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Terrebonne, samedi 4 février 2012

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Accoucher avec une sage-femme C’est chez elle, dans son lit, que Caroline Gauthier a donné naissance à son fils Caleb. Ils sont accompagnés ici de Paul-Émile, le grand frère de Caleb, et de Steve McMillan, le mari de Mme Gauthier.

Accoucher avec une sage-femme

Isabelle Desmarais

Mardi 13 avril 2010

De plus en plus de femmes choisissent l'approche d'une sage-femme pour effectuer le suivi de leur grossesse. Ces futures mamans prônent bien souvent l'accouchement naturel dans un lieu chaleureux, soit leur domicile ou encore une maison de naissance.

Pour Caroline Gauthier, il n'était pas question de mettre au monde un enfant en milieu hospitalier. La Terrebonnienne a accouché de son premier bébé dans un hôpital après une tentative d'accouchement à la maison en Colombie-Britannique. Arrivés au Québec en 2007, son conjoint et elle ont planifié leur lieu de résidence en fonction des maisons de naissance disponibles dans la province, en vue des prochaines grossesses de Mme Gauthier. «Nous nous sommes finalement établis à Terrebonne. Comme il n'y a pas de maison de naissance dans Lanaudière, j'ai fait appel à la Maison de naissance du Boisé, située à Blainville. Puisqu'elle n'admet que les femmes qui habitent dans la région des Laurentides, on m'a d'abord refusée. Mais j'ai finalement été reçue, après plusieurs discussions», raconte Mme Gauthier.

Sage-femme au privé

En vérité, Caroline Gauthier recherchait davantage les services d'une sage-femme du secteur privé, plus difficiles à dénicher parce que souvent exercés illégalement. Au Québec comme dans la majorité des provinces du Canada, il est interdit d'exercer cette profession si l'on ne possède pas un permis de l'Ordre des sages-femmes.

Or, bien qu'admise à la maison de naissance de Blainville, Caroline Gauthier a finalement réussi à se tourner vers une sage-femme du domaine privé pour son fils Caleb, après 32 semaines de grossesse. «Les sages-femmes au public ont plus de restrictions, elles doivent se plier à certaines règles. Le taux de transferts à l'hôpital est aussi plus élevé au public. J'ai moi-même été conduite à l'hôpital à mon premier accouchement. Cette fois, je tenais à accoucher chez moi. C'était important pour moi de vivre cet événement dans l'intimité avec mon mari et mon fils ainé.» Mme Gauthier a déboursé 2 000 $ pour bénéficier des services d'une sage-femme du privé. Au public, ces services sont gratuits.

La douleur fait peur

Pour cette mère de famille, les avantages d'utiliser les services d'une sage-femme plutôt que ceux d'un médecin sont nombreux. D'abord, les façons d'intervenir sont bien différentes : «Contrairement au médecin, une sage-femme te laisse aller à ton rythme. Elle ne prend pas le contrôle de ton accouchement contre ton gré. Elle assiste, c'est tout. Elle respecte le bébé. Elle ne te l'enlève pas des bras après une minute. Il n'y a pas d'épidurale, pas de césarienne et, souvent, aucune médication. L'accouchement est naturel et se déroule dans l'amour, la paix et la sérénité. Les bains, les massages et la relaxation remplacent la médication. Je trouve que les femmes d'aujourd'hui ont peur de la douleur. Pourtant, cette douleur est naturelle, réjouissante. Plus ça fait mal, plus je sais que la naissance approche.»

Comme infirmière, Caroline Gauthier ne partage pas la philosophie de la médecine en général. Elle déplore, entre autres, la médicalisation de l'accouchement. «Certains médecins manquent d'éthique», affirme-t-elle.

Caroline Gauthier estime avoir vécu un accouchement de rêve et ne regrette aucunement son choix. Elle souhaite faire appel à la même sage-femme pour ses prochains accouchements. «Plusieurs femmes me disent que je suis brave d'accoucher à la maison avec une sage-femme. De mon point de vue, ce sont ces femmes qui sont courageuses d'accoucher à l'hôpital avec un médecin!»

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