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Un Brin d'histoire
L’hôtel et le pont au cœur du village de Mascouche. (Photo : coll. BAnQ)

Un Brin d'histoire

Claude Martel

Vendredi 1 décembre 2017

Bilan de l’année 1917 dans nos campagnes

 

La semaine dernière, nous avons pu observer les acteurs et événements marquants de l’année 1917 à Terrebonne. Nous poursuivons dans cette même veine en dressant le portrait des communautés rurales de Saint-Louis-de-Terrebonne, de Mascouche, de Lachenaie et de La Plaine.

 

Terrebonne Paroisse

Le territoire de la municipalité de Saint-Louis-de-Terrebonne est entièrement rural et ne compte que 713 habitants. Le 10 janvier, les élections annuelles ont lieu à la salle municipale de la Ville de Terrebonne. Un nouveau venu est en lice comme candidat à la mairie, Joseph Martin. Mais le maire sortant, Clovis Ouimet, en poste depuis plusieurs années, porte plainte auprès du président d’élection, alléguant que Martin ne peut être mis en candidature étant donné qu’il effectue des travaux pour la Municipalité. Le président d’élection et aussi secrétaire-trésorier, Aimé Masson, fait fit de la requête et Joseph Martin parvient à défaire Clovis Ouimet lors du scrutin municipal du 5 février. Le 27 mars suivant, l’élection de Martin est annulée par un jugement de la Cour à Saint-Jérôme. Le 8 avril, un second scrutin a lieu, permettant à Joseph Martin d’être élu avec 68 voix de majorité. Le conseiller sortant Aquila Forget l’emporte également avec 50 voix. Outre Martin et Forget, le conseil municipal compte quatre nouveaux conseillers, soit Stanislas Boisvert, Alphonse Lauzon, Edward Robinson et Hilaire Champagne; ce dernier provient du quartier Bois-des-Filion. Pour sa part, le «vétéran» Ferdinand Gagnon siège toujours au conseil.

Le nouveau maire Joseph Martin est agriculteur et président de la Commission scolaire de Pincourt. En 1917, il devient membre du tribunal local d’exemption du service militaire, à la suite de l’imposition de la conscription. Au cours de l’année, on voit l’érection d’un nouveau pont en fer sur la rivière Mascouche, au hameau de Pincourt; il prend le nom de «pont David» en l’honneur du député Athanase David. Le nouveau conseil fait adopter un important règlement, le 3 juillet, décrétant qu’à l’avenir, les votes aux prochaines élections municipales se tiendront au scrutin secret au lieu d’être faits «de vive voix»!

Le 6 août, l’ex-maire Clovis Ouimet revient à la charge en compagnie de ses procureurs, Pelletier, Wilson et St-Pierre, alléguant que Martin n’a pas les qualifications nécessaires pour siéger au poste de maire; mais rien à faire, Martin conserve son poste. L’entretien des chemins accapare l’essentiel des discussions du conseil municipal; d’ailleurs, la Municipalité voit à l’entretien de la montée Gagnon, et des chemins de la côte de Terrebonne, du Cordon (Saint-Roch), des Quatre-Fourches, de la 9e concession, des rangs Sud et Nord (Martin et Comtois), de la Grande-Ligne (Gascon) et des 20 arpents.

Mascouche

Avec ses 1 910 habitants, la municipalité de Saint-Henri-de-Mascouche compte un nouveau maire, Joseph Eugène Allard, élu lors des élections municipales du 11 janvier. Il est un nouveau venu en politique municipale. Pour sa part, le maire sortant, Joseph Alexander, a décidé de demeurer au conseil municipal seulement à titre de conseiller. Ils sont assistés de quatre nouveaux «échevins», Almanzor Allard, Paul Turenne, Joseph Beauregard, Henri Brien dit Desrochers, et du «vétéran» Hormidas Dansereau. Le secrétaire-trésorier est Joseph-Wilfrid Beaudouin.

Le curé Joseph-M. Alphonse Dugas veille au bien des âmes et à l’abus de consommation de boissons alcooliques. D’ailleurs, la question de débits de boisson est un enjeu local important. La séance du conseil du 5 mars est particulièrement houleuse en raison d’une motion visant à accorder une licence d’hôtel (permis de boisson) à l’hôtelier du village, Moïse Bourque. Puisque le conseiller Turenne est absent, les conseillers Allard et Dansereau proposent de reporter la discussion au prochain conseil, mais les conseillers Alexander, Beauregard et Brien sont contre et vont proposer que le vote ait lieu «séance tenante», ce qui va entraîner le refus du permis; Mascouche devenait une ville sèche où il n’était plus possible de boire de l’alcool.

Bien que 8 000 $ aient été investis dans la rénovation ou la reconstruction des ponts en 1916, ceux-ci font encore l’objet de plusieurs requêtes, d’abord celui de la Raveline, le 5 février. Mais la reconstruction du pont du Bas de Mascouche, traversant la rivière Mascouche, requiert des frais imposants, ainsi que celui situé sur la terre de Joseph Alexander (ruisseau Quévillon-Robert) qui est jugé dangereux. Si ce dernier est refait au cours de l’été par la firme de Pacifique Leroux de Saint-François-de-Sales et qu’on lui accorde le statut de pont municipal, le pont du Bas de Mascouche fait l’objet de plusieurs demandes d’octroi auprès du député provincial Walter Reed, mais il faudra attendre… Notez que ce pont n’existe plus et était situé face aux actuels bassins d’épuration des eaux; on peut encore voir les traces de l’ancien pont.

De son côté, la Commission scolaire de Saint-Henri-de-Mascouche prend en charge le Collège La Mennaie dirigé par les frères des Écoles chrétiennes.

Lachenaie

Les quelque 730 habitants de Lachenaie ont élu un conseil municipal, le 11 janvier, composé du maire sortant, Aristide Laurier, des conseillers Alphonse Vaillancourt, Joseph Chapleau, Séraphin Mathieu, Wilfrid Courval, auxquels s’ajoutent deux nouveaux, Wilfrid Raymond et Aldéric Charbonneau. Le secrétaire-trésorier Odilon Villeneuve est en poste depuis 1881, alors que le curé J.-A. Chaussé est établi dans la paroisse depuis 1906. C’est une année plutôt tranquille, on reconstruit le vieux pont sur la terre des Pauzé; la grande nouveauté de l’année, c’est le macadamisage à l’eau (sorte d’asphalte rudimentaire) de la rue Principale sur une distance de 7 milles. Un léger incendie se déclare dans l’école du village (école Saint-Charles), mais il y a plus de peur que de mal!

La Plaine

La nouvelle mission au village de La Plaine se concrétise avec la construction de la première église paroissiale au cours de l’été et de l’automne. Elle est d’ailleurs ouverte au culte le 2 décembre 1917; le coût de construction s’élève à 11 410,19 $, sans compter l’achat du terrain au montant de 400 $.

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Source : Fonds de recherche de l’auteur

31 dec 2017 Ptit Creux

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