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10 QUESTIONS À… Jocelyne Boily, de l'Atelier de rire
Jocelyne Boily donne des cours de yoga du rire depuis une dizaine d'années. En plus de tenir des séances à son domicile, il y a des cours à la Cité GénérAction 55+ et il y en avait à la Résidence Oasis avant qu'elle ne soit incendiée. (Photo : Jean-Marc Gilbert)

10 QUESTIONS À… Jocelyne Boily, de l'Atelier de rire

Propos recueillis par Jean-Marc Gilbert

Mardi 21 novembre 2017

Que faisiez-vous avant de prendre la relève l'Atelier de rire et comment en êtes-vous venue à vous intéresser aux bienfaits thérapeutiques du rire?

J'ai travaillé longtemps en comptabilité pour différentes entreprises. Après, j'ai été copropriétaire d'une entreprise de construction avec mon mari. Ensuite, mon retour sur le marché du travail a été difficile. J'étais en dépression. Une journée, j'en ai parlé à mon fils, qui avait vu à la télévision une émission sur le yoga du rire. Il m'a dit : «Maman, ça te ferait du bien!» Je n'étais pas très chaude à l'idée, mais le hasard a voulu qu'une journée, dans l'agenda communautaire de La Revue, j'aie vu qu'il y avait un club de rire à Terrebonne. J'ai découpé l'annonce et je l'ai mise de côté. En octobre 2007, j'en ai parlé à une dame avec qui je faisais du yoga et je lui ai demandé si ça lui tentait de venir avec moi. J'ai pris mon courage à deux mains et je me suis inscrite.

 

Vous dites avoir pris votre courage à deux mains. Pourquoi avoir hésité?

Parfois, on a peur du jugement ou peur d'avoir l'air fou. Eh bien, à l'époque, je faisais partie de ces gens-là. Je n'avais pas l'habitude de m'inscrire à des cours toute seule, mais celui-là me réconfortait. Par la suite, j'ai lu beaucoup sur le sujet et je suis devenue animatrice en septembre 2008.

 

Je voulais vous demander si le rire vous avait aidée à traverser une épreuve dans votre vie. Vous m'avez parlé d'une dépression plus tôt.

Puisque nous étions à notre compte, je travaillais de mon domicile depuis 10 ans. Quand je suis retournée sur le marché du travail extérieur, ça a été difficile. De la nervosité et de l'angoisse m'ont occasionné de gros problèmes de santé. J'ai même perdu connaissance au travail. Le rire m'a aidée à traverser ça. [Gérard] Jugnot (réalisateur et producteur français) a déjà dit : «Le rire, c'est comme des essuie-glaces : ça n'empêche pas la pluie, mais ça aide à avancer.»

 

Doit-on, à la base, être une personne ricaneuse pour être réceptive à une thérapie par le rire?

Moi-même, au départ, je ne suis pas une personne qui rit facilement. Ça fait partie de mon caractère. Mais les exercices de rire nous font travailler énormément sur nous, sur le plan autant physique que mental. Ça peut être difficile pour certaines personnes, car le rire peut être gênant, mais je donne souvent l'exemple d'un régime. Si je veux maigrir, je ne peux pas m'attendre, la semaine suivante, à avoir perdu 10 livres. Il faut être plus persévérant.

 

Vous n'êtes pas une personne qui rit beaucoup. Mais quand on donne des cours comme vous le faites, est-ce que le rire devient un réflexe?

Aujourd'hui, je ris plus facilement, mais si je me transporte dans le temps de «La Petite Vie», je me revois en train de bricoler dans le sous-sol de la maison en entendant mon mari et mon fils se bidonner. Moi, je ne riais pas "pantoute"! Je trouvais ça niaiseux! (rires) Aujourd'hui, quand on va voir un spectacle d'humour, ça arrive que mon mari me regarde étrangement, parce qu'avant, je n'aurais pas ri. Donc, le rire, ça se développe et ça se travaille.

 

Arrive-t-il qu'une thérapie par le rire n'ait aucun impact sur quelqu'un? Y a-t-il des gens qui sont en quelque sorte des bougons irrécupérables?

Lors de la dernière session à la Cité GénérAction 55+, une dame vient pour la première fois. Elle était très sympathique et elle riait avec nous. Elle ne revient pas la semaine d'après. Je lui envoie un courriel pour lui rappeler qu'il n'y aurait pas de cours la semaine suivante. Elle me répond que de toute façon, elle ne reviendra pas. En sortant du premier cours, elle est allée dire à l'accueil que ce n'était pas pour elle. Mais on ne m'avait pas avisée de ça. Souvent, je n'ai pas l'occasion de discuter avec la personne. Je ne sais donc pas si c'est la gêne ou autre chose qui l’incommode. Ils n'en parlent pas.

 

Racontez-nous  le cas le plus marquant ou le témoignage le plus touchant que vous avez reçu d'un participant à vos ateliers.

Quand j'y pense, j'en ai encore des frissons! Une journée, une dame m'a appelée pour un atelier. Au téléphone, j'entendais qu'elle avait de la difficulté à respirer. Elle m’a dit qu'elle fonctionnait avec un cinquième de poumon. J'ai répondu : «Vous pouvez essayer, mais respectez vos limites.» Elle est venue pendant très longtemps et c'était une personne très attachante. Une journée, elle avait rendez-vous chez le médecin. Il lui a dit : «Bien voyons donc! J'entends de l'air dans ton poumon qui ne fonctionne plus depuis longtemps!» Elle lui a dit qu'elle avait commencé des ateliers de yoga du rire. Quand elle est sortie de chez le médecin, je suis la première personne qu'elle a appelée pour me raconter ça. On pleurait comme deux Madeleine! J'ai une belle pensée pour elle aujourd'hui.

 

On dit parfois de certaines personnes qu'elles n'ont pas le rire facile. Pensez-vous que le sens de l'humour est donné à tout le monde?

On n'a pas tous le même sens de l'humour. Avec les années, on ne sait pas ce qui peut arriver. Il n'y a pas une date sur le calendrier à partir de laquelle on perd le goût de rire. Il y a des gens qui rient pour tout. C'est un cadeau du ciel! Mais ça s'exerce et ça s'entretient. On peut lire des bandes dessinées, aller voir des spectacles d'humour et, bien entendu, suivre des cours de yoga du rire! (rires)

 

Comment réagit quelqu'un qui participe à l'un de vos ateliers pour la première fois? Est-ce difficile de «briser la glace» en se forçant pour rire?

Dans nos ateliers, on dit souvent : «On ne rit pas parce que c'est drôle. C'est drôle parce qu'on rit.» Au début, je dis aux gens que ça peut paraître bizarre ou ridicule. Ils ont tout à fait raison! On sait que le ridicule ne tue pas, mais ça fait rire en «titi» par exemple. Il faut être capable de passer par-dessus cette première barrière, se laisser aller et lâcher prise.

 

À quoi ressemble une séance typique de yoga du rire?

On commence avec des échauffements, des respirations yogiques et on combine ça avec des exercices qui favorisent le rire. C'est un concept unique qui vient de l'Inde. Entre une série de trois rires, on fait une respiration. On ajoute quelques mots clés. Il y a un petit côté spirituel comme dans le yoga, mais les gens ne sont pas obligés. Tout ça nous réchauffe et nous amène à faire un rire libre qui peut durer jusqu'à 10 minutes! Après, on fait une relaxation.

25 mai 2018 Implantologie cell

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