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Terrebonne, mercredi 16 mai 2012

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L’essentiel de « La Liste » Femme de grand talent, Sylvie Drapeau a le plaisir de renouer pour une troisième année avec son personnage. (Photo : Suzane O’Neill)

L’essentiel de « La Liste »

Pénélope Clermont

Mardi 17 janvier 2012

Lorsqu'une personne que l'on connaît décède, on en vient parfois à se demander si on l'a suffisamment aimée. Si on a fait les choses qu'il fallait au moment où il le fallait. Et si non, pourquoi ne l'a-t-on pas fait? C'est une façon simple de résumer la réflexion à laquelle se soumet le personnage qu'incarne Sylvie Drapeau dans «La Liste», présentée le 3 février au Théâtre du Vieux-Terrebonne.

Dès les premières minutes de la pièce, le personnage en scène se dit responsable de la mort de sa voisine. Par manque de rigueur, par négligence, fait savoir son interprète, Sylvie Drapeau. Parmi les tâches que le personnage note sur ses listes, y en a-t-il une qu'il a omis d'exécuter?

«C'est une pièce très forte, un texte extraordinaire», résume la comédienne, qui renouera pour la troisième fois avec ce personnage qu'elle affectionne particulièrement. «On ne peut pas la juger parce qu'elle est comme nous, très humaine. Elle est sincère et franche. Elle dit les choses telles qu'elles sont et se décrit telle qu'elle est», ajoute-t-elle.

Selon la comédienne, on ne peut pas juger cette femme qui vit de culpabilité, à tort ou à raison. «On a tous connu ce sentiment, et moi aussi. Quand quelqu'un est mort, je me suis demandé si je l'ai assez aimé. C'est la condition humaine», confie la femme de théâtre.

«À quoi est-ce qu'on obéit?»

Outre le thème de la culpabilité, la pièce écrite par Jennifer Tremblay et récipiendaire du Prix du Gouverneur général 2008 en théâtre soulève un aspect intéressant du monde dans lequel on vit. À cet effet, une des questions que s'est posées la metteure en scène, Marie-Thérèse Fortin, durant le processus de création, est : «À quoi est-ce qu'on obéit?».

«Le personnage est obsédé par ses listes. On est tous un peu obsédé, d'ailleurs, par le travail qu'on a à accomplir à un rythme effréné. On peut donc se poser la question : Qui nous dit de faire tout ça? De travailler autant, de faire toujours le ménage dans la maison pour que tout soit parfait et contrôlé?» soulève-t-elle, consciente d'être elle-même prise dans le carcan à l'occasion.

«J'essaie de désobéir aux lois de la société et de mon éducation, répond-elle lorsqu'on lui demande ce qu'elle fait pour en sortir. J'essaie de m'arrêter et de juste "être".»

Nouveau public, nouvelle rencontre

Présentement en tournée européenne avec la pièce «Des Femmes», mise en scène par Wajdi Mouawad, Sylvie Drapeau profite donc de ses journées pour se réapproprier le texte de «La Liste», et c'est avec plaisir qu'elle se retrouvera sur les planches du Théâtre du Vieux-Terrebonne le 3 février, deux ans après sa première présentation au Théâtre d'Aujourd'hui.

«J'adore jouer longtemps, lance-t-elle avec enthousiasme. On peut plus approfondir et découvrir plein de choses à travers les spectateurs. C'est magnifique. Ça donne une richesse au texte et au corps.»

En effet, grâce aux spectateurs, Sylvie Drapeau ne se sent jamais seule sur scène, même dans cette pièce où elle est l'unique comédienne. «Il (le public) est tellement attentif. Il est comme un partenaire, je ne suis pas toute seule. Il commente, il me donne des ailes. Et je l'écoute parce qu'il est toujours nouveau, je ne le connais pas. Ce sont de belles rencontres», témoigne l'artiste.

«La Liste» entamera une tournée de deux mois à travers tout le Canada, en commençant par Terrebonne le 3 février à 20 h 30. Pour l'histoire touchante de cette femme qui se dit responsable de la mort de sa voisine, réservez vos billets au 450 492-4777 ou au www.theatreduvieuxterrebonne.com.

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Lise Viau
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