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DIX QUESTIONS À… Ann-Marie Picard, directrice générale du CREVALE
Ann-Marie Picard, directrice générale du CREVALE. (Photo : courtoisie)

DIX QUESTIONS À… Ann-Marie Picard, directrice générale du CREVALE

Propos recueillis par Pénélope Clermont

Mardi 31 octobre 2017

Quel est le rôle du Comité régional pour la valorisation de l’éducation (CREVALE)?

Le CREVALE a comme mission de mobiliser la communauté lanaudoise afin de l’amener à poser des gestes concertés qui sont favorables à la persévérance scolaire et à la réussite éducative du plus grand nombre, jeunes et adultes.

 

Quelles sont les clés de la réussite scolaire et de la persévérance?

Le plaisir et la fierté d’apprendre, avoir des buts, notre motivation interne et surtout, le fait de croire que nous sommes capables d’apprendre. Ajoutons à cela le fait de vivre des succès, et la voie de la persévérance est plus douce.

 

Quel est le plus grand mythe sur les jeunes et le décrochage scolaire?

Que les décrocheurs sont des jeunes qui ont des troubles de comportement, donc majoritairement des garçons. Il se trouve que le décrochage scolaire est beaucoup plus complexe que cela; il y a bien ceux que l’on dit inadaptés (40 % des décrocheurs), mais également les discrets (40 % – difficultés scolaires, mais motivés), les désengagés (10 % – démotivés) et les sous-performants (10 % – difficultés scolaires et démotivés).

 

Quels sont les enjeux sur le plan de la réussite scolaire et de la persévérance dans Lanaudière, plus précisément dans Les Moulins?

Le principal enjeu reste la vulnérabilité de certains jeunes : ceux vivant en milieu défavorisé, en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage, ceux et celles qui sont en situation de retard ou encore ceux et celles issus de l’immigration ou des communautés autochtones. La MRC Les Moulins n’y fait pas exception, puisqu’entre autres, il y a une hausse marquée des jeunes immigrants sur le territoire. Il faut donc non seulement poursuivre l’engagement du plus grand nombre d’acteurs à l’égard de la valorisation de l’éducation, mais également intensifier nos interventions envers ces jeunes vulnérables.

 

Décrivez-nous votre parcours scolaire et professionnel.

Je suis une élève modèle! (rire) Sans farce, j’ai toujours aimé l’école et c’était facile pour moi de réussir; je n’ai pas de mérite. J’ai aussi rencontré, au cours de ma scolarité, de grands pédagogues qui ont su me transmettre leur passion pour leur matière. J’ai suivi un parcours conventionnel – du primaire à l’université –, motivée par mes passions plutôt que ma raison. Bachelière en anthropologie, j’ai bifurqué vers les communications et travaillé comme conseillère en communication pendant plusieurs années, notamment dans le milieu culturel. C’est ce qui m’a conduite au CREVALE où j’ai occupé le poste d’agente de communication. Mon expérience professionnelle m’a amenée à faire une maîtrise en gestion et développement des organisations que j’ai terminée alors que je débutais au poste de directrice du CREVALE.

 

Quel moment avez-vous trouvé le plus difficile au cours de votre scolarité et comment avez-vous fait pour persévérer?

Je n’ai pas vécu de grandes difficultés et le fait de vouloir réussir m’a aidée à traverser les petites. Il faut dire que chez moi, il n’a jamais été question de ne pas étudier. L’heure obligatoire d’études quotidienne était aussi normale que de manger trois repas par jour. J’étais une enfant privilégiée.

 

Quel est le projet que vous avez développé depuis que vous êtes directrice du CREVALE qui vous rend le plus fière?

L’équipe du CREVALE. Nous avons réussi à former une équipe de personnes engagées et fières de travailler à la mission du CREVALE. Aussi, la collaboration avec Bridgestone Canada inc. – Usine de Joliette qui investira 10 000 $ par année pendant cinq ans dans la mission du CREVALE.

 

Qu’est-ce qui a le plus évolué sur le plan de la réussite scolaire et de la persévérance au cours des dernières années?

Ce qui a le plus évolué est la responsabilité partagée portée par une majorité d’organisations lanaudoises. Quand j’ai commencé au CREVALE, en 2004, on ne parlait pas de persévérance scolaire, mais de décrochage. C’était l’affaire de l’école. La région venait de prendre conscience que le problème était criant et qu’il fallait le prendre de face. Quelque 10 années plus tard, la réussite des jeunes et leur persévérance font partie des actions et décisions de plusieurs organisations et dans divers milieux.

 

Que faites-vous avec vos enfants pour favoriser leur réussite?

Il n’est pas facile d’être parent. On veut le meilleur pour chacun de nos enfants, sans nécessairement avoir les outils ni les clés pour les accompagner tout au long de leur vie. Comme maman, j’ai essayé de leur montrer comment c’était agréable d’apprendre, surtout en jouant avec eux. J’étais fière de leurs réussites et j’essayais de les amener à prendre conscience de leurs talents et forces. J’ai aussi lu beaucoup, avec et sans eux. J’ai essayé de leur présenter des choix différents lorsque je sentais qu’ils s’éloignaient de la lecture : BD, livre des records, guide de l’auto, etc. C’était plus facile pour mon aîné. Avec le plus jeune, il m’a fallu persévérer. Il aura son DEC à la fin de l’année. C’est une belle réussite pour lui… et un peu aussi pour sa maman.

 

Quel message voudriez-vous transmettre à un jeune qui songe à décrocher?

Ce n’est pas tant de livrer un message que d’écouter celui ou celle qui veut décrocher, car le décrochage est un processus complexe et multifactoriel. Chaque jeune n’est pas touché de la même façon. C’est pourquoi, selon moi, il est important de comprendre pourquoi un tel veut décrocher pour ensuite le guider vers des solutions qui lui conviennent.

1 an Brisson 2018

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