Terrebonne, samedi 31 juillet 2010
Mercredi 13 juin 2007
Les membres du Comité environnement Les Moulins (CEM) ont déposé un mémoire lors de la séance du conseil de la Ville de Terrebonne le 11 juin. Ils s’opposent au projet de construction de l’échangeur de l’autoroute 640 qui, selon eux, bouleversera un des plus grands milieux humides du Québec. Toutefois, les écologistes ont été refroidis par l’accueil du maire.
Karine Cousineau
Selon le CEM, les terres humides de la Défense nationale où sera construit le futur échangeur recèlent des tourbières, des marais et des marécages qui contribuent à l’équilibre des ressources, que ce soit la faune, la flore, l’eau, l’air ou le sol. "D’une superficie équivalente à 632 terrains de football, soit 316 hectares, les milieux humides qu’on y trouve contribuent grandement au maintien de notre qualité de vie. En effet, les tourbières représentent à elles seules l’écosystème le plus efficace pour lutter contre les gaz à effet de serre", soutient Laurent Lévesque, vice-président du CEM.
"Notons que la grande valeur écologique de ces milieux humides fait l’objet d’un consensus auprès des divers intervenants de la promotion du développement durable du Québec", ajoute-t-il.
Depuis près de sept ans, l’administration municipale de Terrebonne projette d’y construire une vaste cité industrielle. Les terrains appartiennent présentement à la Défense nationale, qui a accepté de céder une partie du terrain il y a quelques semaines. Trois ministères québécois se sont entendus avec la Ville de Terrebonne pour la construction de l’échangeur. "Tout le milieu va souffrir de cette implantation-là", prétend M. Lévesque.
"La dégradation de ces milieux aurait de graves conséquences sur le plan environnemental, dont d’abord la perte des habitats de la faune et de la flore", affirme Martin Lapointe, secrétaire du CEM.
Le CEM demande donc à ce que les terres de la Défense nationale soit classées comme une aire protégée.
Un accueil mitigé
Pour la Ville, l’échangeur est nécessaire afin d’assurer la fluidité des déplacements du secteur, puisque des projets domiciliaires et un golf de calibre international seront implantés au sud de l’autoroute.
Toutefois, le maire, Jean-Marc Robitaille, s’est montré peu accueillant envers ces nouveaux venus. "Ces gens disent qu’ils veulent travailler avec nous, mais ils commencent tout de suite en nous prêtant de la mauvaise foi. Il n’y a pas de dialogue possible si on nous condamne d’avance. Ils se servent de l’assemblée publique comme d’une tribune pour donner un spectacle. Je ne laisserai pas 20 personnes prendre en otage une population de 100 000 habitants", a affirmé le maire.
"On trouve inacceptable l’attitude du maire et du conseil municipal de Terrebonne. Nous venions déposer le mémoire et il a refusé d’entendre les représentants du comité. Il a nié à cinq reprises la présence de tourbières", indique M. Lévesque.
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