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QUE SONT-ILS DEVENUS? Entretien avec un marchand de bonheur
Le sourire, le bonheur et le positif, c’est ancré en Conrad Therrien depuis toujours. (Photo : courtoisie)

QUE SONT-ILS DEVENUS? Entretien avec un marchand de bonheur

Gilles Fontaine

Mardi 12 décembre 2017

L’artiste peintre de Terrebonne Conrad Therrien est un marchand de bonheur. Malgré les durs coups – des étapes qui font grandir, comme il aime dire –, il a toujours conservé sa joie de vivre et son sourire.

Nous l’avons rencontré à son atelier. Il nous reçoit avec le sourire, un sourire qui ne disparaîtra jamais. Nous avons beaucoup parlé et passé du coq à l’âne. Cependant, il y avait un long fil conducteur puissant lors de l’entrevue : le bonheur, la joie de vivre.

Une éducation avec le sourire

Originaire de Terrebonne, Conrad a passé une bonne partie de sa jeunesse à Montréal, sur la rue Clark, entre Gouin et Kelly (ancien nom de la rue Henri-Bourassa). Huitième enfant de la famille, il a été élevé davantage dans la pauvreté que le contraire. «On n’était pas riche, à la maison, mais mes parents ont toujours été des modèles en nous élevant avec le sourire. Ils voyaient du positif dans tout», raconte-t-il.

Outre le sourire et le bonheur, ses parents ont toujours insisté pour qu’il ne regarde jamais les gens de haut. «Mon père nous répétait : "Ceux qui regardent en l’air marchent dans la merde."» Probablement qu’en raison de cette éducation, il n’aime pas les projecteurs et est plutôt discret. «Ma mère m’a déjà dit : "Ce n’est pas parce que tu fais des barbeaux que tu dois être hautain." C’était une façon de m’expliquer que malgré les bravos et les honneurs, il faut garder les pieds sur terre.» D’ailleurs, pendant un temps, il s’est fait affectueusement appeler le «barbouilleux» à cause de cette anecdote. «Moi, ça m’a toujours fait rire et ce sont des choses que j’aime, l’humour et l’autodérision.»

La piqûre provoquée

Lorsqu’il était aux études en arts, il se souvient d’un moment où il devait présenter son travail dans un portfolio. Sa mère, qui avait découvert les œuvres, des nus, avait décidé de les jeter. Il a donc dû refaire certains dessins en un temps record et dans un grand stress. «Et c’est à ce moment-là que j’ai eu la piqûre. J’ai alors compris qu’il y avait un réel lien entre le cerveau et la main, que je n’étais qu’un médium, alors j’ai décidé de travailler le cerveau. J’avais retrouvé le "p’tit cul" en moi, celui avec un grand trac.» Un trac qu’il porte encore aujourd’hui, une façon de demeurer constamment sur le qui-vive et dans le moment présent.

L’amour de l’enseignement

Depuis 1970, Conrad Therrien enseigne et ses yeux s’illuminent lorsqu’il en parle. «Mon grand bonheur est de voir la création se produire dans le plaisir. Moi, je "tripe" à faire grandir les autres.» Sa façon de faire : le renforcement positif. «J’aime voir un cheminement. Le résultat (la toile) m’importe peu. Ce qui m’intéresse, c’est le trajet que l’étudiant a pris, son développement et surtout, les yeux qui s’illuminent. Et il y a toujours quelque chose de beau à regarder. La technique, beaucoup d’artistes peuvent l’enseigner, mais la créativité, non. Comment faire un sapin, c’est simple. Ou reproduire une photo, c’est banal. La perfection peut étonner, mais la suggestion du créateur impressionne et surtout, elle peut émouvoir.» C’est sa façon de penser et d’enseigner. Et cette façon lui a donné l’occasion de recevoir de futurs enseignants (en arts et en arts plastiques) en stage et parfois dans ses cours.

Conrad Therrien ne voulait pas parler de ses malheurs. «Tout le monde en a et je n’ai rien d’exceptionnel. Mon père chantait quand ça allait mal.» Il ne veut surtout pas faire pleurer. Il confie être dans un cocon de créativité. Depuis trois ans, il se rend dans Charlevoix. Il est dans le dialogue. «Dans Charlevoix, j’ai l’habitude d’aller sur le bord de l’eau et d’écouter les dialogues naturels.» Il entend les murmures entre une roche qui ne bouge jamais et une marée qui la caresse. Il vient de terminer sa session d’enseignement jusqu’en janvier. «Maintenant, je vais prendre un peu de temps pour mon travail, à mon rythme et dans le bonheur, comme toujours.»

31 dec 2017-2018 Lise Viau cell

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