Terrebonne, samedi 4 février 2012
Isabelle Desmarais
Mardi 9 février 2010
Le 20 juin 2009 marque un nouveau départ pour Moisés Villena. Cet immigrant d'origine péruvienne a laissé derrière lui sa terre natale pour venir s'installer au Québec. En attendant que sa famille le rejoigne, Moisés Villena doit surmonter les obstacles de l'intégration culturelle.
Il n'est pas facile de débarquer en pays étranger, surtout lorsqu'on laisse femme et enfants derrière soi. C'est pourtant le choix qui s'est imposé à Moisés Villena, jusqu'alors résidant de Chimbote, située à 440 kilomètres au nord de Lima, au Pérou. Ce père de famille désirait offrir une meilleure qualité de vie à ses enfants, deux garçons de sept et neuf ans. «Ma sœur habite le Québec depuis 10 ans, et elle m'a beaucoup parlé de la vie ici, de la tranquillité. Elle m'a dit que je pourrais y trouver un bon travail. J'ai fait ce choix en pensant à mes enfants. Ici, ils auront la chance d'aller au cégep et à l'université, ils pourront devenir des professionnels et auront plus d'opportunités d'emplois. Ils auront une meilleure qualité de vie», raconte-t-il.
Des mois d'attente
On n'immigre pas en pays étranger en criant ciseau. Le temps d'attente dépend de plusieurs facteurs, dont le statut de l'immigrant, son pays d'origine, etc. Moisés Villena a entamé les procédures à l'automne 2007. Il lui a fallu envoyer son formulaire d'immigration dans un bureau d'immigration au Mexique, à la suite de quoi un agent de l'immigration québécois l'a convoqué en entrevue. Après avoir passé ses examens médicaux, en février 2009, M. Villena a finalement reçu son visa, au mois de mai. Il a atterri au Québec le 20 juin. Seul, puisque sa famille n'a pu l'accompagner. «J'ai fait une demande de parrainage en juillet pour que ma famille vienne s'établir ici. On m'a dit que ça prenait entre six et huit mois avant de recevoir une réponse.» Pour faire une demande de parrainage, il en coûte 1 400 $. «Ma sœur m'a prêté l'argent, en attendant que je trouve un travail», confie M. Villena.
À la recherche d'un emploi
La recherche d'emploi fait partie des grands défis que doivent affronter les immigrants à leur arrivée au Québec. Même à titre de travailleur qualifié spécialisé en informatique, M. Villena multiplie les efforts pour se faire une place sur le marché du travail. «C'est difficile, mais je devrais bientôt obtenir mes équivalences de diplôme. Je me suis aussi inscrit à l'université dans un certificat en informatique, pour obtenir un diplôme du Québec. C'est important que je me trouve un emploi rapidement, car tant que je ne travaille pas, ma famille ne peut pas venir me rejoindre.» Pour l'instant, Moisés Villena habite chez sa sœur, à Terrebonne. Il n'a pas d'argent, hormis les allocations de subsistance fournies par le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles (MICC), soit 115 $ par semaine pendant toute la durée de ses cours de francisation.
La langue n'est pas une barrière à franchir pour M. Villena, puisqu'il parlait déjà français avant d'arriver au Québec. Il a donc cette chance de pouvoir s'intégrer plus facilement que d'autres, d'autant plus que le conjoint de sa sœur est québécois. «Il m'a déjà présenté plein de gens, et j'en rencontre aussi dans mes cours de francisation.»
En général, Moisés Villena s'adapte bien à sa nouvelle culture, malgré quelques difficultés quotidiennes. «C'est tellement différent comme environnement! Je dois m'adapter à certains comportements... et aux horaires d'autobus. Il ne faut pas arriver deux minutes en retard parce que le bus s'en va!» Pour faciliter son intégration, M. Villena s'appuie sur des ressources comme AMINATE. Il prend part à des activités de socialisation et brise ainsi l'isolement. Retournera-t-il un jour au Pérou? «J'aimerais bien, un jour peut-être...»
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