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Où s’en va-t-on ?

Mardi 29 mars 2005

Alors que tout le monde attendait les études d’achalandage validant la nécessité d’implanter le train de banlieue à Mascouche, le président de l’Agence métropolitaine des Transports (AMT), Joël Gauthier, a plutôt présenté un projet alternatif, dont l’essentiel consiste en la construction d’un nouveau lien ferroviaire entre Mascouche, Terrebonne et Charlemagne dans l’emprise de l’autoroute 640 (voir la carte) afin d’aller rejoindre la ligne du train de banlieue de L’Assomption-Repentigny.

Éric Ladouceur

Deux trains

C’est le député de Masson, Luc Thériault, qui, le 23 mars, après avoir assisté à la présentation de M. Gauthier devant les membres de la Commission des transports du Québec, a dénoncé cette nouvelle alternative qui pourrait sonner le glas du train de banlieue de Mascouche. «Je suis très heureux pour les gens de L’Assomption, Le Gardeur, Charlemagne et Repentigny, mais moi, je travaille pour les deux trains. Il n’a jamais été question de sacrifier le train de Mascouche pour celui de Repentigny. D’autant plus que tout ça a été fait sans que personne ne soit consulté. Où l’AMT a pris l’argent pour faire étudier cette nouvelle alternative?

Pourquoi Joël Gauthier n’a pas donné de détails sur le projet de train de banlieue entre Mascouche et la station Concorde du nouveau métro de Laval? Et pourquoi il n’a parlé de ça à personne?» questionne M. Thériault, qui invite le président de l’AMT à venir s’expliquer devant les membres des Chambres de commerce de Mascouche et Terrebonne.

Situation urgente

Maire de Mascouche et président de la CRÉ de Lanaudière, Richard Marcotte est d’avis que la situation est maintenant rendue à un état d’urgence pour les citoyens de Mascouche, de Terrebonne et de Laval. «Nous sommes maintenant dans une situation d’urgence, soit celle de réparer une iniquité avec l’implantation du train de banlieue. Il est fini, le temps des études et des débats. Il y a un consensus au sein de la population et au sein de la CRÉ de Lanaudière, et l’AMT doit répondre à ce consensus. Il est maintenant temps de se concentrer sur l’implantation du train entre Mascouche et le métro Concorde, et ce, le plus rapidement possible», a indiqué le maire Marcotte, qui, lui non plus, n’a jamais été mis au courant de l’initiative de l’AMT.

Surprise et scepticisme

Mis au courant de cette nouvelle alternative par le député Thériault, le maire de Terrebonne et préfet de la MRC Les Moulins, Jean-Marc Robitaille, s’est déclaré à la fois surpris et très sceptique. «C’est difficile de me prononcer sur un projet dont je n’ai jamais entendu parler. À première vue, il semble que certains essaient de planifier par-dessus nos têtes alors que c’est nous qui sommes responsables. Avant de présenter ça à la Commission des transports et de parler aux journalistes, ils auraient pu nous en parler», affirme le maire Robitaille.

Comme la plupart des personnes interrogées sur la question, ce dernier ne croit pas que la construction de ce nouveau lien ferroviaire sera prête pour 2007 comme le planifie l’AMT. «S’ils veulent construire le rail sur des terres agricoles, près de quartiers résidentiels et d’un hôpital, ils devront exproprier et recevoir l’aval du Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) et de la Commission de protection des terres agricoles du Québec (CPTAQ). Ça risque de prendre beaucoup de temps. En fait, avec ce que je sais de ce projet, je pense qu’on essaie plutôt de noyer le poisson dans l’eau afin de prioriser le train de Repentigny», indique le M. Robitaille.

Plus rapide selon l’AMT

Paradoxalement, du côté de l’AMT, on explique que ce projet alternatif a été développé pour accélérer l’accès à un train de banlieue pour les Mascouchois et les Terrebonniens. «Ce projet pourrait être mis en service en même temps que le train de banlieue de Repentigny, en 2007. Compte tenu des importants travaux de réfection à effectuer sur la voie ferrée du CP pour le train de banlieue de Mascouche, il serait impossible de le mettre en service pour 2007. De plus, la nouvelle voie ferrée permettrait aux gens de Mascouche et de Terrebonne d’avoir accès à cinq départs le matin et à cinq départs le soir, contrairement aux trois prévus avec le train de Mascouche. L’autre avantage se situe au niveau du temps de transport, qui serait diminué de 10 % (56 minutes au lieu de 64) et en ce qui concerne les coûts d’exploitation pour les Villes, qui seront beaucoup moindres», explique Manon Goudreault, porte-parole de l’AMT.

Aucune économie

Au chapitre des coûts d’implantation, l’AMT n’économise rien en favorisant cette alternative. «Les deux projets, que ce soit l’implantation des deux trains (Repentigny et Mascouche) ou l’implantation du train de Repentigny avec la construction d’un lien ferroviaire sur l’emprise de la 640, coûteront le même prix, soit 154 M$ au total», confirme Mme Goudreault, qui tient à préciser que le train de banlieue de Mascouche n’a pas pour autant été abandonné.

Cependant, plusieurs questions demeurent. Qu’en est-il de l’étude d’achalandage que l’ancien ministre responsable de la région des Laurentides et de Lanaudière, Jacques P. Dupuis (remplacé par Thomas J. Mulcair), disait attendre avant d’aller défendre le train de banlieue de Mascouche au conseil des ministres? Pourquoi ce projet alternatif alors que tout le monde, incluant le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, s’était récemment entendu sur un cadre de financement institutionnel du transport en commun pour les 15 prochaines années? Est-ce une façon polie (ballon politique) pour signifier aux citoyens de Mascouche et de Terrebonne qu’ils devront finalement prendre leur auto pour se rendre jusqu'au stationnement incitatif de Charlemagne? Autant de questions que MM. Robitaille et Thériault veulent poser au président de l’AMT.

24 novembre 2017 Rive nord cell

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