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Le jardinier de la musique
Reconnu pour sa voix planante et singulière, Tire le Coyote fait aussi sa marque par des textes bien ancrés dans le réel, parsemés de métaphores.

Le jardinier de la musique

Pénélope Clermont

Mardi 13 février 2018

Présenté comme «la nouvelle voix folk du Québec», Tire le Coyote (ou Benoit Pinette) n’en est pourtant pas à ses premiers vagissements en musique. En septembre 2017, il sortait son 4e album complet, Désherbage. Une voix planante sur des textes aussi puissants que sensibles.

Avec cette dernière création, l’auteur-compositeur-interprète souhaitait désherber son propre être, son âme. «Dans la vingtaine, tu as l’impression que tes problèmes vont disparaître, alors que finalement, tu te rends compte que ce sont peut-être plus des patterns que tu traînes depuis longtemps et que tu auras besoin de désherber pour t’en sortir. Je ne suis pas un grand jardinier, mais il faut être vigilant avec la mauvaise herbe parce qu’elle finit par repousser», illustre-t-il avec sagesse.

L’exercice auquel il s’est prêté sans retenue a fait ressortir certaines thématiques en cours de création, aux dires du principal intéressé. «Il y a beaucoup de références à l’enfance. C’est venu avec le côté introspectif de la chose. Ce 4e album est une espèce de bilan aussi qui va avec l’âge où je suis rendu», reconnaît l’artiste qui s’était imposé un nouveau processus d’écriture pour cet opus, un processus qui a sans doute favorisé l’introspection nécessaire, d’ailleurs.

Habitué d’écrire «un peu tout le temps», il s’est cette fois soumis à une période d’écriture durant laquelle il n’a rien fait d’autre. «À la fin de la dernière tournée, je n’avais pas de compo. Ça a créé une grande pression, ce que je n’aime pas beaucoup», soulève-t-il en riant. Malgré tout, le fait de se consacrer uniquement à l’écriture lui a permis d’entrer plus en profondeur dans certaines émotions, incitant un réel labeur de désherbage.

La jonction de deux cultures

Reconnu pour sa voix planante et singulière, Tire le Coyote fait aussi sa marque par des textes bien ancrés dans le réel, parsemés de métaphores. Pas étonnant que ce soit les mots qui l’aient mené à la musique. «Il y a un côté lyrique et littéraire dans certaines phrases, mais je ne veux pas perdre l’esprit québécois de la chose. Je préfère utiliser des phrases qu’on entend plus qu’on lit, explique-t-il. J’aime mélanger les deux. J’aime les phrases bien construites, mais j’aime aussi les particularités de la langue québécoise, et il y a aussi des anglicismes qui se glissent là-dedans.»

À ses mots s’ajoute sa voix aigüe qu’on entend plus souvent du côté anglophone étant donné le caractère plus mélodique de cette langue. Sa voix nous rappelle les influences de l’artiste, dont Radiohead. Mais jamais il ne lui est venu à l’idée de chanter en anglais. «Ça m’énerve un peu, ça», note-t-il spontanément. «Il faut être conséquent avec sa culture et ses origines pour être totalement authentique et transparent. J’aurais le sentiment de sonner faux en anglais», ajoute l’homme qui parvient bien à transmettre son amour de la langue française, comme ses influences musicales anglophones.

Jouer avec les dynamiques

Toute cette démarche se transpose sur scène, à travers un spectacle qui sera présenté au Théâtre du Vieux-Terrebonne le 1er mars. L’auteur-compositeur sera accompagné de quatre musiciens. «On joue beaucoup avec les dynamiques des chansons. Il y a en a qui sont plus appuyées et rock que sur l’album et d’autres ont un côté plus intimiste. On joue débranché avec la guitare acoustique dans la tradition folk la plus pure. Il y a du piano-voix aussi. Jouer avec les dynamiques, c’est quelque chose que j’aime beaucoup», conclut-il.

Pour assister au spectacle Désherbage de Tire le Coyote qui sera présenté au Théâtre du Vieux-Terrebonne, le 1er mars à 20 h, procurez-vous des billets au www.theatreduvieuxterrebonne.com ou au 450 492-4777.

10 janvier 2018 - Brisson (cellulaire)

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