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Un Brin d'histoire
Les premiers censitaires de Mascouche en 1717. (Carte : Claude Martel)

Un Brin d'histoire

Claude Martel

Vendredi 20 octobre 2017

Les pionniers de Mascouche

Le 27 octobre 2017 marque le 300e anniversaire de la concession des 20 premières terres du territoire mascouchois. L’événement «historique» de 1717 donnait véritablement naissance à Mascouche, car c’est ce jour-là que les 18 premiers colons obtiennent leurs terres à la «Rivière Mascouche». L’absence de terres disponibles sur la côte de Lachenaie est à l’origine de l’ouverture de ce nouveau rang, désigné officiellement sous le nom de «côte Saint-Jean-Baptiste».

 

Contexte

Le processus de colonisation des terres de Mascouche a été très étroitement lié au potentiel agricole des sols. C’est pourquoi la concession des premières terres mascouchoises s’effectue principalement sur les bonnes terres argileuses, propices à la culture des céréales. Aussi, les limites primitives de Mascouche vont être tributaires des limites de la seigneurie de Lachenaie; d’ailleurs, les premiers colons de Mascouche relèvent de la paroisse de Saint-Charles-de-Lachenaie.

Les débuts de la colonisation

Parmi les 18 censitaires de 1717, seulement 6 viennent s’établir à Mascouche : Pierre Couturier, Pierre Truchon (dit Léveillé), Louis Plouffe, André Dubreuil, Louis Truchon et Jean (-Baptiste) Truchon. Sans compter qu’André Dubreuil n’y reste que quelques mois. De ce groupe, seulement deux y sont encore au moment de fonder la paroisse de Mascouche, en 1750, soit Pierre Couturier et Pierre Truchon dit Léveillé. De 1717 à 1724, on observe que de nombreux censitaires se font concéder ou achètent des terres à Mascouche. Toutefois, la majorité «ne feront de que passer»! Parmi les nombreux acquéreurs, 27 censitaires ne figurent que pour une très brève période, et 24 ne viennent pas s’établir.

Aux 5 pionniers de 1717 s’ajoutent 12 autres censitaires qui choisissent de s’établir à Mascouche entre 1718 et 1724. Si les premiers colons de 1717 provenaient d’horizons géographiques plus variés, on sent bien ici la dominance des familles lachenoises ou de leur parenté proche, habitant Pointe-aux-Trembles, Rivière-des-Prairies ou Saint-François-de-Sales.

Au moins neuf censitaires sont véritablement établis à Mascouche en 1724, formant un noyau d’une cinquantaine de personnes. Les chefs des premières familles pionnières se nomment : Jacques Vaudry, Pierre Couturier, Pierre Truchon, Nicolas Thibaux, Jean (-Baptiste) Charpentier, François Charpentier, Louis Plouffe, Jean (-Baptiste) Truchon et Jean-Baptiste Marois.

Le premier noyau de peuplement

De 1724 à 1750, la population de Mascouche va se multiplier par six. S’amorce donc, dans le quart de siècle qui suit, une phase névralgique du développement de Mascouche, celle qui va permettre d’y établir suffisamment de colons qui justifieront la création d’une paroisse distincte de Lachenaie.

Le nombre de censitaires qui se font concéder une terre ou qui en achètent une entre 1724 et 1750 est impressionnant. Toutefois, la plupart d’entre eux ne viennent pas s’établir à Mascouche. De 1724 à 1750, on dénombre 162 censitaires qui vont s’ajouter à la liste des pionniers de 1717 à 1724. De ce nombre, 92 ne viendront pas s’établir à Mascouche avant la fin de 1750. Comme on le voit, le processus de colonisation est très long pour certains censitaires. Enfin, 70 des 162 censitaires décident de s’établir à Mascouche entre 1725 et 1750. Ils contribueront à former le véritable noyau de pionniers de Mascouche.

Parmi les constats qui s’imposent, plusieurs nouveaux censitaires sont des enfants de censitaires déjà en place. On constate aussi que Mascouche exerce dorénavant un attrait plus significatif sur les habitants de Lachenaie, qui constitue la «pépinière» ou le bassin de recrutement des colons. Dans la plupart des cas, les terres mascouchoises vont servir de réserve de terre pour établir les enfants des familles lachenoises. D’autres colons semblent déjouer quelque peu les règles et possèdent des terres soit à titre spéculatif, soit afin d’y placer des fermiers qui font le travail à leur place.

Vers la création d’une paroisse

Au cours des années 1740, le paysage change, la forêt recule résolument. Le processus relativement lent de colonisation des terres de Mascouche ne permet pas d’atteindre un nombre viable d’habitants pour justifier la création d’une paroisse distincte. En 1742, Pierre Truchon fait don d’un terrain pour la future église. Mais ce n’est qu’en 1749 que commence la construction de la première chapelle. Le 29 décembre 1750, le curé Raizenne signe le premier acte de baptême de Marie-Josephe Truchon, fille de Pierre Truchon dit Léveillé et Marie-Charlotte Boismer (Bohémier). L’acte marque ainsi la naissance officielle de la paroisse de Saint-Henri-de-Mascouche.

D’ailleurs, en 1750, les quelque 75 colons établis à Mascouche habitent la majorité des terres le long de la rivière Mascouche, entre la limite de Lachenaie et le pied de la «côte» Saint-Philippe et les marais des Grandes Prairies. On retrouve encore peu de colons du côté de la Cabane-Ronde. Notre évaluation nous permet d’affirmer que la nouvelle paroisse de Mascouche compte un peu plus de 300 habitants en 1750. On dénombre 75 censitaires résidents et 64 censitaires non résidents, dont au moins 22 s’établissent à Mascouche dans les années qui suivent.

Deux siècles après la fondation de la paroisse, les noms de famille des premiers censitaires résonnent encore dans les limites de Mascouche; on y retrouvait les : Allard, Beaudoin, Bohémier, Chaput, Desjardins, Deslongchamps, Dupras, Ethier, Gariépy, Guilbeault, Lapointe, Leclerc, Léveillé, Locas, Nantel, Renaud, Roy, Therrien, Vaillancourt, etc.

En résumé, ce sont 231 familles qui ont été censitaires ou qui ont vécu à Mascouche au cours de la période s’étalant entre 1717 et 1750.

Encore plus!

Pour en apprendre davantage sur cette page d’histoire, vous pouvez consulter l’étude historique de 66 pages que j’ai réalisée cet été. Elle se trouve sur le site web de la SODAM-Patrimoine à l’adresse www.sodam.qc.ca/patrimoine/300ans. Aussi, vous pouvez visionner l’enregistrement d’une petite pièce de théâtre historique présentée le 19 août lors de l’événement commémorant les 300 ans de l’arrivée des premiers colons à Mascouche.

 

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Source : Claude Martel (2017), L’histoire des pionniers de Mascouche, 66 pages, SODAM-Société d’histoire de Mascouche

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