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La rue et l’espoir se serrent les coudes
Environ 150 personnes ont marché dans les rues du Vieux-Terrebonne lors de cette soirée qui se voulait une vigile de solidarité. (Photo : Pénélope Clermont)

La rue et l’espoir se serrent les coudes

Pénélope Clermont

journaliste@larevue.qc.ca

Mardi 24 octobre 2017

La rue. On la prend pour aller à l’école, pour aller au travail. On y rencontre des gens, des amis, des personnes qu’on n’a pas vues depuis longtemps. La rue, il y a aussi des gens qui y vivent. Et qui en meurent. Pour ces gens, la rue n’est jamais un choix.

C’est en ces termes que Fabien Michaud, de La HUTTE – Hébergement d’urgence, a parlé de la rue lors de la Nuit des sans-abri du sud de Lanaudière, tenue sur l’Île-des-Moulins dans la soirée du 20 octobre. Cette rue où différentes personnes se retrouvent pour différentes raisons.

«Les gens n’arrivent pas dans la vie avec les mêmes chances ni les mêmes forces. Que ce soit des bébés qui viennent au monde avec de l’alcoolisme fœtal ou des problèmes de dépendance parce que leurs parents avaient des problèmes de dépendance, des bébés secoués qui ont un traumatisme crânien, des jeunes qui arrivent à l’école avec des retards ou vivent de la pauvreté et qui commencent à être ridiculisés, ou encore une personne qui va très bien, mais qui perd sa femme et ses enfants et qui, tout à coup, se fragilise et devient vulnérable, indique-t-il.

«Ces personnes dans la rue peuvent déranger par leur tristesse ou parce qu’elles parlent seules, mais des fois, elles nous font sourire par une chanson qu’elles chantent. Ce que j’ai appris à leur contact, c’est qu’il y a toujours de l’espoir lorsqu’on fait un bout de chemin avec elles et qu’on leur redonne de la dignité en les traitant en humains. Beaucoup peuvent s’en sortir si ensemble, on continue lentement de tracer des ponts pour les sortir de la rue.»

Voilà la raison d’être de la Nuit des sans-abri.

Marche aux flambeaux

La soirée a débuté avec une marche aux flambeaux dans les rues du Vieux-Terrebonne. Selon l’estimation de quelques personnes, elles étaient environ 150 à y prendre part. Des hommes, des femmes, des enfants, des intervenants et membres d’organismes, dont le Vaisseau d’Or des Moulins, qui était entre autres représenté par un personnage tout en bleu sur lequel on retrouvait des cartons affichant des diagnostics de problèmes de santé mentale. Tout au long du parcours, le personnage se voyait retirer ces cartons. «Les diagnostics sont des étiquettes qui nous empêchent de voir la personne telle qu’elle est. On traite les diagnostics et non plus la personne», a mentionné Manon Ferland, intervenante, pour expliquer la démarche.

Une vingtaine d’autres organismes se trouvaient sur le site pour faire connaître leurs services, notamment par l’entremise de la foire aux organismes.

En musique et en hommage

C’est vers 20 h 30 que le volet musical a commencé avec la présence d’Illusion, un artiste local qui connaît bien la réalité de la rue, comme le veut la tradition. Martin Deschamps a ensuite pris la scène d’assaut pour une prestation attendue.

Peu avant l’entrée en scène des deux chanteurs, les organisateurs ont pris le temps de saluer deux personnes qui sont décédées dans les derniers mois. Pat, un «lien» de l’organisme Le Trajet, ainsi que Monique «Momo» Bouvier.

«C’est la 14e édition de la Nuit des sans-abri et pour la première fois, il y a une chaise libre laissée par Momo. Monique Bouvier était extrêmement impliquée dans plein d’événements, dont la Nuit des sans-abri. On avait le cœur un peu à l’envers quand on a commencé l’organisation de la soirée. C’était important pour nous de la saluer. Merci Momo!» a conclu Pascale Rodrigue, du Néo.

24 novembre 2017 Rive nord cell

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