Terrebonne, mercredi 16 mai 2012
Karine Limoges
Mardi 14 février 2012
Julie W. Ouimette lutte contre le cancer depuis l'âge de 8 ans. Aujourd'hui, 10 ans plus tard, après 5 ans de rémission, elle apprend qu'elle fait une rechute. Porte-parole pour la Collecte de sang du maire de Terrebonne, rôle qu'elle endosse pour aider à sauver des vies, Julie attend elle-même son héros, un donneur de moelle osseuse.
«Donner du sang, c'est sauver des vies, car sans sang, tu ne peux pas vivre, explique-t-elle simplement. Tu ne sais pas qui pourrait en avoir besoin.» Pour sa part, Julie a besoin d'un donneur O négatif. En 10 ans, elle est passée du groupe sanguin A positif à O négatif après sa première greffe, puis à O positif à la deuxième. «J'ai des groupes sanguins différents dans mon sang et mes cheveux, révèle-t-elle. Je suis comme deux personnes avec deux ADN. Je serais la criminelle parfaite», résume Julie, avec humour.
La petite a appris qu'elle avait un cancer, par hasard, après avoir subi une blessure au dos lors d'une fête autour de sa piscine à la maison. «Elle ne guérissait pas, dit sa mère. Elle avait de la difficulté à marcher et avait un lit en classe pour se reposer.» Sa maman, Nathalie Waskiewicz, physiothérapeute de formation, tentait tant bien que mal de la traiter.
Puis, une ponction de moelle a rendu le verdict : leucémie. La jeune fille a alors subi une première greffe le 18 décembre 2002 pour ensuite demeurer trois mois à l'hôpital. En mai 2008, Julie est retombée malade, ses poumons attaqués, elle a dû être intubée et plongée dans un coma artificiel, passant 26 jours en détresse respiratoire. «Elle ne sentait plus ses jambes», révèle sa mère. Sa deuxième greffe, elle l'a reçue quelques mois plus tard, le 15 septembre.
Mère et thérapeute
Nathalie s'est beaucoup impliquée dans la remise sur pied de sa fille. Une grande complicité semble les unir. «Ce n'était pas évident, une relation mère-fille ne devrait pas être celle de thérapeute-patient, confie Mme Waskiewicz. La thérapeute veut prendre le rôle de maman.»
Julie s'exerçait avec une grande marchette. Multihandicapée, elle dépendait de sa famille pour tout. Pour l'asseoir, il fallait l'attacher sur une chaise parce qu'elle manquait de tonus, se souvient sa mère. «On la prenait dans nos bras pour la déplacer», poursuit Nathalie. Puis, elle a appris à se déplacer et à monter les marches de l'escalier sur les fesses.
Heureusement la peinture!
Julie W. Ouimette s'avère une personne très artistique. Courir ne lui manque pas. Elle skiait, mais elle recommencera plus tard. Elle faisait de la nage synchronisée, sport qui lui a sauvé la vie lors d'une opération grâce à sa capacité de retenir son souffle. «Je n'ai jamais pensé que j'étais réellement malade, soutient la frêle jeune femme. J'ai toujours gardé le moral.»
Au quotidien, elle peint, bricole et suit ses cours à distance. Julie ne sait toujours pas quel métier elle aimerait exercer. «Elle parlait peut-être de devenir pharmacienne ou ergothérapeute», soulève sa mère. Actuellement, elle étudie dans le domaine des sciences nature. Un peu prise entre l'enfance et l'âge adulte, à 18 ans, elle n'a pas développé les mêmes intérêts que les jeunes femmes de son âge. La voix fluette, le corps chétif, elle sourit tout de même à la vie et cultive la bonne humeur.
Son frère, Karl Ouimette, capitaine de l'équipe de l'Académie de L'Impact, dit que c'est elle la «championne» de la famille, dévoile sa mère. «Elle en fait beaucoup, indique Nathalie, et elle ne lâche jamais malgré les embûches. Julie est une source d'inspiration.»
***
Quatre questions à Julie W. Ouimette
Pourquoi donner du sang?
Ça devrait être une priorité, même pour ceux qui n'aiment pas les piqûres. Ceux qui sont malades n'ont pas le choix d'en recevoir. Et ce n'est pas long, sauver des vies, un don de sang équivaut à quatre vies sauvées.
Qu'est-ce qu'il faudrait pour te sauver la vie?
Une transfusion de cellules souches d'une moelle osseuse. Cela implique un test de salive et il y a des restrictions d'âge. Il faut téléphoner à Héma-Québec pour voir si l'on est admissible.
Qu'est-ce que le bonheur pour toi?
Faire de petits voyages et le bricolage.
Y a-t-il une invitation que tu voudrais lancer?
Le 25 mai prochain se tiendra le volet «Julie W. Ouimette» de la collecte de sang du maire aux Galeries Terrebonne, de 10 h à 20 h. Ce sera la 10e collecte, avec un objectif de 250 donneurs.
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