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QUE SONT-ILS DEVENUS: Le corps humain comme toile de fond
C’est surtout à travers l’art du tatouage que Yanick Sasseville exprime son talent. (Photo du tatouage : Amélie Marcoux)

QUE SONT-ILS DEVENUS: Le corps humain comme toile de fond

Pénélope Clermont

Mardi 28 novembre 2017

Dans les années 2000, on parlait du Mascouchois Yanick Sasseville pour son travail en arts visuels, qu’il présentait dans des centres d’art ou des musées, ici comme ailleurs. C’est aujourd’hui en tant que tatoueur qu’il laisse jaillir son talent, porté sensiblement par la même vision.

L’art du tatouage n’est pas arrivé récemment dans la vie de Yanick Sasseville. Disons que c’est le contexte social combiné aux hasards de la vie qui l’a mené sur cette voie. «À la fin des années 90, j’en avais fait un peu, mais ça n’avait pas cliqué», se souvient-il, précisant que cet art n’avait pas la même portée à l’époque.

«Je n’avais pas trouvé quelqu’un capable de me pousser et de me permettre de me découvrir en tant qu’artiste. Les magazines étaient mon seul contact avec l’extérieur de mon patelin. C’était une source de frustration pour moi de voir un potentiel [impossible à développer]. Il n’y avait pas non plus de clientèle pour m’aider à aller plus loin», mentionnera-t-il plus tard au cours de l’entrevue.

Deux artistes importants

C’est donc ainsi qu’il avait décidé de poursuivre une carrière en arts visuels, combinant installations, design et graphisme. «J’ai été chanceux. Marc Lincourt était encore à Terrebonne. Il m’a tellement "challengé", au point de le haïr. Il me faisait me poser des questions chaque fois que je le voyais, relate-t-il avec le sourire. J’avais aussi été voir Tex Lecor à son atelier. Ce qu’on faisait n’avait pas rapport, mais il avait un bagage que j’ai pu récupérer.»

«Sans nécessairement m’en rendre compte, ces deux artistes ont été importants dans ma carrière, ajoute le Mascouchois devenu Montréalais depuis plusieurs années déjà. Quand tu es attentif à ce qui se passe autour, il y a toujours quelque chose pour te pousser et t’aider à aligner ton tir. Si l’impact n’est pas immédiat, il le sera à plus long terme.»

Une façon d’atteindre les gens

Sans avoir mis une croix sur les arts visuels, il admet qu’il y consacre moins de temps, le nombre d’artistes étant de plus en plus nombreux pour se partager une tarte qui possède de moins en moins de pointes, illustre-t-il : «Il y a plus d’artistes que le marché peut en soutenir. Ça m’a fait me questionner : est-ce la meilleure façon d’aller vers les gens?»

Cette question l’a tranquillement fait glisser vers le tatouage. «J’ai toujours vu ce que je faisais comme un moyen de communication», dévoile-t-il. Or, si personne n’est présent dans les musées pour admirer son travail, à quoi bon?

À peu près à la même période, il a rencontré le propriétaire du précédent studio où il a travaillé cinq ans. Les deux ignoraient tout de l’autre. Puis un lien s’est créé. «J’ai eu la chance de passer entre les craques», fait savoir Yanick qui, au contact de l’homme et à force de persévérance, a pu développer son art.

Retour aux sources surréalistes

Depuis quelques semaines, il pratique son art au studio Ink Your Soul, à Montréal. Si le médium a changé, son style est sensiblement resté le même, reconnaît-il. «Je suis revenu à mes premières amours, plus surréalistes, mais très graphiques», évoque-t-il en notant qu’il est toujours difficile de mettre des mots pour décrire un style artistique. «Une image vaut mille mots», cite-t-il pour expliquer son hésitation.

«Je suis déménagé l’an dernier et j’ai retrouvé des toiles que j’avais faites au milieu des années 90. Je les avais oubliées. Ce que je fais ressemble beaucoup à ce que je faisais à l’époque. Mon langage visuel est revenu aux sources», poursuit-il.

Intégrer sa vision

C’est cette touche personnelle qu’il aime apporter aux tatouages de ses clients, préférant travailler à partir d’une page blanche. «J’aime qu’ils m’apportent des photos et qu’ils me disent ce qu’ils veulent exprimer avec leur tatouage, plutôt qu’ils me montrent une photo d’un tatouage qu’ils ont vu, souligne-t-il. Il y a aussi moins de "clash" entre le style du tatouage qu’ils me montrent et le mien. Les esprits sont plus ouverts.»

Évidemment, l’artiste est conscient qu’il possède la responsabilité d’une œuvre permanente sur le corps d’un inconnu. «Sur une toile, tu as toujours une deuxième ou troisième chance. Si tu n’aimes pas quelque chose sur quelqu’un, c’est plus gênant», soulève-t-il à la blague.

C’est pour cette raison qu’il prendra toujours le temps de créer une relation transparente et honnête avec ses clients, leur suggérant même d’aller vers d’autres artistes s’il voit qu’il ne peut créer une pièce correspondant aux attentes. «Je n’ai aucune honte de ça. Tout le monde en sort gagnant et des fois, ils reviennent me voir pour d’autres projets», conclut celui dont le travail peut être vu au www.sassevilletattoo.com ou sur Instagram : @sasseville_artist.

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