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Médecins recherchés

Mercredi 8 décembre 2004

La Revue poursuit son enquête cette semaine en dressant le bilan des effectifs médicaux de la région des Moulins.

Les gens qui se cherchent actuellement un médecin de famille doivent s’armer de patience et apprendre à ronger leur frein, puisque les omnipraticiens demeurent une espèce en voie d’extinction dans la région des Moulins.

Karine Cousineau

Les 122 000 habitants de la MRC Les Moulins ne peuvent compter que sur les services de 70 médecins pour veiller à leur bonne santé; pas étonnant qu’on se les arrache, et pas besoin de dire que le mot "chômage" est un terme inconnu chez les médecins.

La région compte donc un médecin pour 1 743 citoyens. Après enquête auprès des cliniques de la région, nous avons découvert qu’en moyenne, chaque médecin assure le suivi d’environ 800 à 1 000 patients. "Nous sommes complètement débordés! On a beaucoup trop de patients à suivre et on doit en plus assurer le service sans rendez-vous. Plusieurs médecins doivent travailler plus de 60 heures par semaine", souligne le Dr Guy Vincent, de la Clinique Saint-Charles, à Lachenaie.

Si on s’attarde à faire le calcul, approximativement 50 000 personnes seraient sans médecin de famille pratiquant dans la région, un chiffre certes astronomique qui pourtant suit la moyenne provinciale. Pas étonnant que les secrétaires médicales soient inondées de demandes pour rencontrer un médecin de famille.

L’inaccessibilité des services

Pour ceux et celles qui cherchent un médecin, il n’y a d’autres moyens que d’appeler un à un les cabinets. La région de Terrebonne et de Mascouche compte 10 cabinets de médecine privés et un CLSC. Seuls deux de ces établissements prennent de nouveaux patients. Et attention, ils ne peuvent en accepter qu’un nombre restreint. Le CLSC, lui, déborde. "On met présentement les gens sur une liste d’attente", explique Marie Robert, du CLSC Lamater. Aux dires de plusieurs patients inscrits sur cette liste, il faut attendre entre un an et demi et deux ans avant de pouvoir rencontrer un médecin. Bref, ce n’est pas le temps de tomber malade.

Une situation qui, à court terme, ne risque pas de s’améliorer puisque la région ne cesse d’accueillir de nouveaux résidents et que, comme partout ailleurs au Québec, la population se fait vieillissante. Les villes de Terrebonne et de Mascouche ne cessent d’émettre des permis de construction alors que les 10 nouveaux médecins venus s’établir dans notre région ont plutôt choisi de pratiquer en centre hospitalier.

Attention, bon nombre de médecins à qui nous avons parlé ne se disent pas totalement fermés aux nouveaux patients; il s’agirait d’une question de gros bon sens. "Si je traite au sans rendez-vous un patient qui vient d’emménager dans la région et qui souffre d’un problème cardiaque, je ne le laisserai pas sans soins. Je me fais un devoir de le suivre", explique le Dr Guy Vincent.

Coût social

Voilà pourquoi souvent, une heure avant l’ouverture des cliniques, les gens font la file. Pour plusieurs, le sans rendez-vous et les urgences demeurent les seuls moyens d’accéder aux soins de santé. Les gens "magasinent" les urgences et tentent de choisir celle qui semble la plus rapide.

"Comme les gens n’arrivent pas à se trouver de médecins de famille, ils consultent au sans rendez-vous ou dans les urgences, souvent à plusieurs reprises pour un même problème, et comme ils se déplacent d’une clinique à l’autre, on ne peut pas mettre le doigt sur l’origine du problème", explique le Dr Jacques Boulay, du Médi-Centre. "Certains patients attendent beaucoup trop longtemps avant de venir consulter, car ils ont peur de déranger. Il en résulte souvent de graves complications qui peuvent mener à l’hospitalisation", affirme le Dr Diane Lanciault de la Clinique médicale La Pinière. "Il n’est pas étonnant que les coûts des soins de santé augmentent sans cesse et que les urgences débordent, puisque les gens ont de la difficulté à avoir accès à la médecine de première ligne", résume-t-elle.

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