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DIX QUESTIONS À… Denise Cloutier, présidente du COBAMIL
Denise Cloutier est directrice générale du Centre d’interprétation de l’eau de Laval et présidente fondatrice du Conseil des bassins versants des Mille-Îles (COBAMIL). (Photo : courtoisie)

DIX QUESTIONS À… Denise Cloutier, présidente du COBAMIL

Propos recueillis par Pénélope Clermont

Jeudi 21 décembre 2017

Vous êtes directrice générale du Centre d’interprétation de l’eau de Laval et présidente fondatrice du Conseil des bassins versants des Mille-Îles (COBAMIL). Pourquoi vous consacrez-vous à la préservation de l’eau?

Je crois que j’ai été marquée, vers l’âge de cinq ans, quand j’ai vu beaucoup de barbottes mortes dans la rivière des Mille Îles, à la plage Jacques-Cartier. Puis, j’ai connu William Dyson Moore, qui m’a dit, deux semaines avant de mourir : «Denise, tu devrais t’occuper de l’eau.» Avec lui, j’avais vu la rivière Mascouche se dégrader au fil des ans. Puis, j’ai décidé d’étudier sur l’eau et j’ai terminé ma maîtrise sur la gouvernance de l’eau en 2010, année de création du COBAMIL.

 

Dans quel état sont les bassins versants des Mille Îles?

Les affluents de la rivière des Mille Îles sont malheureusement mal en point; ils sont contaminés par les coliformes fécaux à cause des surverses municipales après une forte pluie; ils sont engraissés par le phosphore en provenance des fosses septiques non conformes et des terres agricoles dépouillées de leurs bandes riveraines; bref, ils sont souvent en très mauvais état. On a vu certaines améliorations à la suite des mesures correctives prises par les municipalités. 

 

Quel est notre rapport à l’eau en comparaison avec d’autres endroits dans le monde? 

C’est connu, nous en avons beaucoup… mais dans quel état? Nous la tenons pour acquise, mais surtout, nous ne payons pas le vrai prix pour l’eau que nous consommons. D’ailleurs, nous la surconsommons. En Suisse, un citoyen consomme 190 litres d’eau par jour. Au Québec, c’est près de 400 litres par jour par personne. Lorsqu’il pleut, les égouts débordent en laissant aller dans la nature les eaux usées non traitées. Il faut que nous investissions collectivement.

 

Où se réalise la meilleure gestion de l’eau?

J’ai longuement étudié la question, entre autres dans mon essai de maîtrise. La France est sortie championne avec sa gestion par bassins versants depuis les années 60. Le Québec est reconnu pour sa gestion intégrée de l’eau qui concerte tous les acteurs concernés, notamment municipaux, économiques et communautaires au sein des organismes de bassins versants (OBV).

 

Qu’est-ce que nos gouvernements pourraient faire pour vous aider dans cette cause que vous portez?

S’engager, se coordonner et investir. Actuellement, 12 ministères s’occupent d’une petite portion de la gestion de l’eau et se parlent rarement. L’eau n’est qu’un des 12 sujets dont s’occupe le MDDELCC. Ce ministère a le plus petit budget : environ 0,029 % du budget du Québec. Il tergiverse depuis trois ans pour sortir une stratégie sur l’eau. Nous leur avons dit en 2015 où dépenser l’argent.

 

En 1990, vous êtes devenue la première femme conseillère municipale à Mascouche. Pourquoi vous être lancée en politique municipale?

J’avais trois enfants et je voulais un parc à côté de leur future école. Le projet traînait depuis sept ans. J’ai passé une pétition que je suis allée porter au conseil municipal. Peu après, le maire Patenaude m’a demandé si je voulais me présenter aux élections suivantes dans le quartier voisin du mien en 1987. Je n’ai pas été élue, mais j’ai récidivé dans une élection partielle dans mon quartier en 1990.

 

Vous sentiez-vous habitée d’une responsabilité en tant que première femme au conseil municipal de Mascouche?

C’était plutôt une fierté, de pouvoir influencer les décisions qui touchaient de près ma famille et mon voisinage. Quand j’étais jeune et que je voulais devenir chimiste, mon père m’avait dit : «Secrétaire, c’est assez pour laver des couches!» Devenir la première femme conseillère à Mascouche m’a démontré que je pouvais prendre les rênes de ma vie au-delà des préjugés.

 

Qu’est-ce qui vous manque de la politique et, à l’inverse, de quoi ne vous ennuyez-vous pas?

Je ne m’ennuie pas de la politique. J’ai toujours dit que la politique, c’est avant tout des relations publiques. J’en fais tous les jours. J’adore siéger à des conseils d’administration d’OSBL et prendre des décisions qui changent et améliorent les choses. Actuellement, je siège à sept conseils d’administration, tous reliés d’une certaine façon à l’eau, ma motivation première.

 

Vous avez chapeauté le plan de relance du Jardin Moore, en 2013. Parlez-nous de votre attachement envers ce lieu. 

J’ai connu M. Moore et son jardin en 1991. Je suis tombée sous le charme. J’ai passé de nombreuses heures à discuter avec M. Moore de beauté, de sa façon d’aider les personnes qu’il rencontrait à trouver leur voie, d’environnement, de retraite comme une deuxième chance de faire ce qu’on aime, etc. J’y ai mis mon cœur et mon énergie de 1992 à 2002. Je ne pouvais pas accepter que le jardin soit vendu alors que les administrateurs de l’époque n’avaient pas le droit de le faire.

 

Quel est votre plus beau souvenir en compagnie de Dyson Moore, fondateur du jardin?

Quand j’arrivais, il m’accueillait toujours avec un bouquet de fleurs, un thé Earl Gray et des biscuits au chocolat… et nous parlions quelques heures en regardant le jardin et la rivière.

 

Vous avez porté plusieurs projets au cours de vos années d’implication, lequel vous rend particulièrement fière?

Si j’avais à en prioriser un, je ferais ombrage aux autres qui sont tous aussi importants, selon le point de vue où l’on se place. Ce dont je suis le plus fière est d’avoir côtoyé des bénévoles exceptionnels qui donnent leur temps, leur créativité et leur talent pour réaliser des événements ou des projets qui font avancer les choses. C’est aussi de voir ces employés motivés, généreux et compétents qui réalisent de grandes choses. C’est la force de l’équipe qui trouve du plaisir à travailler ensemble… S’amuser, c’est la seule façon de gérer…

25 mai 2018 Implantologie cell

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