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DIX QUESTIONS À… Stéphane Laforest, chef d’orchestre de la Sinfonia de Lanaudière
C’est en septembre 1994 que Stéphane Laforest a fondé la Sinfonia de Lanaudière, dont il est également le directeur artistique. (Photo : courtoisie)

DIX QUESTIONS À… Stéphane Laforest, chef d’orchestre de la Sinfonia de Lanaudière

Propos recueillis par Pénélope Clermont

Mardi 7 novembre 2017

Quel a été votre premier contact avec la musique?

Il est venu très tôt. Je viens d’une famille de musiciens. Mon grand-père était l’un des plus grands musiciens que j’ai côtoyés. La salle Georges-Codling à Sorel-Tracy a été nommée en son honneur. Ma mère, mon père, mon oncle étaient musiciens. À 4 ans, je présentais mon premier concert de violon, et même avant, on devait me traîner partout en poussette à des spectacles. L’harmonie à Sorel est aussi une histoire de famille. Mon grand-père l’a dirigée, comme ma sœur et moi.

 

Avez-vous déjà songé à faire autre chose que de la musique dans votre vie?

Pendant un an, à 12 ans, j’ai été choisi dans une équipe de hockey AA. J’ai arrêté la musique parce que j’avais trois pratiques par semaine. Mais le destin m’a ramené vers la musique. J’ai reçu la rondelle dans le front. C’était assez grave, ça s’est transporté dans mes poumons et j’ai eu une pneumonie. J’ai dû arrêter de jouer.

 

Jouez-vous d’un autre instrument que le violon?

J’ai joué du violon de 4 à 12 ans et comme je voulais entrer dans l’harmonie, mais qu’on n’y joue pas de violon, j’ai appris la clarinette. J’ai fait toutes mes études à la clarinette. Je voulais jouer dans un orchestre avant de diriger pour bien comprendre ce que ça impliquait, même si j’ai toujours eu l’ambition de devenir chef.

 

Quand avez-vous décidé de troquer votre instrument pour la baguette de direction?

Après avoir joué dans un orchestre professionnel, je suis retourné au conservatoire pour diriger. J’ai obtenu le premier prix en direction d’orchestre à 26 ans. Ça m’a permis d’aller étudier à New York, entre autres. […] Pendant mes études en clarinette, j’avais dirigé l’Orchestre des jeunes du Québec. J’ai aussi eu un «big band» de 16 à 24 ans, puis j’ai pris la place de mon grand-père à l’harmonie senior à Sorel. C’est le plus beau cadeau qu’il m’ait jamais fait parce qu’il aurait pu continuer.

 

Quel a été votre premier poste en tant que chef d’orchestre?

À 30 ans, j’ai dirigé le Thunder Bay Symphony Orchestra. Beaucoup d’orchestres m’ont connu quand j’étais là. Durant la même période, j’ai fondé la Sinfonia de Lanaudière, qui demeure mon orchestre principal, comme l’Orchestre symphonique de Sherbrooke. J’ai aussi dirigé l’Orchestre symphonique de Québec et l’Orchestre symphonique de Montréal, qui a été la cerise sur le «sundae». J’ai fait 40 concerts avec l’OSM. Il n’y a pas beaucoup de chefs qui ont eu cette opportunité.

 

Qu’est-ce qui distingue la Sinfonia de Lanaudière des autres orchestres?

En fondant la Sinfonia, je voulais créer un orchestre de région qui joue plus que 5 à 10 concerts par année. […] En 23 ans d’histoire, on a offert plus de 450 concerts qui ont attiré 450 000 spectateurs dans plus de 40 villes du Québec. Juste l’été passé, on a joué 13 fois et 50 000 personnes sont venues nous voir. On fait de tout, de l’opéra aux concerts symphoniques en passant par des concerts d’orchestres à cordes. On touche au jazz, au pop, au rock et on joue avec des artistes de renom comme des jeunes émergeants.

 

Quelle musique vous plaît, personnellement?

Il y en a beaucoup! J’ai bien aimé l’époque du jazz et des «big bands» avec Glenn Miller, Buddy Rich ou celui du «Tonight Show». Je pouvais me coucher aux petites heures du matin juste pour écouter la musique. J’aime les bonnes choses. C’est comme la bouffe ou le vin! C’est selon l’envie du moment. Quand je veux écouter une bonne violoniste, j’ai ma femme, Élaine Marcil, qui a gagné plusieurs prix.

 

Quel est votre chef d’orchestre préféré?

Mon chef d’orchestre préféré est Mariss Jansons. J’ai étudié avec des chefs qui possèdent un respect des partitions, dont Yoav Talmi, que j’ai connu à Québec. Certains aiment ajouter des [éléments]. Pour moi, ce n’est pas la vraie chose.

 

Quel est votre plus grand défi en tant que chef d’orchestre?

Faire une programmation qui va attirer les gens et qui nous permettra de justifier notre présence et d’obtenir des subventions. On ne pense pas assez souvent à la qualité de vie des musiciens. Je suis choyé, je fais partie du 3 % qui gagne bien sa vie. Je touche à tout, j’ai une carrière bien remplie, mais chaque jour, il faut se battre pour rester en vie. […] Il faut que les diffuseurs engagent les musiciens de leur région. Ils peuvent faire de l’argent avec les humoristes, mais ils doivent investir en nous. Et il n’y a pas de risque, c’est plein chaque fois! Je lance un cri d’alarme parce qu’on a besoin d’eux!

 

Qu’aimeriez-vous accomplir dans les prochaines années?

J’ai deux rêves. J’aimerais que la Sinfonia devienne un orchestre symphonique à temps plein, plutôt qu’un orchestre à cordes, ou de chambre, comme c’est le cas présentement avec 18 musiciens. Le répertoire symphonique est magnifique et immense, et il est plus accessible que celui des orchestres à cordes. On est le seul orchestre de région qui n’est pas symphonique. Mon deuxième rêve est de faire de la Sinfonia un orchestre symphonique avec une spécialité pop et qu’elle soit reconnue comme telle au Québec. On a fondé une série pop et on a donné deux concerts cet été. Ça a été un succès monstre! Mais ça coûte extrêmement cher.

24 novembre 2017 Rive nord bas

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