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Un Brin d'histoire
Plan du village de Terrebonne en 1762. (Carte : Claude Martel)

Un Brin d'histoire

Claude Martel

Vendredi 16 février 2018

Les « ordonnances » de 1749

Ce n’est pas d’hier que des règlements sont édictés afin d’assurer le bon ordre et la bonne gouvernance de nos localités. Toutefois, à l’époque, il n’y a pas de municipalité et ce sont des fonctionnaires du gouverneur qui voient à leur rédaction.

 

Contexte

Sous le régime français, les municipalités n’existaient pas, il n’y avait donc pas de conseils municipaux pour voir à la mise en œuvre et à l’adoption de règlements visant à assurer la sécurité publique et la cohésion sociale. Localement, c’est le seigneur qui fait autorité des lieux, mais ce dernier n’est pas toujours présent dans sa seigneurie. C’est pourquoi le capitaine de milice ou ses sous-officiers étaient chargés d’assurer le bon ordre dans la communauté. Lorsqu’un problème survenait, le seigneur du lieu adressait une requête au gouverneur de Montréal afin que ce dernier puisse enquêter sur la situation et, au besoin, émettre une ordonnance afin de régler la situation malveillante. Rappelons qu’à l’époque, la grande région de Montréal est incluse dans le «Gouvernement» de Montréal, expliquant la présence d’un gouverneur dédié à cette grande région. Au début du XIXe siècle, certains comités locaux, formés de syndics, vont voir à la mise en œuvre de règlements de police afin d’assurer la sécurité des lieux. Mais c’est seulement après la création du système municipal actuel, en 1855, que les municipalités locales vont s’acquitter de cette compétence.

La première ordonnance

Jean Victor Varin, commissaire de la Marine, ordonnateur à Montréal :

«Sur les représentations qui nous ont été faites par Monsieur De La Corne, seigneur de Terrebonne, que quelques habitants qui ont des maisons dans le village ou le bourg de sa dite seigneurie, mettent le feu à leurs cheminées pour les nettoyer au lieu de les ramoner. Ce qui met l’alarme chez les autres habitants dudit village; et les mettent en risque de faire bruler leurs maisons; nous ayant égard aux dites représentations; et pour procurer de la sureté dudit village, défendons aux habitants dudit lieu, de mettre ainsi le feu à leurs cheminées sous peine de dix livres d’amande (sic) applicable à la fabrique de la Paroisse dudit Terrebonne. Leurs enjoignons de faire au moins une fois tous les mois ramoner leurs cheminées sous peine de ladite amende de dix livres. Ainsi applicable.

Mandons au sieur Laforce, capitaine de milice audit lieu et en son absence à tous les officiers de milice dudit lieu de tenir la main à l’exécution de la présente ordonnance qui sera lue et publiée à l’issue de la grande messe paroissiale dimanche prochain, à ce que personne n’en ignore. Fait en notre hôtel à Montréal, le 7e mars 1749.»

La deuxième ordonnance

Il semble bien, si l’on se fie au texte de la seconde ordonnance, que les habitants de Terrebonne mettaient le feu dans les forêts denses qui entouraient le village à cette époque. C’est pourquoi Charles, le baron de Longueuil, alors gouverneur de Montréal et commandant général du Canada, édicta cette ordonnance à la demande du sieur La Corne, seigneur de Terrebonne. Nous avons extrait les passages les plus révélateurs qui suivent :

«Nous défendons d’y (dans les forêts) allumer leurs calumets sous peine de trois mois de cachot et leur procès leur être fait et parfait comme incendiaire.»

Un peu plus loin, dans la même ordonnance, nous relevons ces mots : «Défendons, aussi à toutes personnes d’aller cueillir du ginseng sur ladite seigneurie de Terrebonne sous peine de confiscation.»

Rappelons que nos forêts regorgeaient à l’époque de ginseng, une plante médicinale qui était fort appréciée en Chine, si bien qu’au début de la colonie, les premiers colons vont exporter des quantités impressionnantes de cette plante vers l’Asie. Un ouvrage de botanique de l’époque, signé de la main de Joseph-François Lafitau, présente cette précieuse plante qu’est le «Gin-Seng de Tartarie».  Ne cherchez plus de trace de ginseng dans nos forêts, c’est peine perdue!

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Sources : Fonds de recherche de l’auteur; journal La Revue de Terrebonne, 22 juin 1961.

18 janvier 2018 - Vitrerie Gascon Cell

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