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Un Brin d'histoire
Joseph Bouchette, arpenteur général du Bas-Canada

Un Brin d'histoire

Claude Martel

Vendredi 5 janvier 2018

La seigneurie de Lachenaie en 1815

En 1815, l’arpenteur général du Bas-Canada, Joseph Bouchette, produit une carte et un volumineux rapport présentant les caractéristiques géographiques et économiques du pays. Découvrons ce que l’on dit sur Lachenaie.

 

La Chenaie

«LA CHENAIE (la seigneurie de) est située au nord de la rivière St. Jean ou de Jésus1, dans le comté de Leinster2; elle est bornée au nord-est par la seigneurie de St. Sulpice, au sud-ouest par celle de Terrebonne, et au fond par les townships de Kilkenny et Rawdon; elle a quatre lieues de front sur six de profondeur, et elle fut accordée le 16 Avril 1647, à Pierre Legardeur. Ce terrain fut ensuite divisé, et il forme à présent les deux seigneuries distinctes de La Chenaie et L’Assomption; la première est la propriété de Pierre Pangman, Écuyer, et la dernière appartient aux héritiers de feu P. R. de St. Ours, Écuyer, excepté une petite portion qui est la propriété du Général Christie Burton. La Chenaie joint Terrebonne, et a deux lieues de front. La terre est d’une qualité variée, mais elle est partout passablement bonne, et il n’y a en a que très-peu qui soit au-dessous de la médiocrité3. On y cultive les espèces ordinaires de grain, et les autres productions du pays, et on recueille d’excellentes moissons; il y a aussi plusieurs pièces de terre propres à la culture du lin, qui pourrait être portée avec succès à une étendue considérable. Les rivières Achigan et Mascouche, avec plusieurs courants plus petits, ou ruisseaux qui en forment les branches, l’arrosent très-favorablement; ni l’une ni l’autre rivière ne sont navigables pour les bateaux, mais on y fait descendre du bois de construction jusqu’au St. Laurent. Dans le printemps et l’automne leurs eaux grossissent beaucoup, et dans ces saisons quelques-uns des rapides qui s’y trouvent sont très violents; mais même dans les temps ordinaires de sécheresse, il est rare qu’il n’y ait pas assez d’eau pour faire marcher les moulins. Sur les bords du St. Jean, de l’Achigan, de la Mascouche, du Ruisseau des Anges, du St. Pierre, et des autres courants, il y a neufs rangées de concessions qui contiennent en tout 456 lots, et qui forment à peu-près la moitié de la seigneurie; plus de 400 de ces lots sont défrichés, bien habités, et bien améliorés. Quoique si bien habités, il n’y a pas un village remarquable; des deux églises, l’une est dédiée à St. Henri4 et l’autre se nomme La Chenaie5. Sur l’Achigan il y a un moulin à grain, et un autre sur la Mascouche, ainsi qu’une scierie6. À environ un mille de la Rivière Jésus, il y a un fief7, de 18 arpents de front, qui s’étend dans la seigneurie adjacente de l’Assomption, jusqu’aux limites de St. Sulpice, et dont Madame Devienne est propriétaire. Sur les différentes rivières il y a de bons ponts, et deux passages d’eau de La Chenaie8, l’un qui conduit à la Rivière des Prairies, où l’on fait payer un schelling huit sous par personne, et autre à l’Ile Jésus, où l’on ne prend que dix sous.»

 

Commentaires

1  À partir du XXe siècle, il est d’usage de dire «la rivière des Mille Îles».

2  Regroupe les seigneuries de Lachenaie, Repentigny, L’Assomption et Saint-Sulpice, ainsi que les cantons de Rawdon et Kilkenny.

3  Ce qui est faux, car plusieurs terres sablonneuses du coteau ou marécageuses du rang Saint-Henriette sont peu productives, sans compter les terres de roches au nord de Saint-Lin.

4  Il s’agit de la paroisse de Saint-Henri-de-Mascouche, englobant la majeure partie de La Plaine et une partie de Saint-Roch-de-l’Achigan.

5  Il s’agit de Saint-Charles-de-Lachenaie.

6  Ce sont les moulins du domaine seigneurial de Mascouche.

7  On parle ici du fief Martel.

8  Deux traversiers, le premier au bout de l’actuelle rue Bissonnette et l’autre face à l’église de Lachenaie.

 

Source : Joseph Bouchette (1815), Description topographique de la Province du Bas Canada avec des remarques sur le Haut Canada et sur les relations des deux provinces avec les États-Unis de l’Amérique, éd. W. Faden, Londres.

18 janvier 2018 - Vitrerie Gascon Cell

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