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QUE SONT-ILS DEVENUS: Diane Bourgeois rattrapée par la politique
Même à quelque 130 km de Terrebonne, la politique a rattrapé Mme Bourgeois qui, depuis 2013, est conseillère municipale de Saint-Lucien, un village rural situé près de Drummondville. (Photo: Courtoisie)

QUE SONT-ILS DEVENUS: Diane Bourgeois rattrapée par la politique

Jean-Marc Gilbert

Mardi 18 avril 2017

Le dicton «Chassez le naturel, il revient au galop» s'applique bien à Diane Bourgeois. Députée fédérale de Terrebonne-Blainville pendant 11 ans, elle a eu du mal à accepter sa défaite de 2011, allant même jusqu'à déménager à Saint-Lucien, un petit village de 1600 âmes situé près de Drummondville. Le goût de la politique n'a toutefois pas mis de temps à refaire surface.

Mme Bourgeois conservera toujours d'excellents souvenirs de la circonscription qu'elle a représentée entre 2000 et 2011. «J'ai toujours dit que je vivais une histoire d'amour avec Terrebonne. J'étais enseignante et impliquée dans plusieurs organismes, et aussi militante souverainiste. Les gens ont pratiquement su avant moi que je voulais faire de la politique», dit-elle à la blague.

Incertaine au départ, Mme Bourgeois a rapidement chassé ses inquiétudes lors de sa première victoire, en 2000. «J'étais tellement fière, la première fois que j'ai pris la parole à la Chambre des communes pour remercier les gens de Terrebonne qui m'ont réellement portée durant cette campagne», se remémore la femme de 67 ans.

«Une gifle»

Réélue avec des majorités écrasantes en 2004, 2006 et 2008, Mme Bourgeois n'a toutefois pas résisté à «la vague orange» de 2011. Elle a eu beaucoup de mal à accepter le résultat; ce fut une véritable «gifle», pour reprendre ses mots.

«Quand je faisais mon porte-à-porte avant l'élection, les gens m'accueillaient avec le sourire. Dans les jours qui ont suivi le vote, ils me disaient: "Ce n'était pas contre vous, Mme Bourgeois. On voulait du changement et l'autre parti (NPD) était attrayant". Même si la démocratie a toujours raison, cette fois-là, les gens ont erré», lance-t-elle.

Elle a rapidement senti le besoin de «se reconnecter avec la terre». Elle s'est donc retirée dans le Centre-du-Québec, à Saint-Lucien, dans une maison achetée quelques années plus tôt, et qui était jusque-là un refuge pour décompresser.

Reprendre le collier

Mme Bourgeois a passé les deux années qui ont suivi à rénover cette maison et à s'adonner à d'autres activités loin du monde politique, comme le jardinage. Se tenant toujours informée, c'est en lisant les journaux locaux et en voyant les activités passer qu'elle a décidé de sortir de sa retraite.

«Ça n'avait pas de bon sens que je vive recluse comme ça et que je mette le couvercle sur tout ce que j'avais fait. J'ai donc recommencé à m'impliquer, d'abord auprès de la Société Saint-Jean-Baptiste locale. Puis, j'ai commencé à m'intéresser aux choses municipales.»

Approchée une première fois par la mairesse de Saint-Lucien de l'époque, à l'aube des élections municipales de 2013, l'ex-députée a décliné l'invitation. Quelques semaines plus tard, elle a finalement décidé de sauter à pieds joints dans l'aventure. Elle s'est présentée au bureau du greffe de Saint-Lucien avec 165 signatures d'appui de candidature, 160 de plus que le minimum requis. Sans surprise, elle a été élue par acclamation dans le quartier 1.

Il y a d'énormes différences entre le fait de représenter des dizaines de milliers de personnes à la Chambre des communes et d'être la voix des citoyens d'un quartier d'une municipalité rurale. «J'ai beaucoup appris à proposer des choses lentement et à gérer certaines craintes, comme par rapport aux investissements, par exemple. D'un autre côté, avec mon expérience, je leur montre que certains mécanismes existent pour nous aider dans tout le processus», témoigne Mme Bourgeois.

Bref retour au Bloc

Lors des élections fédérales de 2015, plusieurs femmes ont milité auprès de Mme Bourgeois pour qu'elle se présente pour le Bloc québécois dans Drummond. «La décision de reprendre tout ça, à un certain âge, a été difficile à prendre, mais j'ai embarqué parce que je croyais avoir de bonnes chances de l'emporter. Je n'ai pas gagné, mais je suis fière de la campagne que j'ai menée dans une circonscription que je ne connaissais pas beaucoup.»

À la fin de l'entrevue, celle qui revient à Terrebonne assez souvent pour visiter son fils et des amis invite ses anciens concitoyens à venir découvrir Saint-Lucien en participant au deuxième Festival de la canneberge, en octobre. La première édition, l'automne dernier, avait été couronnée de succès.

30 septembre 2017 Albi Hyundai cell

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