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10 QUESTIONS À… Véronique Grenier, sommelière
La sommelière Véronique Grenier admet avoir de la difficulté à choisir son accord mets-vin préféré, tellement il y a de possibilités. «Évidemment, une bonne viande avec un vin corsé, ou encore un bon plat de pâtes italiennes avec un vin italien, c’est toujours gagnant!»

10 QUESTIONS À… Véronique Grenier, sommelière

Propos recueillis par Véronick Talbot

Mardi 17 octobre 2017

Quelle a été votre réaction lorsque vous avez goûté à du vin pour la première fois?

Ce fut une découverte, mais pas immédiatement une révélation (rire)! Mes parents achetaient du vin moyen et il s’agissait donc d’un vin d’entrée de gamme. La révélation est venue pour la première fois lorsque j’ai goûté à un bon vin du terroir, non commercial et typique de l’endroit où il a été produit.

 

Quand avez-vous su que vous souhaitiez faire carrière dans ce milieu?

J’appréciais l’art de la dégustation, j’avais déjà quelques connaissances et j’avais un goût approfondi pour le vin qui se développait de plus en plus. Puis, j’ai goûté à ce sublime vin du terroir de la région du Priorat, en Espagne… Ça a été une illumination! Je suis une personne qui aime le vin, la vie et les gens, et je me suis alors dit : pourquoi ne pas me lancer dans ce domaine? Au départ, ma timidité aurait pu être un frein, mais je m’en suis plutôt servi comme d’un moteur et au fil du temps, d’une conférence à l’autre, j’ai pris confiance en moi et ça n’a jamais cessé de s’améliorer.

 

Qu’est-ce qui fait la différence entre un bon et un moins bon sommelier?

Parce qu’on ressent et on vit le vin chacun à sa façon, on est tous différents. Je trouve toutefois déplorable qu’un sommelier s’arrête à ses goûts et à ses connaissances, plutôt que de s’ouvrir aux autres et de prendre connaissance de leurs goûts. Je crois qu’il est essentiel de se mettre dans la peau des gens pour bien comprendre ce qu’ils aiment et où ils sont rendus dans leur cheminement, afin de leur faire découvrir des produits qu’ils aimeront et de leur faire explorer de nouvelles voies.

Y a-t-il des plats plus difficiles à accorder avec du vin?

Je crois que tout peut s’accorder avec du vin. Seulement, il arrive qu’on mette le plat plus en avantage, ou vice versa. Mais à la base, je suis d’avis que la première raison de faire un accord mets-vin est de se faire plaisir. Parfois, je crois donc que même si ce vin qu’on aime n’est pas parfaitement en accord avec ce plat qu’on a envie de manger, il faut se laisser aller parce que ça nous rend heureux. Et si ça nous rend heureux, c’est un accord réussi!

 

Combien de vins avez-vous dégustés au cours de votre carrière?

J’en ai dégusté par milliers et je ne me tanne pas (rire)! Chaque fois, c’est une expérience différente, que ce soit dans un salon de vins, une dégustation fermée ou une dégustation verticale, que j’aime beaucoup. En effet, ce type de dégustation permet de goûter aux mêmes vins d’une même maison, mais qui ont plusieurs années de différence. On peut ainsi ressentir tout l’impact du millésime sur la structure finale d’un vin, qui peut être plus léger ou corsé, par exemple, et donc plus intéressant ou à l’inverse, moins intéressant.

 

Fait-on de bons produits au Québec?

Absolument! On est très certainement spécialisés dans les produits de la pomme. On fait aussi de très bons blancs, des rosés intéressants et des bulles qui méritent une attention particulière. C’est toutefois plus difficile avec le rouge en raison de notre climat très nordique. C’est plus compliqué d’avoir la maturité nécessaire pour aller chercher tout le sucre dans le raisin, le transformer en alcool et avoir des arômes intéressants. Certains arrivent à se démarquer, mais c’est très ardu.

 

À quel endroit produit-on le meilleur vin au monde et pourquoi?

Je considère que chaque région, chaque appellation mérite un respect, bien que j’aie une appréciation particulière pour la Vallée du Rhône, la Bourgogne et l’Italie, pour la Toscane et Piémont, un endroit aussi très intéressant. Par contre, j’ai beaucoup de difficulté avec les producteurs qui dénaturent le vin, qui trichent dans l’élaboration du produit en multipliant les interventions humaines pour le modifier et le vendre à un prix trop élevé. Je respecte moins ces vins trop modifiés et trop chers qui bernent les consommateurs.

 

Quel est le plus grand mythe qu’entretiennent les gens par rapport au vin?

Heureusement, c’est un milieu de plus en plus démocratisé, mais je dirais que le plus grand mythe que les gens entretiennent, c’est de croire qu’ils ne connaissent rien au vin, et que ça ne sert donc à rien de mieux le comprendre et d’aller dans des dégustations. C’est pour cette raison que dans mes ateliers et conférences, j’opte pour une approche dynamique et interactive pour que les gens se sentent à l’aise de poser des questions. Pour moi, le vin, c’est très sensoriel et il n’y a donc aucune vérité absolue. C’est accessible à tous. 

 

Lorsqu’on demande aux gens ce qu’ils font pour décrocher, ils nous répondent souvent qu’ils aiment prendre un bon verre de vin avec des amis. Dans votre cas, est-ce différent, étant donné votre travail?

C’est certain que j’ai une déformation professionnelle (rire)! J’aime beaucoup recevoir à la maison, je suis une passionnée de cuisine qui aime découvrir et explorer. Je suis aussi une personne très sportive. L’été, je fais beaucoup de vélo de route, de la course à pied et du yoga, et l’hiver, j’apprécie le ski de fond. À mes yeux, une journée idéale commence donc par une activité que j’aime, se poursuit à l’épicerie pour concocter un grand repas avec un bon verre de vin, et se termine dans la piscine en été et devant le foyer en hiver. Tout ça avec les enfants, bien sûr!

 

En terminant, quel est votre plus grand rêve?

Présentement, mon choix de vie n’est pas loin de ce que je considère comme une vie de rêve. Je pourrais peut-être souhaiter avoir une carrière plus stable, mais sinon, au quotidien, le fait de prendre les bonnes décisions, de les assumer et d’être ancrée dans le moment présent me rend heureuse.

24 novembre 2017 Rive nord bas

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