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Un Brin d'histoire
La chaise d’aisance, l’ancêtre de nos toilettes, prenait place dans un coin de la maison; on retrouvait également des modèles plus petits pour les enfants; les toilettes portatives (de camping) s’inspirent encore de ce «design».

Un Brin d'histoire

Claude Martel

Vendredi 11 août 2017

L’hygiène d’antan – 1re partie

Nous n’y pensons plus. Nous avons tous un accès permanent à l’eau chaude; les savons sont des produits accessibles à toutes les bourses, si bien que chacun d’entre nous a su intégrer de bonnes pratiques d’hygiène corporelle. Mais qu’en était-il autrefois?

Dans l’Antiquité

Les Grecs et les Romains étaient attentifs aux soins corporels. D’ailleurs, les Romains passaient beaucoup de temps à se baigner dans les thermes, sans compter les massages et les crèmes parfumées. Sur le plan spirituel, la déesse Hygie, à qui nous devons le mot «hygiène», voit à la protection de la santé.

Le Moyen Âge et la Nouvelle-France

Le pot de chambre apparaît sous l’ère romaine, mais c’est l’époque où l’on fait encore ses besoins devant tout le monde; les latrines viendront plus tard. Les bains publics sont populaires depuis l’Antiquité, mais petit à petit, ils obtiennent la réputation de lieux mal fréquentés, l’élite s’en éloigne, puis le peuple. En ville, les conditions sanitaires sont exécrables; rappelons qu’aux centres des rues se trouvent de petits canaux à ciel ouvert, dans lesquels on jette les excréments, l’urine et tout type de déchets domestiques. Il n’est pas rare de voir les gens jeter leurs besoins par la fenêtre de la maison. On comprend que ces pratiques entraînent rapidement de l’insalubrité, mais surtout le foisonnement de bactéries propices à plusieurs maladies. La concentration de la population dans les villes est un autre facteur déterminant; à cette époque, sur le plan strictement de l’hygiène, valait mieux vivre en campagne.

Des maladies graves telles que la peste, le choléra, mais aussi la syphilis font leur apparition et se propagent sans que la science puisse en expliquer la raison. Mais bon nombre de médecins croyaient que l’eau était le vecteur contaminant. Selon eux, l’eau pénétrait par les pores de la peau et déposait, entre autres, le germe de la syphilis. Aussi croyait-on que l’air vicié des villes entrait par les pores de la peau et apportait son lot de maladies. Si bien que l’on est venu à croire qu’une bonne couche de crasse assurerait une protection contre les maladies. La toilette corporelle devient donc sèche. On utilise uniquement un linge propre pour frotter les parties visibles du corps, sauf occasionnellement, on fait d’usage d’un peu d’eau pour se laver le visage et les mains.

Aussi, l’on croyait à l’époque que l’eau était censée faire perdre de la vigueur sexuelle. Pour sa part, l’Église dénonça vivement les bains publics qu’elle qualifiait de lieux immoraux où se mélangent les deux sexes, soulignant surtout les attitudes lascives que prenaient les femmes dans ces bains chauds. Rappelons que la nudité était fréquente, si bien qu’au fil du temps, les pressions morales vont l’interdire des espaces publics.

L’hygiène devient davantage une question vestimentaire. En fait, la propreté était basée sur l’apparence, laquelle se traduit principalement par les vêtements. Le pauvre paysan, qu’il habite en Europe ou en Nouvelle-France, n’avait que très peu de vêtements. De plus, le paysan moyen change de chemise à l’occasion et va fréquemment dormir avec ses vêtements collés au corps par la sueur des dures journées de travail. Une chemise blanche devenue noire était bien perçue, car elle avait capté la saleté; donc pas besoin de se laver! Le peigne ou la brosse qui sert à la «toilette matinale» sert davantage à enlever les poux!

En retour, les bourgeois ont les moyens de posséder plus de vêtements et l’une des façons pour eux d’être propre, c’était de changer de vêtements plusieurs fois par jour. Si cela masque peu les odeurs, les parfums, eux, viennent combler cette lacune; non seulement ils modifient l’odeur, mais ils étaient censés les assainir, effacer la crasse et protéger le corps d’éventuelles maladies, car, toujours selon les croyances, le parfum pénétrait à l’intérieur des organes. On faisait également usage de pastilles à l’anis afin de parfumer l’haleine. Au besoin, les plus riches se poudraient et faisaient usage de perruques. En poudrant les cheveux, on les dessèche, camouflant la saleté et le gras, créant ainsi l’illusion de propreté.

Le bourgeois allait toutefois se laver les cheveux plus souvent, ainsi que les oreilles, les dents, le visage, bref, ce qui est plus apparent. Le lavage des pieds pouvait s’effectuer une fois par mois. Toujours selon la perception de l’époque, le fait de changer fréquemment de chemise évite d’attraper des poux ou des puces. Aussi, les plus riches utilisent des vêtements tissés serrés qui ne permettaient pas aux poux d’y loger. Les pauvres paysans qui ne portaient que des tissus à treillis grossier à base de chanvre s’exposaient plus à loger les puces et poux.

Chez la grande noblesse, on se poudrait davantage le visage et le corps. Ces poudres étaient importées de Chypre, de Florence, d’Espagne, tout comme les parfums de qualité aux effluves de jasmin, de jonquille ou de cannelle. Il existait donc un certain marché de produits esthétiques de luxe.

À un certain moment, le décrassage était de mise. Le paysan de Nouvelle-France avait, en été, accès de belles rivières limpides. En ville, on utilisait un frottoir en peau. Il existait des baignoires rudimentaires et l’on s’y baignait en caleçon.

Conclusion

Évidemment, les connaissances des rares médecins étaient peu développées, si bien qu’ils ne possédaient à peu près aucune connaissance sur l’hygiène personnelle ou sur toutes questions relatives à la santé publique. Pendant des siècles, nos ancêtres auront de mauvaises pratiques d’hygiène en raison de leur ignorance et de croyances populaires. Ce n’est qu’à compter des années 1760 que le discours va commencer à évoluer. C’est ce que nous verrons la semaine prochaine.

 

________________________

Sources : Site Web L’hygiène au fil du temps – Les Vesphaziens; Jean-Pierre Hardy (2001), La vie quotidienne dans la vallée du Saint-Laurent 1790-1835, Ed. Septentrion.

 

25 oct 2017 Pelican cell

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