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Terrebonne, samedi 31 juillet 2010

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La surdité frappe de plus en plus tôt Selon les résultats d’une étude menée par l’Institut national de la santé publique du Québec, 46 % des jeunes utilisent leurs appareils à un niveau non sécuritaire.

La surdité frappe de plus en plus tôt

Véronick Talbot

Mardi 23 février 2010

La montée en popularité des lecteurs MP3 et des iPod pourrait bien expliquer pourquoi de plus en plus de jeunes adultes souffrent de déficience auditive. En effet, le niveau sonore maximal de ces appareils peut atteindre 120 décibels et représenter un risque à l'audition pour toute personne qui s'y expose pendant plus de 15 minutes par jour.

Il y a 20 ans, les premières études menées au Canada et aux États-Unis sur l'impact des lecteurs de cassettes et de disques portables démontraient les risques qu'ils représentaient pour l'acuité auditive. Depuis, de nombreux appareils électroniques plus performants ont fait leur apparition sur le marché, si bien que l'intérêt des jeunes pour ceux-ci n'a fait qu'augmenter. Les lecteurs MP3 et les iPod, entre autres, sont plus populaires que jamais.

Le problème est qu'en utilisant ces appareils, dont le niveau de sortie sonore peut maintenant atteindre 120 décibels, les jeunes s'exposent à un risque à l'audition. Une étude réalisée par l'Institut national de la santé publique du Québec confirme d'ailleurs que les jeunes n'utilisent pas ces appareils de façon sécuritaire. «Selon les résultats de l'étude, 46 % des jeunes utilisent leurs appareils à un niveau non sécuritaire», détaille Julie Baril, audiologiste.

36 heures d'autonomie

De façon plus précise, il est recommandé aux jeunes d'utiliser leurs appareils électroniques à environ 60 % de leur capacité sonore maximale pas plus qu'une heure par jour. Toutefois, certains appareils ayant jusqu'à 36 heures d'autonomie, peu de gens se plient à ces recommandations. Qui plus est, parce que beaucoup de consommateurs utilisent ces appareils en transport en commun, ils doivent opter pour un volume de plus de 85 décibels s'ils veulent entendre leur musique.

Pas surprenant que le nombre de consultations pour des problèmes d'audition au Québec soit, chez les 25 à 27 ans, deux fois et demie plus élevé qu'il y a 10 ans. «Les jeunes éprouvent de plus en plus de problèmes d'audition, et la situation se détériore d'année en année. Évidemment, il est possible de faire un lien direct entre cette détérioration et la montée en popularité des lecteurs MP3», confie d'ailleurs Marie-Pierre Caouette, présidente de l'Ordre des orthophonistes et des audiologistes du Québec (OOAQ).

Nouvelle réglementation

Pour pallier la situation, plusieurs organismes canadiens tentent de convaincre le gouvernement de modifier ses lois en abaissant le niveau sonore maximum de ces appareils électroniques. L'OOAQ est l'une de ces organisations qui souhaitent voir les instances gouvernementales réagir à la situation. «Dans certains pays, par exemple la France, le gouvernement a limité le niveau de sortie sonore des appareils électroniques. Ce n'est toutefois pas le cas au Canada, et ça fait partie de notre mission de conseiller le gouvernement par rapport à ces nouveaux enjeux», précise Mme Caouette. Rappelons qu'en France, la puissance des baladeurs MP3 est légalement limitée à 100 décibels, une règle à laquelle s'est pliée Apple sur le marché français.

D'autres organismes, tel que l'Association des devenus sourds et des malentendants du Québec, section des MRC de L'Assomption et Des Moulins, contribuent en faisant de la sensibilisation auprès des jeunes. «Mes collègues et moi envisageons la possibilité de donner des conférences dans les écoles afin de sensibiliser les jeunes aux problèmes de surdité», conclut Jeanne Masse, présidente du conseil d'administration.

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