23,2 % des jeunes Moulinois en situation de vulnérabilité

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Par Gilles Fontaine
23,2 % des jeunes Moulinois en situation de vulnérabilité
Dans la MRC Les Moulins, 29,8 % des garçons de maternelle sont considérés comme vulnérables dans au moins un domaine de leur développement. Chez les filles, cette proportion tombe à 16,6 %.

Selon les données de l’Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle, publiée en octobre 2018 et au centre des discussions entourant l’implantation universelle des maternelles 4 ans, près du quart des enfants de maternelle moulinois, comme ceux de Lanaudière, sont vulnérables dans au moins un domaine de leur développement.

L’objectif principal de cette deuxième enquête menée depuis 2012 consistait à dresser un portrait du développement des enfants inscrits à la maternelle 5 ans au cours de l’année scolaire 2016-2017, et ce, pour les cinq domaines mesurés par l’Instrument de mesure du développement de la petite enfance : la santé physique et le bien-être, les compétences sociales, la maturité affective, le développement cognitif et langagier, ainsi que les habiletés de communication et connaissances générales.

Le questionnaire a été rempli pour 83 335 enfants québécois admissibles entre les mois de février et de mai 2017.

Dans Lanaudière, 5 328 questionnaires sur 5 622 enfants provenant des 102 écoles admissibles ont été compilés, pour un taux de réponse global de 95 %.

Résultats

Or, dans Lanaudière, 25,9 % des enfants lanaudois de maternelle sont vulnérables dans au moins un domaine de leur développement, une légère augmentation par rapport à 2012 (23,2 %). C’est donc dire que 1 450 enfants de maternelle sont dans cette situation dans notre région. Il s’agit d’une proportion inférieure à celle observée dans le reste du Québec (27,7 %).

La proportion d’enfants vulnérables dans un seul domaine de développement est de 13 %, tandis que 6,2 % le sont dans deux domaines et 7,2 % dans au moins trois. Dans la MRC Les Moulins, 23,2 % des enfants sont vulnérables dans au moins un domaine du développement.

Les garçons plus vulnérables

De plus, les données selon le sexe montrent une différence substantielle entre les filles et les garçons. Dans Lanaudière, 18 % des filles sont vulnérables, contre 33 % des garçons. Dans chacune des MRC et dans l’ensemble du Québec, les garçons sont plus vulnérables que les filles.

Les données montrent que les enfants vivant dans un milieu défavorisé sont plus nombreux, en proportion, à être considérés comme vulnérables dans au moins un domaine de développement. Environ 31 % des enfants en milieu défavorisé dans la région sont vulnérables. En milieu moyennement favorisé, la proportion atteint 26 %. Finalement, en milieu favorisé, le pourcentage est de 22 %. Ces proportions sont similaires tant dans Lanaudière-Sud que dans Lanaudière-Nord. De plus, la différence observée entre les deux types de milieux se confirme pour l’ensemble des domaines, et ce, dans la majorité des territoires.

Un indicateur à suivre

«Il est certain que ces résultats demeurent préoccupants. Par contre, l’enquête donne de bonnes indications pour savoir où ajuster et diriger nos interventions. Dans notre région, nous allons poursuivre l’analyse de cette enquête par MRC et nous ferons les présentations nécessaires aux acteurs locaux pour justement agir convenablement afin de réduire le taux de vulnérabilité des enfants. Nous le faisons déjà dans notre région, entre autres avec l’éveil à la lecture. Cependant, il faut considérer qu’il y a d’autres facteurs, comme la santé financière familiale ou la santé de la mère», mentionne Ann-Marie Picard, directrice générale du CREVALE.

«Il s’agit d’une deuxième enquête, poursuit-elle. Lors de la première, les taux de participation étaient beaucoup plus bas. Il faudra attendre quelques cycles et d’autres enquêtes avant de bénéficier de l’impact de plusieurs programmes mis en place par les organismes communautaires.» En effet, le taux de réponse en 2012 avait été de 88 %, contre 95 % au Québec en 2017. Dans Lanaudière, le taux est passé de 69 % à 95 % en 2017.

«Il faut aussi constater, ajoute-t-elle, qu’il y a trois enfants sur quatre qui ne montrent pas de vulnérabilité. Nous ne devons pas les oublier. La zone de vulnérabilité, ce n’est pas une note, c’est une comparaison avec un groupe. L’important sera d’agir efficacement pour l’amélioration du développement global des enfants.»

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