Un recul qui touche les familles en grande vulnérabilité

  • Publié le 25 févr. 2026 (Mis à jour le 25 févr. 2026)
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Nathalie Marcotte, coordonnatrice de la Table de concertation régionale des associations de personnes handicapées de Lanaudière. (Photo Médialo – Élise Brouillette)
Nathalie Marcotte, coordonnatrice de la Table de concertation régionale des associations de personnes handicapées de Lanaudière. (Photo Médialo – Élise Brouillette)

À compter du 1er mars, le gouvernement du Québec abolira l’allocation pour les familles demandeuses d’asile qui ont un enfant handicapé ou avec des besoins particuliers. Pour Nathalie Marcotte, coordonnatrice de la Table de concertation régionale des associations de personnes handicapées de Lanaudière (TCRAPHL), il s’agit d’un important recul pour des gens qui sont déjà en situation de très grande vulnérabilité.

La TCRAPHL représente 36 associations de personnes handicapées et elle agit en défense collective des droits. « Nous avons pris connaissance de l’abolition de l’allocation au retour des Fêtes. Ça a vraiment passé sous le radar et il n’y a eu aucuns travaux de concertation. Aucun organisme ou regroupement n’a été interpellé sur cette question », souligne Mme Marcotte.

Cette allocation, de 413 $ par mois, permet aux familles demandeuses d’asile de pouvoir offrir des services de santé à leur enfant handicapé en attendant la fin de leur processus d’immigration et l’accès à la Régie de l’assurance maladie du Québec.

« Les familles demandeuses d’asile ou sans résidence permanente n’ont pas accès à des services publics et cette allocation les aide à obtenir des services au privé tels qu’orthophonie, physiothérapie ou réadaptation. On abolit parfois des programmes en pensant faire des économies, mais ils méritent de demeurer même s’ils répondent aux besoins d’un nombre restreint de personnes. »

Invité à réagir au sujet de cette décision, Sylvain Thibault, coordonnateur du volet immigration au Comité régional d’éducation pour le développement international de Lanaudière, a déclaré : « Ce sont des coupures qui freinent les initiatives de solidarité. Au final, ce sont des économies de bout de chandelle, mais qui ont des impacts pour les personnes les plus vulnérables. Ceux qui ont le courage de venir au Québec, il faut en prendre soin! »

Nathalie Marcotte estime que ces personnes se tourneront fort probablement vers le milieu communautaire pour avoir de l’aide. Elle précise que les organismes desservent les gens sans égard à leur statut. « Les intervenants du milieu communautaire sont sensibilisés aux besoins des individus et vont tenter par tous les moyens d’offrir des services, même avec des ressources limitées. »

La coordonnatrice confie que les organismes sont préoccupés et qu’une hausse des demandes se fait déjà sentir, en raison de la situation politique aux États-Unis. « Il y a des gens qui quittent par peur d’être évincés et certains viennent au Québec et dans Lanaudière. » Elle s’attend à ce qu’il y ait des impacts sur le territoire et notamment dans le sud de Lanaudière.

Elle raconte l’histoire d’un homme d’origine haïtienne qui vit avec une déficience intellectuelle et qui ne parle pas français. « Celui-ci a quitté les États-Unis et a emménagé avec sa sœur dans Lanaudière. Celle-ci connaît bien le milieu communautaire et ils ont fait des démarches pour obtenir du soutien. Ce sont des situations que même les organismes n’avaient pas prévues. On ressent l’urgence de la situation. »

 

Une décision déplorée

Pour Nathalie Marcotte, cette décision du gouvernement va tout simplement à l’encontre de la Charte des droits et libertés de la personne : « Au Québec, on a les moyens d’accueillir et de bien servir les familles. C’est déjà difficile pour les demandeurs d’asile d’arriver dans un nouveau pays, les personnes handicapées et leur famille sont doublement limitées au niveau de l’inclusion. Ça leur demande des efforts magistraux. »

De plus, la coordonnatrice souligne que cette coupure survient même si c’est prouvé qu’offrir des services en bas âge aux enfants handicapés est essentiel pour leur développement : « On observe des reculs et on oublie l’inclusion. Aussi, il y a peu d’organismes communautaires qui se dédient aux tout-petits. Il reste peu de services auxquels ces gens ont accès. Les familles sans statut légal sont souvent en situation de grande précarité et on ne s’aide pas en tant que société de ne pas prendre soin de ces gens. Chaque mesure a un coût social et il importe de donner à ces familles les moyens de s’intégrer. »

Faire connaître les services

La coordonnatrice de la TCRAPHL insiste sur le fait que l’un des grands défis est aussi de faire connaître les organismes et leurs services. Parfois, l’aide peut prendre la forme de prêt de matériel adapté, de formations, de groupes d’entraide ou de conférences.

« C’est important d’aller au-devant pour inclure ces familles, faire connaître la région et ses services. Le milieu communautaire peut aussi aider les gens à sortir de l’isolement. »

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