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Un Brin d'histoire
Le cœur du hameau de Mascouche-Rapids où se sont concentrés les premiers anglophones de Mascouche. (Photo : coll. C. Martel)

Un Brin d'histoire

Claude Martel

Vendredi 17 novembre 2017

Les pionniers de la communauté anglophone de Mascouche

La présence anglaise à Mascouche s’amorce véritablement au début du XIXe siècle. Elle va constituer entre 5 et 10 % de la population jusqu’en 1976, puis elle va décliner pour ne constituer aujourd’hui que 2,5 % de la population. Voyons maintenant l’origine de cette communauté à Mascouche.

La défaite de l’armée française sur les Plaines d’Abraham en 1759, puis la capitulation de Montréal marquent le début, en 1760, du régime anglais au Canada. Progressivement, quelques Britanniques viennent s’établir dans la colonie, mais ils se concentrent surtout dans les villes principales. La campagne demeure essentiellement française.

Les seigneurs anglais

Le 8 avril 1766, la seigneurie de Lachenaie est vendue au lieutenant-colonel Gabriel Christie. Originaire d’Écosse, il arrive au pays à titre d’officier militaire pendant la guerre de la Conquête. La guerre passée, il investit dans les grandes propriétés foncières. Il propose d’acquérir le presbytère de Mascouche pour en faire son manoir seigneurial, mais c’est possiblement le refus de la fabrique qui incite Christie à s’installer, plus à l’ouest, aux «rapides» de Mascouche. D’ailleurs, en 1766, il y fait construire un moulin à farine, voisin du moulin à scie. C’est à ce moment que naît le domaine seigneurial de Mascouche. En raison de ses activités militaires qui le retiennent dans les Antilles, il décide de vendre la seigneurie à Jacob Jordan en 1785.

Marchand dans le commerce du grain, il acquiert (1784) la seigneurie de Terrebonne et ses grands moulins, puis celle de Lachenaie. En 1794, il vend la seigneurie de Lachenaie à un collègue dans la traite des fourrures, Peter Pangman.

Originaire du New Jersey, pionniers de la Compagnie du Nord-Ouest, il revient  à Montréal et achète la seigneurie le 3 novembre 1794. Il épouse Grace MacTier et vient s’établir dans son nouveau manoir seigneurial, à Mascouche. Mais ce qui distingue Pangman des deux autres seigneurs anglophones, c’est qu’il est le premier seigneur à recruter des colons parmi la communauté anglophone du grand Montréal.

Peter meurt soudainement d’une violente forme de toux, le 28 août 1819. Sa dépouille est inhumée sous un tumulus et donnera naissance au cimetière anglican Grace. À sa mort, la seigneurie est administrée par son gendre, George-Henry Monk, jusqu’à la maturité de John Pangman, en 1829.

L’arrivée des premiers anglophones à Mascouche

À l’époque du seigneur Peter Pangman, la majorité des terres de Mascouche sont concédées. Il ne reste que le secteur autour des rapides, le long de la rivière Mascouche et de la côte Georges. Les terres du rang de La Plaine ont été concédées, pour la plupart, par le seigneur Christie en 1771-1772, mais plusieurs d’entre elles ne sont pas occupées. La raison est fort simple, ici, la majorité des terres sont composées de sable et donc très peu propices à l’agriculture, surtout à l’époque où les techniques agricoles ne permettaient pas d’améliorer ces sols sablonneux et acides. Seule la pomme de terre poussait bien ici. 

Outre le cas le Jean-Baptiste Holl ou Oulle dit Langlais, la première mention d’une présence anglaise à Mascouche apparaît dans un acte de vente du 19 novembre 1785, où le négociant mascouchois Thomas Amstrong achète la terre de la veuve de Pierre Petit dit Beauchamp, dans le Bas de Mascouche. La présence d’Amstrong est éphémère, car aucun autre document ne mentionne sa présence, d’autant plus qu’un négociant, c’est censé passer beaucoup de contrats chez le notaire.

Notre seconde présence arrive en juillet 1789 alors que l’un des coseigneurs du fief Sainte-Claire de La Plaine, Sébastien Villot dit Latour, cède une terre du rang de La Plaine à son nouveau gendre, James Bowley. Celui-ci la revend à Robert Robertson en 1795, qui venait également de Sainte-Anne-des-Plaines et qui ne semble pas avoir établi sa famille dans notre seigneurie. Rappelons qu’à cette époque, la majorité du territoire de La Plaine appartient à la paroisse de Mascouche.

Ainsi, le véritable premier colon anglophone est Abraham Myers, qui se fait concéder une terre à La Plaine en 1794. D’origine allemande et de confession luthérienne, il arrive de Burlington au Vermont (États-Unis), il y est possiblement né en 1760, mais peut-être est-il né en Allemagne? En 1792, il épouse, à l’église Christ-Church de Montréal, Victoire Lagacé, une catholique francophone; la famille vint s’établir à Sainte-Anne-des-Plaines jusqu’à ce que la terre de La Plaine soit suffisamment défrichée, soit en 1797. C’est une famille nombreuse, d’ailleurs, au recensement de 1825, on retrouve la veuve d’Abraham et les familles d’Alexandre, de Jean-Baptiste, de Jean, d’Antoine et d’André Myer. Les prénoms sont tantôt présentés en français, tantôt en anglais, selon l’auteur du document. Le nom Myers devient Myer, Mayer, Maher et Mahaire.

À la même période, vers 1794, on voit aussi apparaître Christophe Hendendier. Un proche de la famille Myers, tout probablement d’origine allemande. Il n’est plus présent en 1825.

Aux Pangman et Myers s’ajoute un autre Pangman, Joseph, instituteur établi à La Plaine. Est-il parent avec le seigneur? On ne le sait pas. Tout porte à croire que l’arrivée de compatriotes anglophones n’a pas lieu avant les années 1810. George-Henry Monk épouse Jane Pangman en 1818; les familles Robinson-George, Launcelot, Thomas et Joseph arrivent en 1819, suivies par celle de Francis Alexander en 1824. Ces deux familles, les principales familles anglophones de Mascouche, proviennent du comté de Kings (aujourd’hui Offaly), au cœur de l’Irlande agricole. En plus de ce groupe de pionniers, le recensement de 1825 nous présente les familles de Philippe Mount, un catholique né dans la vallée du Richelieu, de James Barker, de John Kerry et d’Elam Church. En 1825, la population anglophone de Mascouche compte 100 personnes sur un total de 2 152 Mascouchois, soit 4,6 % de la population. Dans les cinq années qui suivent, une dizaine d’autres familles s’ajoute à la communauté anglophone, dont celle de Joseph-Wilson Reilly, qui vient aussi du comté de Kings en Irlande.

 

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Source : Fonds de recherche de l’auteur.

29 janvier 2018 - Floréa (cell)

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