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Un Brin d'histoire
Rue Saint-Pierre, vue à l’est de Saint-André. (Photo : coll. Frère Savignac, Société d’histoire de la région de Terrebonne)

Un Brin d'histoire

Claude Martel

Vendredi 24 novembre 2017

Bilan de l’année 1917 à Terrebonne

La Première Guerre mondiale est au cœur des discussions, c’est une année difficile pour les forces alliées, mais la prise de Vimy par l’armée canadienne, le 9 avril, devient un symbole de la force canadienne et de sa capacité à gagner une bataille. Elle laisse néanmoins 3 598 morts au champ de bataille, sans compter les 7 004 blessés chez les soldats canadiens. L’élection fédérale du 17 décembre se tient sur fond de conscription; le Québec fait bande à part!

 

Les acteurs du milieu

Le député fédéral Gédéon Rochon, ce conservateur en poste depuis 1915, est défait lors du scrutin en faveur du journaliste de Saint-Jérôme Jules-Édouard Prévost, qui se fait élire avec les libéraux de Laurier en guise d’opposition à la conscription; le premier ministre Borden remporte toutefois une éclatante victoire dans le reste du Canada; la conscription s’appliquera dès le 1er janvier 1918!

Pour sa part, le célèbre député provincial Athanase David est en poste depuis 1916 et siège comme libéral dans le gouvernement de Lomer Gouin.

Avec ses 1 891 habitants, la ville de Terrebonne compte 384 familles, dont 14 anglophones, 3 juives et une personne de nationalité chinoise qui… tient la blanchisserie locale… comme dans Lucky Luke! À la mairie de la Ville, Charles-Henri Desjardins entame sa deuxième année comme maire. Il est appuyé au conseil municipal par les ferblantiers William Gravel et Henri Brassard, le grand marchand Louis-Henri Desjardins, le «gentleman-farmer» Roderick B. Masson, le mécanicien Léon Forget, et par un nouveau conseiller élu aux élections municipales de 1917, l’ingénieur civil Pierre Piché. Ce dernier démissionne le 4 juin et est remplacé par Louis-Georges Ouimet. Le conseiller Gravel démissionne également en septembre et est remplacé par Louis-de-Gonzague Gascon. Le notaire Amédée Jasmin fait office de secrétaire-trésorier depuis 1908.

Du côté religieux, le curé Joseph-Sinaï Comtois est assisté du vicaire Valérien Pelletier, qui est remplacé par Daniel Charbonneau. L’administration de la paroisse relève du conseil de la fabrique, composé des marguillers Henri Brassard, Alcide Paquette et Clovis Ouimet. La commission scolaire est présidée par J.-O. Renaud, assisté des commissaires, de J.-Rodrigue Deschambault et de l’ex-maire Ernest-Séraphin Mathieu, de Napoléon Gauvreau et du maire C.-H. Desjardins. Le notaire Jasmin est aussi secrétaire de la commission.

Sur le plan postal, Georges Beausoleil fait office de maître de poste depuis la fin de 1913. Le bureau de poste de la rue Saint-Pierre est un carrefour où, quotidiennement les gens passent chercher leur courrier. Le maître de poste tout comme le chef de gare Edmond Lafrenière sont des personnalités bien en vue dans la communauté.

Courts-circuits

Le nouveau réseau électrique acquis par la Ville en 1915 ne fonctionne pas très bien, les citoyens se plaignent des lampes qui grillent à la suite d’un voltage trop élevé. Voici comment les élus réagissent à la situation, la résolution qui suit démontre «la qualité du service client» : «… tout contribuable se plaignant de la défectuosité de son compteur électrique aura le droit de le faire tester par l’électricien de la ville, mais si le compteur est trouvé en bon ordre, le plaignant devra payer 50 cents à la ville pour frais de testage».

L’Écho de Terrebonne

Le village se dote enfin d’un journal. C’est le notaire et secrétaire-trésorier de la Ville, Amédée Jasmin qui en est l’éditeur et rédacteur. La première édition parait le samedi 27 janvier. Le mensuel aborde toute les questions qui touchent la vie à Terrebonne et ses alentours, qu’il s’agisse de dossiers municipaux, religieux, scolaires, des tribunaux, des clubs et associations et de leurs amusements. L’éditeur est un socialiste notoire, avant-gardiste, ses éditoriaux et articles détonnent du discours conservateur de Terrebonne.

La Globe Shoe

La guerre et le chômage chronique qui sévit à Terrebonne incitent les élus à s’investir dans le développement industriel de la ville. En avril, elle achète une série de terrains sur la rue Chapleau et passe un contrat pour la construction d’une manufacture en brique, de trois étages, pour la somme de 19 500 $. Le notaire Ernest-Séraphin Mathieu et Georges Beausoleil deviennent les promoteurs d’une entreprise de fabrication de chaussures et ils créent la compagnie Globe Shoe Limited. La Ville loue donc l’immeuble à la nouvelle entreprise qui ouvre ses portes en septembre et procède à l’embauche d’une cinquantaine d’employés.

La prohibition

Depuis la fin de 1915, la vente de «liqueurs enivrantes» (boissons alcoolisées) est interdite dans les limites de la ville de Terrebonne. Le clergé catholique et les éléments les plus conservateurs de la communauté appuient cette décision. Mais elle est loin de faire l’unanimité, et plusieurs progressistes parmi les libéraux contestent cette décision. Après moult discussions, le conseil municipal vote en faveur de l’abrogation de ce règlement, mais les conseillers Forget et Gravel maintiennent leur appuient à la prohibition. Les électeurs tranchent le 6 juin, lorsqu’une majorité de 89 contribuables vote en faveur de l’abrogation.

La conscription

En mai 1917, le premier ministre du Canada, Borden, annonce qu’il veut imposer la conscription, malgré sa promesse antérieure. Le Québec réagit contre cette option. C’est la consternation à Terrebonne et le conseil municipal vote une résolution protestant contre la décision gouvernementale. Voyant que plusieurs jeunes pourraient défier la conscription, le maire Desjardins recommande aux «citoyens affectés» de se rapporter «afin qu’ils puissent bénéficier des raisons d’exemption» et conserver leurs droits civiques.  

Une affaire de cochons

Une querelle éclate au grand jour entre le conseiller Forget et l’éditeur du journal, mais aussi secrétaire-trésorier, relativement à une requête endossée par le journal d’interdire les porcheries dans les limites de la ville. Au final, les cochons pourront demeurer en ville!

Autres nouvelles

Le cultivateur Achille Chartrand fonde la compagnie de Tabac de Terrebonne. Le Collège Saint-Louis prend de l’expansion avec l’ajout d’une aile de quatre étages en pierres.

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Source : Fonds de recherche de l’auteur.

18 janvier 2018 - Vitrerie Gascon Cell

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