Terrebonne, dimanche 19 mai 2013
Pénélope Clermont
Mardi 7 août 2012
Alors qu'elle pesait 185 livres, Isabelle Marois a décidé d'entreprendre un processus de perte de poids. On était alors en 2009. N'ayant pas pris la chose à la légère, la jeune femme de 34 ans remporte aujourd'hui des compétitions de «bodybuilding».
«En janvier 2009, je me suis dit : "Ça fera, je me prends en main!"», résume la Terrebonnienne lorsqu'on lui demande comment elle en est venue à perdre du poids. «C'est une résolution du 1er janvier qui a tenu», ajoute avec le sourire celle qui pèse aujourd'hui un peu moins de 135 livres du haut de ses 5 pieds 2 pouces.
Or, si perdre du poids en améliorant son alimentation et en entreprenant un programme d'entraînement est une chose, il en est tout autrement d'en arriver à participer à des compétitions de «bodybuilding».
«J'en suis venue à plafonner à une certaine période au maximum de mon poids santé. Je parlais avec Dickens Lambert, qui est mon entraîneur aujourd'hui et également "bodybuilder", et je lui ai dit que si ce n'était pas que les femmes étaient aussi laides, j'en ferais. Il m'a montré des photos de "figure" sur Internet et j'ai dit : "OK, j'embarque!"», explique Isabelle Marois, qui enseigne en classe d'accueil à l'école secondaire Calixa‑Lavallée, à Montréal.
Collection de médailles
Ainsi, à partir de janvier 2010, deux fois par semaine, sans compter les jours où elle s'entraînait en solitaire, la Terrebonnienne a préparé son corps à des compétitions de «figure».
Comme premières expériences, elle a pris part à quatre concours dans cette catégorie entre juillet et novembre, à Montréal, Gatineau et Toronto, lors desquels elle a respectivement terminé troisième, première, encore troisième et finalement, cinquième.
Malgré ses bonnes performances, la culturiste avait envie d'autre chose. «Le "figure" est très "girly", et moi, je suis plus "tomboy", relate la principale intéressée. Aussi, j'ai découvert en m'entraînant que j'avais une bonne génétique, et on me disait que j'étais trop musclée pour ce genre de compétition. Alors, au lieu de diminuer ma masse musculaire, j'en ai mis et je suis allée vers le "bodybuilding".»
Appartenant depuis le 30 juin à la WNBF (World Natural Bodybuilding Federation), Isabelle Marois œuvre aujourd'hui dans les catégories «Bodybuilding» et «Fit Body» en tant que professionnelle.
En 2011 et en 2012, l'athlète a pris part à 10 compétitions, dont à Toronto, à Malboro (près de Boston), à New York et à Las Vegas. Sur le lot, elle a obtenu deux quatrièmes places, deux deuxièmes places et pas moins de six premières places.
Discipline requise
Par ailleurs, la femme d'action avoue que n'importe qui peut pratiquer le culturisme. À condition qu'il le veuille, car la discipline est le principal défi de quiconque souhaite se mettre en forme, selon elle.
«N'importe qui peut faire ça. J'en suis la preuve : je suis partie de rien. Mais ce n'est pas de tout repos. [...] L'alimentation est le plus difficile. En fait, ça prend de la discipline. C'est facile de dire qu'on a eu une grosse journée, mais il faut le faire. C'est comme un travail», souligne celle pour qui l'expression «No pain, no gain» prend tout son sens.
En effet, aimant forcer et lever de lourdes charges, Isabelle Marois fait de la musculation à raison d'une heure par jour, six fois par semaine, en plus d'effectuer de deux à cinq heures de cardio, selon si elle se trouve en période de compétition ou non.
Pesant près de 135 livres, la jeune femme en vient à baisser son poids jusqu'à 120 livres avant un concours. Pour ce faire, elle modifie ses habitudes alimentaires, en continuant à ingérer six repas par jour. «J'apporte mon lunch quand je vais souper chez quelqu'un ou au restaurant», précise-t-elle.
Une enseignante qui a du muscle
Passionnée par ce qu'elle fait, la Terrebonnienne n'a pas de mal à combiner son mode de vie avec son horaire de travail, et ce, en ce qui a trait tant à l'entraînement qu'à son alimentation. «Je trouve toujours du temps dans ma journée pour m'entraîner. Pour l'alimentation, j'explique dès le début de l'année à mes élèves que je dois manger à certaines heures dans la classe, indique-t-elle. C'est sûr que j'essaie de faire concorder ça avec les pauses pour ne pas leur manger dans la face. Ils ont aussi le droit de manger un fruit pendant je mange.»
Lorsqu'elle n'est pas à l'école, Isabelle Marois se trouve chez Gym Cité, à Terrebonne. Car si elle n'est pas en train de s'entraîner, elle entraîne d'autres gens, à titre d'entraîneuse certifiée. En plus de ses connaissances en conditionnement physique, son expérience passée à l'époque où elle-même avait du poids à perdre lui sert grandement.
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Confidences de culturiste
En période de compétition, quel est l'aliment qui vous manque le plus? Tout ce qui est sucré. Je suis partie sur le "trip" des noix et des canneberges enrobées de chocolat. Sinon, j'ai des rages à chaque compétition. Une fois, c'était la poutine Alfredo de chez Mikes. À une autre, c'était le buffet déjeuner de l'hôtel ou encore de la crème glacée.
Quel est le groupe musculaire que vous aimez le plus travailler en entraînement et celui que vous aimez le moins? J'aime les épaules et les pectoraux et je n'aime pas les quadriceps.
Quelle personne vous inspire le plus? Mon entraîneur, Dickens Lambert, pour ses connaissances et sa sagesse. Il est tellement zen.
Pour vous, le bonheur, c'est... Simplement être heureux en se sentant bien dans sa peau.
Quels sont vos projets pour l'avenir? À court terme, j'ai une compétition à Atlantic City les 9 et 10 novembre. Pour plus tard, j'aimerais faire partie d'une équipe d'entraîneurs de "bodybuilding", mais ça prend un œil magique. C'est beau, se fier à la balance et au pourcentage de poids, mais on doit aussi regarder le physique avec son œil critique et être capable de voir où le travail est à faire. Ça prend donc de l'expérience en compétition. Il faut aussi savoir quoi manger le jour d'une compétition et quand.
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