Un Brin d’histoire

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Par Claude Martel
Un Brin d’histoire
Vue aérienne de Terrebonne prise le 18 avril 1968. (Photo : Archives Lanaudière, fonds Aimé-Despatis)

L’année 1968 en bref

Déjà 50 ans! La société québécoise poursuit sa Révolution tranquille. La montée du nationalisme québécois est tangible et notre région, en plein essor démographique avec 22 810 habitants, est dotée d’un gros village en expansion (Terrebonne).

La société

La montée du nationalisme québécois s’affirme avec la publication de deux ouvrages marquants. D’abord, René Lévesque lance son livre Option Québec, puis Pierre Vallières, sur un ton plus incisif et autobiographique, lance Nègres blancs d’Amérique. Le 14 octobre, on assiste à la naissance du Parti Québécois né de la fusion du Ralliement national et du Mouvement souveraineté-association. Pendant ce temps, Pierre Elliott-Trudeau devient chef du Parti libéral et premier ministre du Canada.

La culture québécoise s’affirme de plus en plus, d’ailleurs deux grandes institutions voient le jour : Radio-Québec (Télé-Québec) et l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Enfin, Montréal a son club de baseball professionnel dans la ligue nationale : vive les Expos!

Le mouvement syndical prend de l’ampleur. On assiste ainsi à une importante hausse du salaire minimum, qui passe de 1,05 $/h à 1,25 $/h.

La politique municipale

L’élection municipale du 1er février, à Terrebonne, est assurément l’une des plus féroces et démagogiques de l’histoire locale. L’équipe du maire sortant, François Paquin, croise le fer avec l’équipe du jeune avocat Claude Paquette; en arrière-plan, c’est une lutte partisane entre libéraux et unionistes (conservateurs). La soirée de mise en candidature rassemble plus de 700 partisans des deux clans. L’opposition allègue que les dépenses en loisirs ainsi que le déficit sont énormes, que la ville est mal gérée et que la dette est multipliée par sept depuis deux ans! Faut-il souligner que Terrebonne assurait un certain retard en matière d’infrastructures et de services, sans compter la croissance résidentielle qui amène de nouveaux services. Bref, à l’issue du scrutin, 80 % des électeurs se présentent aux urnes, Claude Paquette est élu avec 698 voix contre 602 pour Paquin.

Le nouveau maire Paquette est plus pondéré et stratège politique que son prédécesseur, mais la réalité le rattrape rapidement lors de l’adoption du budget, le 22 avril. Celui-ci augmente de 11 % malgré des coupes dans les loisirs, le taux de taxation passe de 0,80 $ à 0,90 $ le 100 $ d’évaluation. Morale de l’histoire, le nouveau conseil n’a pu faire mieux que l’ancien. Toute cette campagne de démagogie pour rien!

Les premiers commerces s’implantent sur le boulevard des Seigneurs, notamment l’épicerie Metro d’Ernest Beausoleil, qui figure d’ailleurs comme la première «grande surface» de Terrebonne (aujourd’hui Pharmacie Jean Coutu). Un petit centre commercial s’adjoint à l’épicerie et provoque, au cours des années suivantes, un déplacement de la zone commerciale du Vieux-Terrebonne vers le boulevard des Seigneurs.

En décembre, la Ville achète pour 13 500 $ l’ancien bureau de poste afin de le transformer en bibliothèque municipale. Enfin, elle accepte d’acheter de la nourriture pour nourrir la moitié des canards qui se trouvent au parc Masson – l’autre moitié étant déboursée par les citoyens qui chaque soir vont les nourrir.

À Saint-Louis-de-Terrebonne, le conseil municipal continue ses pourparlers avec le ministre de la Défense nationale et député de Terrebonne, Léo Cadieux, afin d’acquérir le champ de tir Saint-Maurice – on attend toujours!

Les événements

L’ancêtre la MRC voit le jour avec la création d’un comité intermunicipal d’aménagement regroupant les maires de l’actuel territoire de la MRC Les Moulins.

À Lachenaie, la fermeture (31 mars) de la succursale de la Banque Provinciale du Canada marque en quelque sorte le déclin amorcé du petit village de Lachenaie.

À Mascouche, la caisse populaire emménage dans un nouveau local, bien visible au cœur du village (3011 Sainte-Marie). De son côté, la fabrique loue le bâtiment de ferme de l’ancien couvent à la Municipalité, qui en fait son garage municipal (aujourd’hui la salle du conseil).

À Pincourt, on procède à la bénédiction du nouveau pont Alexander sur la route 337.

À La Plaine, on voit l’arrivée des Frères des écoles chrétiennes qui terminent la construction de leurs résidences ainsi que de la ferme La Charolle, spécialisée dans le bœuf de boucherie.

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Source : Fonds de recherche de l’auteur.

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