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QUE SONT-ILS DEVENUS? La chanson, cette seule raison d’être
Le chanteur italien lors d’un récent passage en Floride, où il a présenté un spectacle devant un public québécois. (Photo : courtoisie)

QUE SONT-ILS DEVENUS? La chanson, cette seule raison d’être

Pénélope Clermont

Mardi 10 juillet 2018

Cela fait deux ans que Tony Massarelli n’a pas porté un tablier dans une cuisine. L’ancien propriétaire du Restaurant Tony Massarelli, puis de la Casa Massarelli, à Terrebonne, admet ne pas s’ennuyer particulièrement du monde de la restauration, dans lequel il a baigné pendant une très grande partie de sa vie. Ce qui lui manque, c’est la chanson. «Pour moi, ça a toujours été la chose principale», évoque-t-il.

C’est à Bonefro, en Italie, qu’Antonio Massarelli a été bercé par la musique dès son plus jeune âge. Il a déjà plusieurs performances vocales à son actif lorsqu’il arrive à Montréal, en 1961, et remporte le concours télévisé «Première chance». «Avec Ginette Reno et Serge Laprade, on se promenait dans les restos et les clubs pour se faire connaître», se souvient-il avec le sourire de cette époque.

Cumulant les succès, comme «Aimer et mentir», «Ce soir je pleure» et «Bambina, bambina», sans oublier les voitures, dont une Maserati, le chanteur de charme avait tout pour atteindre les plus hauts sommets, mais en 1973, père de deux jeunes enfants, l’homme qui passe d’une tournée à l’autre entend l’appel familial et se retire des feux de la rampe.

«Pas mauvais en affaires», reconnaît-il, il ouvre un magasin de céramique. En voyage en Italie pour y dénicher des exclusivités, il se fait appeler par un ancien collaborateur, qui avait fait entendre ses chansons à CBS Records, en France. «Il me parlait comme si on venait de gagner le gros lot et me dit qu’ils veulent me rencontrer», raconte-t-il. Il se rend donc sur place. «Après le repas, le patron de CBS me reconduit à la porte et il me dit que de grands "posters" de moi, il pourrait en mettre dans toute l’Europe!» s’exclame le principal intéressé, qui n’aura finalement jamais donné suite à cette offre alléchante, respectant sa promesse de rester auprès de sa famille.

C’est non sans émotion que Tony Massarelli, dans sa résidence de Mascouche, revient sur ce rendez-vous manqué.

Le restaurateur chanteur

Mettant de côté la céramique, il ouvre son premier restaurant, une pizzeria, en 1985. «D’habitude, quand tu arrêtes pendant 4 ou 5 ans, le monde ne se souvient plus de toi», dévoile celui à qui, à sa grande surprise, on a demandé d’interpréter ses succès dans sa salle à manger.

C’est ainsi que l’artiste a renoué avec la chanson. La formule souper-spectacle l’a d’ailleurs suivi dans tous les restaurants qu’il a possédés, que ce soit à Montréal, à Laval ou à Terrebonne.

À 75 ans, il affirme qu’aucun retour dans le domaine n’est envisagé. «Si je m’écoutais, je dirais oui, mais il faut être logique. Je n’ai plus envie de chanter jusqu’à 1 h ou 2 h du matin comme mon style de restaurant l’impose. On n’est plus capables», admet-il en parlant de lui et de sa conjointe des 25 dernières années, qui l’a toujours épaulé.

Le bonheur malgré la nostalgie

Bien qu’on ne le retrouve plus dans une cuisine, à part celle de son domicile, le Mascouchois chante encore, participant à des tournées avec d’autres artistes. Le feu lui brille dans les yeux lorsqu’il se remémore le spectacle qu’il a offert au Colisée de Québec, en 2012, avec «Le retour de nos idoles», devant plus de 10 000 personnes. Puis, son visage se couvre de mélancolie. «C’est comme si j’avais manqué un train», souffle-t-il pour expliquer son sentiment.

Visiblement habité par le regret d’une carrière qu’il a rêvée, mais à laquelle il ne s’est jamais entièrement consacré, le chanteur ne se dit pas malheureux pour autant, si ce n’est de la nostalgie qui teinte sa voix à certains moments durant l’entrevue. «Je suis content du chemin que j’ai pris. Ça aurait pu être pire, je me suis débrouillé pareil et j’ai une belle vie.»

Tony Massarelli n’a peut-être pas été l’idole qu’il aurait souhaité être, mais il est devenu l’homme qu’il a choisi d’être.

31 dec 2017-2018 Lise Viau cell

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