10 QUESTIONS À… Marc-André Plante, nouveau maire de Terrebonne

Propos recueillis par Jean-Marc Gilbert
10 QUESTIONS À… Marc-André Plante, nouveau maire de Terrebonne
Le maire de Terrebonne, Marc-André Plante, feuilletait une édition du Trait d'Union lors de notre arrivée à son bureau. (Photo : Jean-Marc Gilbert)

Vous aviez déjà un passé politique avant la mairie de Terrebonne. Est-ce que ça faisait longtemps que vous songiez à poser votre candidature?

Absolument pas. C’est le contexte de la dernière année qui m’a amené à me dire : «Je suis natif de Terrebonne. Je pense que j’ai les compétences. J’ai aussi la formation et je peux rapidement offrir une alternative politique qui est intéressante pour les citoyens.» Je dis toujours, à la blague, que quand j’ai pris la décision d’être candidat à la mairie de Terrebonne, à l’origine, il y avait ma conjointe, mes enfants et mon chien qui m’appuyaient. C’était essentiellement ça, mon équipe de campagne (rires). Ça a été un long parcours de 14 mois.

 

Comment votre expérience au Carrefour action municipale et famille vous aide à diriger une ville?

D’abord, contrairement à des collègues qui ont été fraîchement élus dans d’autres villes, je connais pratiquement tous les maires et les conseillers municipaux. C’est beaucoup plus facilitant parce qu’un des rôles d’un maire est de collaborer avec autres villes. Le fait d’avoir presque complété une maîtrise en “management” municipal fait en sorte que mes connaissances m’ont rapidement permis de comprendre des enjeux d’une administration municipale importante.

 

Une campagne électorale dure six semaines, mais on connaissait vos intentions depuis un an. Comment avez-vous vécu cette dernière année?

Au plan personnel, mes proches ne me voyaient pas beaucoup. Même si j’avais réduit substantiellement mes heures de travail, il n’en demeure pas moins que c’était très épuisant, car c’était pratiquement du 7 jours sur 7 pour essayer de me faire connaître. C’est très difficile pour une nouvelle personne de tenter d’accroître rapidement sa notoriété et d’obtenir la confiance des citoyens. Quand je dis que j’ai cogné à 12 000 portes dans la dernière année, une bonne partie de cette victoire vient du contact direct avec les citoyens.

 

Malgré tout ce qui s’est passé à Terrebonne, le taux de participation n’a été que de 40 %. J’imagine que vous auriez apprécié un taux plus élevé?

Tous les élus aimeraient avoir un taux de participation de 100 %. En même temps, il faut être conscient qu’il y a un haut niveau de cynisme vis-à-vis la politique au Québec. Il y a des irritants, mais en même temps, les personnes qui constituent la classe politique sont les porteurs d’un nouveau message pour redonner confiance aux citoyens et les amener à s’engager politiquement.

 

Comment résumeriez-vous votre premier mois comme maire?

Nous avons certainement amorcé un changement de culture organisationnelle. Je suis même allé voir un matin, à 7 h, les cols bleus pour m’exprimer auprès d’eux. Le décorum a aussi changé au conseil municipal. Il y a des changements dans le ton, dans la manière d’avoir des échanges.

 

Le budget 2018 sera adopté en janvier. À quoi les citoyens peuvent-ils s’attendre?

Nous avions dit que le taux de taxation foncière n’allait pas croître au-delà de l’indice des prix à la consommation (IPC). Ce sera en deçà de 1 %. En même temps, je vous annonce très clairement que nous avons une situation budgétaire très difficile pour cette année et celles à venir. Lorsque nous avons tenu notre rencontre préparatoire les 8 et 9 décembre, on nous a informés que nous avions un trou budgétaire de 13,2 M$. C’est dû au fait que l’an passé, la Ville a pris 7 M$ de surplus de la MRC pour payer les petites factures. Quand on prend un revenu non récurrent pour financer des dépenses récurrentes, on pellette les problèmes vers l’avant. Au cours des prochaines années, nous allons vouloir nous donner des cibles de réductions des dépenses dans tous les services et ce ne sera pas le portefeuille des citoyens qui sera toujours la solution.

 

La mise en place d’un bureau d’éthique est l’engagement phare de votre campagne. Où en est le processus et à quand le début des opérations?

Nous avons des discussions avec Laval pour explorer l’idée d’avoir un bureau mixte. Il y a déjà eu des rencontres entre les directions générales, les avocats et il y a des rencontres à venir avec les corps policiers des deux villes. Nous avons planifié au budget un demi-million pour l’année 2018. On peut se donner comme orientation mars ou avril. D’ici là, pour le travail quant à la récupération des sommes passées, nous avons renouvelé le mandat avec la firme d’avocats Dufresne Hébert Comeau pour faire le travail de rattrapage sur l’analyse des dossiers pour les 20 dernières années.

 

Plusieurs dossiers chauds sont à l’avant-scène : la saga des débris d’autos à La Plaine, le Golf Le Boisé, les odeurs dans Urbanova, le chemin Gascon et l’élargissement de la 337… Ça fait beaucoup à gérer en même temps pour un nouveau conseil. Comment composer avec tout cela?

Le précédent conseil nous a légué beaucoup de défis. Pour le chemin Gascon, il y aura des annonces en début d’année. L’objectif est toujours d’avoir des travaux à l’été 2018. Pour la 337, nous avons déjà sollicité une rencontre avec le ministre des Transports. Nous avons relativement confiance de nous retrouver avec un échéancier et que le projet démarre au cours du présent mandat. Pour l’usine d’épuration d’eau, nous sommes en sollicitation d’une rencontre avec la ministre de l’Environnement. Qu’en un mois nous soyons déjà en train d’identifier des dates de rencontre, ça montre que nous voulons positionner nos dossiers très rapidement.

 

Il y a une bonne relation entre Terrebonne et Mascouche, un point important étant donné les dossiers communs à la MRC. Avez-vous discuté avec votre homologue mascouchois? Cette relation se poursuivra-t-elle?

À plusieurs reprises, et la bonne relation va naturellement se poursuivre. Je peux vous dire qu’il y a une très bonne collaboration dans des dossiers qui étaient précédemment sur la glace. Maintenant, il y a une série de décisions qui seront annoncées. Les conseillers et les maires ont donné des lignes directrices et jusqu’à maintenant, il y a un travail très efficace et consensuel.

 

En dehors du rôle de maire, que faites-vous de vos temps libres? Quels sont vos loisirs?

Je suis maire de Terrebonne 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Les fins de semaine, ce sont les activités des enfants, quand je peux y aller. Présentement, c’est la saison du hockey. J’accompagne les enfants dans les arénas, mais en même temps, je rencontre les électeurs, parce que mes enfants sont dans des équipes de Lachenaie et affrontent donc souvent Terrebonne et La Plaine. Mes loisirs sont souvent liés avec des rencontres imprévues. Les gens sont très respectueux et conscients que j’ai deux jeunes enfants. Je dis souvent que je suis père et maire en même temps! (rires)

Partager cet article

Commentez l'article

avatar