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Terrebonne, samedi 31 juillet 2010

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Espèce locale en voie d’extinction et milieu humide menacé

Mercredi 1 août 2007

LA VILLE DE TERREBONNE SE DÉFEND

Des documents obtenus par le Comité environnement Les Moulins (CEM) le 13 juillet du ministère de l’Environnement et de celui des Ressources naturelles et de la Faune confirment que la destruction des tourbières de Terrebonne entraînerait une dégradation de la qualité de l’eau de la rivière des Mille-Îles. Le chevalier cuivré, poisson considéré comme l’espèce animale la plus menacée au Québec et vivant entre autres dans ce cours d’eau, serait en danger.

Simon Dessureault

"Les menaces qui pèsent sur le chevalier cuivré sont nombreuses, indique Laurent Lévesque, vice-président du CEM. Ce poisson est très vulnérable à la baisse de la qualité de l’eau et de la sédimentation (dépôt naturel laissé par les eaux courantes et le vent) de ses habitats, engendrant chez lui de lourds problèmes de reproduction."

Les documents des ministères recueillis par le CEM, "Conservation des milieux humides et des écosystèmes des terrains de la Défense nationale à Terrebonne" et "Enjeux environnementaux et fauniques de la propriété fédérale excédentaire de Terrebonne",prouvent aussi que les habitats du chevalier cuivré seraient influencés positivement par les vastes milieux humides, comme les tourbières de Terrebonne, des marais et marécages absorbant le gaz à effet de serre.

La Cité industrielle

Par ailleurs, la Ville de Terrebonne souhaite développer sa Cité industrielle sur une fraction du terrain (660 hectares) des tourbières de la municipalité. Elles appartiennent à la Défense nationale, qui a cédé une autre partie du terrain (17 hectares) à trois ministères québécois (Développement durable et des Parcs, Ressources naturelles et Transports) il y a quelques semaines pour la construction d’un échangeur autoroutier.

Selon la Ville, d’ici deux ans, c’est la Société immobilière du Canada limitée (SCIL) qui deviendra propriétaire du restant des 660 hectares. Elle négocie présentement avec la SCIL pour l’éclosion de cette Cité.

Dans son plan de construction, la Ville dit avoir un projet écologique prévoyant conserver 50 % des milieux humides. "La population de Terrebonne nous demande un bon équilibre entre le développement et la protection de l’environnement, a déclaré Jean-Marc Robitaille, maire de Terrebonne. C’est ce que nous allons faire avec la Cité industrielle. La moitié du terrain sera consacré au développement et l’autre 50 % sera protégé et mis en valeur."

Questionné sur les espèces menacées, le maire répond que "c’est Environnement Canada qui va décider, c’est eux qui ont juridiction sur ce qui va être protégé ou pas".

Selon Serge Gagnier, trésorier du CEM et vulgarisateur scientifique, avec la destruction de la moitié de la tourbière, l’autre éprouverait des difficultés, car tout le système est interdépendant. "Il est important de savoir qu’en dénaturant de tels milieux humides, on en rajoute directement au cœur du problème, affirme-t-il. De plus, ça met en péril la survie de certaines espèces."

Selon Environnement Canada, les terres humides jouent un rôle qu’aucun autre écosystème ne peut remplir. Elles oxygènent le milieu et lorsque l’eau passe au travers, les plantes retiennent les nutriments en excès ainsi que les polluants.

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