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Un Brin d'histoire
L’église de Saint-Joachim (La Plaine) construite en 1917. (Photo : coll. C. Martel)

Un Brin d'histoire

Claude Martel

Vendredi 10 novembre 2017

La première église de Saint-Joachim de La Plaine

Nos fidèles lecteurs se rappelleront qu’en 2015, nous avons fait une place importante au centenaire de la «mission de Saint-Joachim» à La Plaine. Si 1915 a donné lieu à l’essor de cette paroisse et à l’ouverture d’une chapelle temporaire, l’année 1917 a été marquée par l’inauguration de la première église paroissiale de La Plaine.

 

Une chapelle temporaire

La maison Thérien, qui avait abrité la fameuse assemblée du 11 février 1915 visant la fondation d’une paroisse à La Plaine, sert temporairement de chapelle du village après la fondation de la «mission de Saint-Joachim», le 8 septembre 1915. Il faut bien célébrer la messe chaque dimanche et pour les paroissiens de la nouvelle mission, la vie suit son cours.

La Société Gauthier et cie

Toutefois, la maison Thérien n’est qu’une solution temporaire à laquelle il convient de remédier rapidement. Le 12 juin 1916, la Société Gauthier, qui fait office de conseil de fabrique avant la création officielle de la paroisse, et son curé Joseph-Sinaï Barrette, qui agit comme secrétaire-trésorier, proposent l’achat du lot130, appartenant à Joseph Jetté, au montant de 400 $, afin d’y construire le presbytère. Le 3 juillet, la Société accepte la soumission de 2 740 $ de Zotique Gauthier pour la construction du presbytère. Le 25 novembre 1916, monseigneur Forbes se rend lui-même à La Plaine afin de bénir le presbytère.

La construction de l’église

Durant l’hiver 1916-1917,la Société Gauthieret cie fait les préparatifs afin d’entreprendre la construction de l’église de la mission. En mars 1917, le curé Barrette obtient l’autorisation de monseigneur Forbes d’emprunter la somme de 3 500 $ pour la construction de l’église. En avril, l’évêque donne son aval à l’achat d’un terrain de 95 pieds sur 200 pieds sur le lot 126 (aujourd’hui rue Émile-Roy, coin Villeneuve). Le même mois, la Société Gauthier obtient trois nouvelles autorisations d’emprunts : un de 4 000 $ et deux autres de 2 500 $ et 1 000 $. Avec un budget de 11 000 $ pour le terrain et la construction de l’église, il semble donc acquis que La Plaine aura son clocher avant la fin de l’année. Le 2 mai, Joseph Aubry vend, pour une somme de 500 $, la partie du lot 26 où on doit construire l’église. Le même mois, les ouvriers s’activent déjà à l’érection de la première véritable église de La Plaine.

La construction est plus longue et plus complexe que prévu. À la fin de juillet, le curé Barrette doit obtenir une nouvelle autorisation d’emprunt au montant de 1 500 $. En août, il informe monseigneur Forbes qu’il ne pourra être présent à la retraite pastorale diocésaine en raison de la construction de l’église. En octobre, monseigneur Forbes accepte une nouvelle demande d’autorisation pour un nouvel emprunt de 1 500 $. L’apparente lenteur des travaux, conjuguée au mauvais temps précoce, incite d’ailleurs le curé Barrette à proposer à monseigneur Forbes de repousser la bénédiction de la cloche, prévue pour le 4 novembre, à l’été suivant. Malgré les imprévus, le grand jour arrive finalement. Le 1er décembre 1917, le curé Barrette célèbre la dernière messe dans la maison Thérien et le jour suivant, la nouvelle église ouvre ses portes. À la mi-décembre, les bancs sont mis aux enchères à partir de 7 $ pour l’allée centrale et de 6 $ le long des murs. Le premier banc de la grande allée est réservé aux futurs marguilliers de la fabrique et revient donc aux directeurs de la Société Gauthier. Le 24 décembre, la construction est définitivement achevée et la cloche de 700 lb, coulée à la fonderie Monahan Brothers à Baltimore dans le Maryland, sonne la première messe de Noël.

Une grande perte

Pendant les années 1960, la vie religieuse est bouleversée par la Révolution tranquille, le Concile du Vatican II, la musique, les nouvelles mœurs libérales... et par un malheur particulier à La Plaine. Le 15 avril 1969, vers 18 h 30, mademoiselle Denise Leclerc, institutrice, et un groupe d’enfants aperçoivent de la fumée et des flammes s’échappant de l’église de Saint-Joachim. Prévenu par les enfants, le maire rassemble rapidement les volontaires qui tentent de contrôler l’incendie. Vers 19 h, une douzaine de pompiers volontaires de Ville des Laurentides viennent prêter main-forte à ceux de La Plaine. Mais l’incendie prend une telle ampleur qu’il nécessite l’intervention des pompiers de Sainte-Thérèse, de Mascouche et de Sainte-Anne-des-Plaines. Le feu, qui s’est déclaré dans la nef, s’étend au toit et au clocher. L’abbé Chaumont, curé de Saint-Lin, tente à plusieurs reprises de sauver les saintes espèces, en vain. Les pompiers, malgré la faible pression d’eau, parviennent à contrôler l’incendie et à l’empêcher de s’étendre au presbytère. Pendant un moment cependant, on craint que la résidence du curé soit, elle aussi, victime des flammes. Les volontaires, en raison de l’absence du curé de la paroisse, l’abbé Marcel Sylvestre, défoncent la porte du presbytère afin d’en retirer les objets de valeur. Vers 20 h 30, les 17 jets d’eau des pompiers parviennent à circonscrire le feu à l’église, dont le clocher achève de se consumer.

Vers 23 h 30, le curé Sylvestre arrive sur le lieu du sinistre et ne peut que constater l’ampleur du désastre. De la petite église, construite en 1917 et rénovée en 1965, il ne reste que les quatre murs de brique ainsi que la sacristie et son contenu, qui ont miraculeusement échappé au désastre. Le nouveau chemin de croix, l’orgue et le système de haut-parleur, qui viennent à peine d’être installés, sont partis en fumée. La seule consolation dans ce terrible malheur, c’est que grâce au peu de vent et au travail acharné des pompiers, les dégâts sont limités à l’église.

La première église de La Plaine était une perte totale. L’année suivante, le conseil de la fabrique fait construire une église sur le boulevard Laurier, à la sortie sud du village.

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Source : Extraits de Claude Martel (1997), La Plaine : Un long cheminement vers l’autonomie.

17 decembre 2017 Sports Expert cell

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