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DIX QUESTIONS À: Claude Morin, président de la SODECT
Claude Morin est président du conseil d’administration de la SODECT. Il était déjà très impliqué dans le développement culturel du Vieux-Terrebonne avant même la création du TVT, de la SODECT et de l’Île-des-Moulins. (Photo : Courtoisie)

DIX QUESTIONS À: Claude Morin, président de la SODECT

Propos recueillis par Gilles Fontaine

Mardi 11 juillet 2017

L’Île-des-Moulins et le Vieux-Terrebonne sont perçus comme des sites touristiques par excellence. Quel est, à titre de président de la Société de développement culturel de Terrebonne (SODECT), votre plus grand défi pour que ce statut demeure?

Le Vieux-Terrebonne et l’Île-des-Moulins ont toujours été à l’avant-garde. Que ce soit avec les premiers spectacles extérieurs, la première place du marché ou la patinoire sur l’étang, nous avons toujours été devant la parade. Je crois que c'est ça, le plus grand défi : demeurer à l'avant-garde. Et tout en demeurant devant, nous ne devons jamais oublier que les organismes comme la SODECT ont un large mandat. Ils sont des «créateurs culturels» et, par la force des choses, ils représentent aussi l'un des moteurs du développement culturel et économique de leur région.

À Terrebonne, vous êtes impliqué en culture depuis longtemps. Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce milieu?

Je dois dire que j’ai une formation de base en art dramatique. Je me destinais à un poste de professeur. Je m’en suis détourné quelque peu, mais à la base, la culture est donc un domaine qui m’intéressait déjà. De plus, il y avait la «gang du culturel» qui avait une belle vision du Vieux-Terrebonne au début des années 70. Nous avions tout à faire. Il faut dire également que je suis résident du quartier depuis longtemps. Or, il était très important de m’impliquer de la sorte, et les défis étaient intéressants.

Vous parlez de la «gang du culturel» qui avait une vision pour le Vieux-Terrebonne. Ce qu’est devenu le quartier, en 2017, se rapproche-t-il de cette vision de l’époque?

Oui et non. Oui, parce que le Vieux-Terrebonne a été revitalisé après avoir été pratiquement laissé à l’abandon. Il s’y est développé une vie culturelle très importante pour la ville et pour la région. Ça a amené un achalandage intéressant, avec les commerces et les restaurants. Ça a permis de développer l’Île, le Théâtre du Vieux-Terrebonne (TVT) et l’économie locale en général. Par contre, là où la réalité s’éloigne de notre vision de l’époque, c’est en ce qui a trait au plan architectural, alors qu’on parle surtout d’intégration. On s’affaire à sauver des façades et à mettre n’importe quoi derrière. Je me souviens qu’à l’époque, nous souhaitions rebâtir le Vieux-Terrebonne dans la lignée de la vision du ministère des Affaires culturelles d’alors, et comme cela se faisait en Europe. Nous voulions créer un quartier habité figé dans le temps.

Quel artiste ou spectacle rêvez-vous de voir au TVT?

En fait, je rêve de voir une production non pas au TVT, mais sur l’étang de l’Île-des-Moulins! J’y vois un spectacle à grand déploiement, où la scène serait sur l’eau et les spectateurs, tout autour, sur l’Île ou sur la rue des Braves. Ça fait des années que j’en parle et de temps en temps, je ressors l’idée. Une année, ça a failli se produire. J’avais même trouvé les barges pour la scène. Évidemment, ce sera toujours une question de budget et de sécurité. Je suis par contre convaincu que c’est un spectacle qui pourrait se faire.

Avez-vous des talents d’artiste?

Non, pas vraiment. Outre ma formation en art dramatique et ma passion pour le monde culturel, les seuls talents artistiques ou manuels que j’ai se sont développés par la construction de ma maison et de mon chalet. Peut-être qu’au fond, mon plus grand talent est d’avoir plein d’idées derrière la tête ou d’être un «organisateur». Je ne suis pas une personne qui va se mettre en valeur. J’ai toujours considéré que je faisais partie d’un ensemble. Je n’ai peut-être pas le caractère d’un artiste qui se produit devant une foule, disons.

Selon vous, quelle décennie aura été la plus productive culturellement?

L’époque des chansonniers et les années 60. En fait, ce sont les années où le Québec est sorti de son cocon. Les artistes de ce temps-là ont propulsé le Québec dans le monde culturel international. Au théâtre, après avoir joué les pièces classiques du répertoire, nos auteurs ont commencé à sortir de l’ombre et nous jouions de plus en plus de pièces québécoises originales. C’est comme si la société québécoise se dotait d’une identité culturelle propre. Je crois que ce fut la décennie la plus profitable pour le Québec. Quelles sont vos idoles au cinéma? Au théâtre? En musique?

Je suis surtout du type «musique». Or, ceux qui me connaissent sauront que j’ai suivi de près toute la carrière de Claude Dubois. J’essaie par contre de me diversifier. Outre la musique, mon plus grand intérêt demeure l’architecture et les gens. Par exemple, lorsque je voyage, j’aime aller voir où les gens vivent, découvrir leur culture et leurs bâtiments historiques.

Si vous étiez ministre de la Culture, quelles seraient vos priorités?

Difficile de répondre. Je n’ai malheureusement pas la recette magique. Les gouvernements investissent de l’argent dans la culture et c’est très bien. Cependant, il faudrait que le monde culturel puisse vivre de lui-même. Or, le mandat serait certainement de faire en sorte que les gens retrouvent une fierté de la culture québécoise. Pour ça, nous aurions besoin d’organismes forts. Il faudrait arrêter de construire des salles de spectacles et consolider celles qui sont déjà en place, par exemple. Vous savez, chaque ville a son festival, chaque ville présente des spectacles gratuits. Ça met une pression énorme sur les salles actuelles. Mais je le répète, je n’ai pas de recette magique.

À quel point la notion d’équilibre est-elle essentielle dans votre milieu?

De plusieurs façons. Tout d’abord, bien que le Vieux-Terrebonne et l’Île-des-Moulins soient des lieux touristiques et culturels significatifs, il ne faut jamais oublier, dans l’organisation d’un événement, que c’est un quartier habité. Il faut donc maintenir l’équilibre entre l’offre de lieux, de spectacles et d’événements dans le quartier, et la quiétude de ses habitants. De plus, il faut que tout le monde trouve son compte en culture. Artistes, producteurs ou diffuseurs : un groupe ne doit pas être favorisé au détriment d’un autre. Enfin, avoir de grands créateurs québécois, c’est une nécessité. Par contre, tous les artistes ambitionnent de vivre de leur art. Compte tenu du marché et de toutes les influences qui nous sont projetées, ça peut être difficile d’atteindre ces deux objectifs.

Comment voyez-vous l’avenir de la culture au Québec?

Je ne peux pas dire si le chemin emprunté pour le développement de l’industrie culturelle est le bon. J’avoue qu’à l’occasion, je ne crois pas qu’on va dans la bonne direction. Si on maintient nos équilibres et si nous relevons tous nos défis, je crois que nous créerons une effervescence pour la culture québécoise et que ça aura une répercussion sur l’industrie.

25 mai 2018 Implantologie cell

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