Terrebonne, mercredi 16 mai 2012
Marie-Pier Tremblay
Mardi 25 janvier 2011
Quand respirer devient une corvée
La maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), une bien longue appellation plutôt méconnue de la population, mais qui touche pourtant plus de 13 000 Lanaudois. Yves Gagnon, un Terrebonnien aux prises avec cette terrible maladie, a d'ailleurs créé le Groupe d'entraide de Le Gardeur, dont il est le bénévole responsable.
La MPOC englobe quelques maladies pulmonaires, dont la bronchite chronique et l'emphysème. La plupart des personnes atteintes souffrent des deux maladies. C'est le cas de M. Gagnon, diagnostiqué en 1990.
Depuis son jeune âge, il éprouve des faiblesses respiratoires qui se traduisaient probablement par de l'asthme. Toutefois, à l'époque, cette maladie n'était pas connue des médecins, qui croyaient que M. Gagnon souffrait de la «fièvre des foins».
Diagnostiquée tôt, la MPOC est plus facile à traiter. Toutefois, M. Gagnon explique que c'est une maladie qui se dégrade et qui ne se soigne pas. Dans son cas, elle a été découverte tardivement, bouleversant son quotidien.
Depuis deux ans, il doit respirer à l'aide d'une machine qui l'alimente en oxygène, et ce, 24 heures sur 24, sans compter les nombreuses visites à l'hôpital. Cependant, son calvaire a commencé il y a plusieurs années. «La MPOC est très pernicieuse parce qu'on ne sent pas malade. On s'habitue à arriver dernier dans les sports, puis on ne peut plus suivre les gens de son âge et on doit mettre une croix sur les activités de couple. Et un jour, on n'est plus capable de travailler», raconte M. Gagnon, ému.
Ce qu'il trouve le plus difficile, c'est le regard des autres devant son incapacité à faire des choses simples. Les tâches faciles sont pour lui très épuisantes et cinq fois plus longues. M. Gagnon rapporte entre autres qu'il y a un an, il faisait la cuisine. Maintenant, il n'y arrive plus, il doit se faire servir. Il ajoute que prendre une simple douche lui demande souvent plus d'une heure.
Mais pire encore, c'est l'isolement qu'il doit supporter. L'hiver est particulièrement difficile pour les personnes atteintes de MPOC. L'air froid les empêche de respirer convenablement. De plus, elles doivent éviter de s'exposer aux virus et aux rhumes, très fréquents en saison.
D'autre part, Yves Gagnon souligne qu'il a perdu son réseau d'amis en raison de la maladie. Lui qui faisait du vélo toutes les fins de semaine, il s'est vu tassé, puisqu'il ne suivait plus, il ralentissait le groupe.
Briser l'isolement
C'est pour ces raisons que M. Gagnon a créé, il y a trois ans, le Groupe d'entraide de Le Gardeur en compagnie de l'Association pulmonaire du Québec et de la clinique MPOC de l'hôpital Pierre-Le Gardeur. Les participants peuvent échanger et reçoivent la visite de conférenciers. Ils se réunissent une fois par mois, le mercredi à 13 h, au CLSC Meilleur, à Repentigny.
De plus, les personnes souffrant de MPOC ont accès à des cours offerts par l'hôpital et grâce auxquels ils apprennent à bien respirer et à bien s'alimenter. Selon M. Gagnon, une personne normale dépense entre 32 et 72 calories par jour pour ses fonctions respiratoires. Lui en brûle plus de 700 seulement pour respirer. Il doit donc suivre une diète adéquate.
La principale cause de la MPOC est sans contredit le tabagisme. Toutefois, bien que M. Gagnon soit ex-fumeur depuis 36 ans, le lien de cause à effet n'a jamais été établi dans son cas. La pollution est aussi à prendre en compte. En effet, il a travaillé plusieurs années comme opérateur de marteau-piqueur, dans la poussière.
Pour éviter à d'autres la MPOC, il conseille aux personnes de 40 ans et plus de demander à leur médecin de passer un test de spirométrie et, évidemment, de cesser de fumer. Pour plus d'information, contactez Yves Gagnon au 450 416-3394.
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