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L’annonce d’un automne chaud à Ottawa

Mardi 6 septembre 2005

De passage à Terrebonne dans le cadre de sa tournée estivale à travers tout le Québec, le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, a fait un arrêt aux bureaux de La Revue afin de s’entretenir sur les enjeux de la prochaine rentrée parlementaire. Élections, déséquilibre fiscal, scandale des commandites, hausse du prix de l’essence : la table est mise pour un automne chaud à Ottawa.

Éric Ladouceur

Pour l’occasion, le chef bloquiste était accompagné de la députée de Terrebonne-Blainville, Diane Bourgeois, qui, à l’instar de plusieurs collègues, se prépare pour l’investiture de son comté en vue des prochaines élections.

« Faire mieux »

À ce sujet, autant Mme Bourgeois que son chef ont tenu à préciser qu’ils ne tenaient rien pour acquis et qu’ils continuaient de travailler très fort afin de «faire mieux». «Nous avons présentement 54 députés élus sur une possibilité de 75 au Québec, et notre objectif est de faire mieux lors de la prochaine élection. Même chose en ce qui concerne le pourcentage du vote. Nous avons obtenu 48,8 % du vote en 2004 et nous comptons augmenter notre appui en 2006», indique M. Duceppe, sans vouloir préciser d’objectif à atteindre.

Chose sûre, le déséquilibre fiscal persistant et le scandale des commandites, avec le dépôt du rapport de la Commission Gomery en décembre prochain, semblent apporter de l’eau au moulin de la souveraineté. Après un mois de tournée au Québec, le chef du Bloc a d’ailleurs remarqué une certaine tendance. «Les gens me parlent de plus en plus de souveraineté, et les arguments changent. Avant, la volonté de faire la souveraineté émanait souvent d’un sentiment anti-Canada, alors qu’aujourd’hui, les gens veulent l’indépendance du Québec pour le Québec», souligne-t-il.

Le Bloc et la souveraineté

Comme l’indépendance du Québec se fera justement à Québec, pourquoi alors ne pas avoir accepté l’invitation à participer à la course à la chefferie du Parti Québécois? «Ça aurait été irresponsable de ma part de laisser tomber le Bloc à la veille d’une élection. En outre, en plus de faire valoir avec force les priorités des Québécois à Ottawa, il nous faut aussi continuer à imaginer le Québec souverain en proposant un projet précis, emballant et rassembleur qui nous donnera une idée très claire du chemin qu’il nous reste à parcourir pour fonder un pays à la mesure de la nation québécoise», précise M. Duceppe, ajoutant que ces thèmes seront abordés lors du prochain congrès du Bloc.

En tant que défenseur des intérêts du Québec, pourquoi le Bloc s’est-il allié aux conservateurs lors du dernier vote sur le budget, alors que les Québécois étaient majoritairement contre le renversement du gouvernement? «On n’a pas fait d’alliance avec les conservateurs. On n’a pas voté avec les conservateurs, mais plutôt contre le budget, parce qu’on voulait y apporter des amendements, notamment en ce qui concerne le déséquilibre fiscal et l’assurance-chômage», indique le chef bloquiste. «En fait, juste pour la caisse de l’assurance-chômage, les surplus s’élèvent à 935 millions de dollars seulement pour les deux premiers mois de la présente année financière. Cet argent est pillé par les libéraux alors que des milliers de chômeurs n’ont même pas droit à l’assurance-chômage. Tout ça sans compter les surplus de 8,9 milliards de dollars accumulés au détriment des besoins du Québec. Il faut que ça change», ajoute la députée Diane Bourgeois.

Prix de l’essence

Sujet d’actualité s’il en est un, la hausse du prix de l’essence fait également partie des dossiers importants aux yeux de Gilles Duceppe. «Jean Lapierre prétend qu’il ne peut rien faire. C’est faux. Les libéraux pourraient créer l’Office de surveillance du secteur pétrolier et limiter la marge de raffinage pour contrer les pratiques abusives des pétrolières. Ils n’ont tout simplement pas la volonté politique d’agir», affirme-t-il.

Ajoutez à cela le dépôt du rapport Gomery sur le scandale des commandites prévu en décembre et le déclenchement des élections promis par Paul Martin un mois plus tard, et vous avez là tous les ingrédients pour une session parlementaire pleine de rebondissements. «Compte tenu de tous les imprévus, il est bien difficile de faire des prédictions», a d’ailleurs conclu le chef bloquiste avant de reprendre la route qui le mènera au congrès de son parti en octobre.

31 dec 2017 Ptit Creux

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