 1933 nous montre que la ligne de Terrebonne passe par Saint-Vincent-de-Paul et Pont-Viau. Le village de La Plaine est aussi desservi par la ligne de Rawdon, qui dessert également Saint-Lin, via Sainte-Thérèse et Pont-Viau.

La Seconde Guerre mondiale impose de sévères restrictions sur les pneus et l'essence, si bien que le service en souffre, notamment sur la vétusté de certains autobus. Selon toute vraisemblance, la fin des restrictions imposées permit, en 1945, d'étendre le réseau d'autobus jusqu'aux villages de Mascouche et de Lachenaie. D'ailleurs, les lignes de Rawdon, Saint-Donat et L'Épiphanie se rabattent dorénavant sur Mascouche pour atteindre Montréal. On reconnaissait facilement ces autobus à leur couleur orange et noir. Les années 1950 amènent une nouvelle réalité : de plus de gens fonds la navette quotidienne entre Terrebonne et Montréal, entraînant un ajustement du service à la clientèle.

Autobus des Mille-Îles

À compter du 17 octobre 1966, Provincial Transport crée une nouvelle filiale pour son service périurbain de Laval et de la Rive-Nord. Ce nouveau service coïncide avec l'ouverture du métro de Montréal. Dorénavant, les autobus partent du Terminus Ahuntsic, voisin de la bouche de métro Henri-Bourassa. Notons aussi que depuis l'ouverture de l'autoroute 25, les autobus ne passent plus sur le vieux pont. Le service compte alors 25 départs en semaine, 18 le samedi et 15 le dimanche. L'année suivante, le service est étendu via les rues Chartrand et Saint-Antoine afin de desservir le nouveau quartier au nord de Terrebonne. Peu après, le tracé sera déplacé sur le boulevard des Seigneurs. Ainsi, huit circuits passent par Terrebonne : 2A via côte de Terrebonne, Bois-des-Filion et Laval, 5 Terrebonne Express (A25), 5A Terrebonne Heights et Pincourt, 5B Lachenaie, 5C Mascouche, 6 Rawdon, 7 Saint-Donat via Entrelacs, Lac Paré et 15 L'Épiphanie via Mascouche.

Commission de transport de Laval

En 1971, la nouvelle Commission de transport de la Ville de Laval (CTL) se porte acquéreur des lignes d'Autobus des Mille-Îles; ce service est offert dès avril 1972. La CTL poursuit sensiblement le même service que ses deux prédécesseurs, optant pour l'utilisation de «coachs» de type suburbain, plus confortables qu'un autobus de ville. Cependant, en 1980, on compte encore 29 départs quotidiens, soit sensiblement le même horaire qu'en 1966. Toutefois, la population avait triplé, et bon nombre de citoyens, notamment des étudiants, requéraient un service plus approprié. Dans ce contexte, le conseil municipal de la Ville de Terrebonne passe une résolution, le 7 juillet 1981, souhaitant la création d'une commission régionale de transport pour Terrebonne, Mascouche, Lachenaie, La Plaine et Saint-Louis. S'enclenche alors un comité intermunicipal de transport. Une réflexion similaire s'effectue à l'échelle du Québec, provoquant, le 11 septembre 1985, la création du Conseil intermunicipal de transport (CIT) des Moulins.

CIT et MRC des Moulins

Dès la mise en œuvre du CIT, on améliore les circuits internes, notamment La Plaine vient se joindre à Terrebonne, ainsi que Terrebonne-Ouest. Le mandat est d'abord confié à la Société de transport de Laval, mais dès le 1er janvier 1988, le CIT opère son propre réseau par le biais d'un sous-traitant local : les Autobus Terrebonne (devenu Terremont), puis du Groupe Gaudreault (2000) et Orléans Urbain (2009).

Afin d'améliorer la navette entre Terrebonne et Montréal, l'on mit en œuvre, en 2001, un terminus et un stationnement incitatif en bordure de l'autoroute 25. Afin de mieux saisir la croissance du transport en commun, notons qu'en 1986, les autobus effectuaient 335 184 déplacements; ce taux atteint maintenant les 2,5 millions de déplacements.

______________

(1) Service de transport collectif dans la MRC Les Moulins (Terrebonne, Mascouche).

(2) La Tabagie-Restaurant Richard était située rue Saint-Pierre, coin Saint-André (aujourd'hui le Bistro L'Accoutumée).

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Sources : Journal La Revue, divers articles entre 1965 et 1968.

Fonds de recherche de l'auteur.

2018-04-25 au 05-01 - Résidences Soleil CEL

Commentaires

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  • D. Marie-France
    Vendredi, 6 avril 2012 15:48:52
    Toujours si intéressantes ces chroniques.

    Je me demandais : combien fallait-il de temps au tout début du service d'autobus pour atteindre Montréal ?

    Fort pertinent commentaire quant au service limité dans les années 1970-80. Comme étudiante, fallait se lever de bonne heure pour aller au Cegep et à l'université et si on ne pouvait prendre l'expres, ça prenait une grosse heure.

    Tiens donc, il n'y aura pas de différence lorsqu'on prendra (un jour ?????) le train...

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