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Terrebonne, mercredi 16 mai 2012

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L’intégration massive doit cesser Francine Lussier, vice-présidente du SERM, Jacqueline Harvey, enseignante, ainsi que Frédéric Pilon, Valérie Doyon et Michel Lévesque, respectivement président et vice-présidents du SERM, demandent entre autres de limiter à 10 % le nombre d’élèves en difficulté intégrés dans une même classe. (Photo : Pénélope Clermont)

L’intégration massive doit cesser

Pénélope Clermont

Mardi 15 février 2011

Les enseignants passent de la parole aux actes pour dénoncer l'intégration d'élèves en difficulté dans les classes régulières. Des centaines de fanions ont ainsi été plantés devant les locaux du Syndicat de l'enseignement de la région des Moulins (SERM), comme ailleurs au Québec, le 1er février au matin. Car pour les enseignants, la limite est dépassée.

D'entrée de jeu, Frédéric Pilon, président du SERM, a assuré que leurs revendications défendent d'abord et avant tout la cause des élèves. «On ne peut plus continuer à faire de l'intégration à tout prix, a-t-il déclaré. Il y a des conditions essentielles à respecter, pour le plus grand bénéfice de l'ensemble des élèves de la classe.»

Ainsi, la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE) propose depuis 2007 des solutions qui faciliteraient l'intégration harmonieuse d'élèves en difficulté dans les classes régulières. Selon la FSE, il faut notamment évaluer les besoins des élèves, limiter à 10 % le nombre d'élèves en difficulté intégrés dans une même classe, à l'image de ce qu'on retrouve dans la population, tenir compte de la composition de la classe et enfin, s'assurer de la mise en place des services requis.

«Au Québec, plus de 100 000 élèves en difficulté sont intégrés dans les classes régulières. Pour mieux répondre aux besoins de l'ensemble des élèves, l'école publique doit offrir une gamme étendue de services et plusieurs types de classe, allant de la classe régulière à la classe spéciale, en passant par la classe ressource. Les enseignants ont identifié des solutions concrètes qui permettront réellement d'améliorer la réussite de tous les élèves. Il faut maintenant leur en donner les moyens!» de résumer M. Pilon.

Réduire le nivellement vers le bas

Le nombre effarant d'élèves en difficulté intégrés dans les classes régulières est notamment dû au long processus d'identification, selon le président du syndicat. En effet, l'identification de ces élèves serait tellement laborieuse que certains enseignants abandonneraient leur demande en cours de route.

Or, l'impact est immense sur l'ensemble des élèves. «Il suffit de quelques élèves en difficulté pour ralentir l'apprentissage d'un groupe en entier. L'enseignant est tellement occupé avec ces derniers qu'il ne peut donner les services appropriés aux élèves réguliers. Les élèves à risque sont eux aussi pénalisés», a renchéri Valérie Doyon, vice-présidente du SERM.

Par ailleurs, il est bon de préciser qu'il ne s'agit pas de mettre de côté les élèves en difficulté, mais bien de combler leurs besoins. «Au début, les parents peuvent être inquiets de placer leur enfant dans une classe adaptée, mais une fois que c'est fait, ils disent souvent : "Si j'avais fait ça avant..." Les services sont adaptés à chacun et bien souvent, ça redonne le goût aux élèves d'apprendre et de poursuivre leurs études», a noté Mme Doyon, elle-même enseignante en adaptation scolaire.

Dans l'attente de résultats concrets

Depuis novembre, un comité paritaire découlant de l'Entente nationale intervenue le 28 mai 2010 entre la FSE-CSQ et la partie patronale discute des questions relatives aux élèves en difficulté, telles que le processus d'identification, le suivi des élèves à risque, et l'établissement de balises et de limites à l'intégration.

«S'il ne parvient pas à s'entendre rapidement, le comité paritaire devra faire appel à un conciliateur pour rapprocher les parties, dans le but de pouvoir mettre en œuvre les nouvelles dispositions pour la rentrée scolaire 2011-2012», a conclu M. Pilon par voie de communiqué.

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Lise Viau
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