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Un Brin d'histoire
Extrait de la carte de Joseph Bouchette en 1815.

Un Brin d'histoire

Claude Martel

Vendredi 12 janvier 2018

La seigneurie de Terrebonne en 1815

Comme on l’a vu la semaine dernière, l’arpenteur général du Bas-Canada, Joseph Bouchette, a réalisé une carte et un rapport qui permettent de mieux comprendre l’étendue du développement de la province. C’est une belle référence historique. Voyons ce que l’on dit sur Terrebonne.

«TERREBONNE, (la seigneurie de) au nord de la Rivière St. Jean ou Jésus, est dans le comté d’Effingham, entre celles de Blainville et de La Chenaie, bornée au fond par les townships d’Abercrombie et de Kilkenny… C’est actuellement la propriété des héritiers de feu Simon McTavish, Ecuyer, de Montréal. Le sol, vers la partie basse, est aussi riche et aussi fertile qu’aucun de la province; vers Desplaines il est généralement de la première qualité; mais les parties les plus éloignées sont montagneuses, et le sol en est graveleux ou pierreux. Les rivières Achigan et Mascouche, avec trois ou quatre ruisseaux, l’arrosent complètement. Les terres hautes produisent en abondance du frêne, de l’érable, du bouleau, et de l’orme; dans quelques endroits qui sont bas et humides, il y a des cèdres et de la pruche blanche. Les deux tiers de cette propriété sont concédés, et la plus grande partie des lots est dans un état de culture aussi respectable que dans aucune autre partie du district, et l’on y recueille en abondance du froment, de l’orge, et d’autres grains. La façade le long de la rivière est particulièrement bien habitée, et l’on voit dans cette partie toute l’apparence de l’aisance et même l’abondance parmi les tenanciers. Les différens courans font marcher de très-bons moulins à grain et des scieries; mais les moulins connus sous le nom de Terrebonne, sont sans contredit les plus complets et les mieux construits de tout le pays. Ils ont été beaucoup perfectionnés par le dernier propriétaire, qui n’a épargné ni soins, ni dépense pour les rendre d’une utilité générale à tout le district. Son désir de contribuer à l’avantage de la classe laborieuse a parfaitement réussi. Quelques-unes des maisons et une partie des machines ont été détruites par un incendie, il y a quelques années; mais elles ont été reconstruites sur le champ, et rétablies dans leur premier état par le tenancier actuel, Henry McKenzie, Ecuyer. On a aussi construit une machine à carder et un moulin à foulon, qui sont d’une grande utilité dans un pays où la classe des pauvres ne peut porter communément que des étoffes de drap fabriquées sur les lieux.

Le village de Terrebonne est agréablement situé sur une pointe de terre saillante qui a en face plusieurs îles superbes, qui, par des scènes variées et romantiques, contribuent beaucoup à embellir le point de vue. Il contient environ 150 maisons, bien bâties en bois et en pierre, outre l’église, le presbytère, la maison seigneuriale, et la maison de Roderick McKenzie, Ecuyer, laquelle est digne d’être remarquée par l’élégance de sa construction. On y trouve vraiment plusieurs maisons bâties dans un style supérieur, dans ce village, qui est un lieu favori, où plusieurs particuliers qui ont réalisé de grandes fortunes dans le commerce des fourrures de la compagnie du nord-ouest, se retirent pour jouir des aisances et des plaisirs de la vie privée. Il s’y fait aussi quelque commerce occasionné par l’arrivée continuelle des personnes qui apportent du grain aux moulins, des cantons éloignés, et par la grande exportation de farine qui a lieu chaque année : en conséquence la plupart des habitants sont des marchands et des artisans, dont le commerce donne une sorte d’importance au village. La population est assez grande pour y entretenir un maître d’école pour l’éducation des enfants. Terrebonne est une propriété très précieuse, qui depuis plusieurs années s’est accrue continuellement…»

 

Source : Joseph Bouchette (1815), Description topographique de la Province du Bas Canada avec des remarques sur le Haut Canada et sur les relations des deux provinces avec les États-Unis de l’Amérique, éd. W. Faden, Londres.

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