Des grands hérons à portée de vue  

Un grand héron dans son nid. Photo Médialo – Sabrina Quesnel-Bolduc
Un grand héron dans son nid. Photo Médialo – Sabrina Quesnel-Bolduc

Postée entre l’Île-des-Moulins et l’Île-St-Jean, l’Île aux Moutons accueille chaque printemps une dizaine de couples de grands hérons. L’héronnière de Terrebonne permet aux curieux d’y apercevoir, de très près, ces oiseaux majestueux, qui viennent d’arriver.  

 

Après avoir passé l’hiver au sud, les grands hérons reviennent vers le nord pour leur période de nidification qui s’étend de mars à août. Alors qu’ils sont habituellement dispersés et solitaires, ce moment bien spécial est propice pour les observer en groupe, surtout dans ce lieu de prédilection qui est à la vue de tous. Il suffit de s’installer sur la Trans Terrebonne, de part et d’autre de l’héronnière avec des jumelles, pour profiter du spectacle.  

« Il y a quelques héronnières connues au Québec, dont l’Île-aux-Hérons à Montréal, mais ils peuvent aussi nicher dans des endroits reculés. Ici, le site est un point de vue remarquable pour sensibiliser et les étudier », précise Jonathan Roy, ornithologiste amateur et membre du Club d’ornithologie de la région des Moulins (CODEM). Il ajoute : « Comme ce sont de très gros oiseaux, les comportements sont impressionnants : la parade nuptiale, l’accouplement, la construction du nid et leur alimentation ».  Cette période de vulnérabilité pour les oiseaux explique qu’ils se regroupent, puisque « les oiseaux vont tout le temps développer des techniques pour se protéger des prédateurs et pouvoir réussir leur nidification et mener à terme l’élevage des bébés », mentionne Jonathan. 

Héronnière
L’héronnière entre l’Île-des-Moulins et l’Île-St-Jean. Photo Médialo – Sabrina Quesnel-Bolduc

Un habitat sécuritaire 

Les premières observations ont été faites en 2013, puis, chaque année, de nouveaux couples s’y greffaient. « Tranquillement, un premier nid est apparu, puis un deuxième et le phénomène a pris de l’ampleur », décrit l’ornithologue amateur. Depuis leurs arrivés, les passionnés ont pris bon nombre de photos et ont documenté l’évolution sur la plateforme eBird, qui permet aux gens de comptabiliser leurs observations.  

« Chaque couvée va de trois à quatre petits. L’année dernière plus de 40 bébés ont été observés en même temps », précise l’ornithologiste. Au mois d’août, les grands hérons se dispersent et il est commun de les voir se déplacer vers le site protégé du Ruisseau de Feu, site protégé par Canards Illimité à Terrebonne.   

Passionné par l’observation d’oiseaux, Jonathan tient à rappeler « qu’il est primordial d’être patient, pour voir le spectacle se déployer sous nos yeux. Plus nous restons longtemps, plus nous avons la chance de voir les individus à l’œuvre. Il suffit de venir avec des jumelles ». D’ailleurs, en 2025, la Ville de Terrebonne, en partenariat avec le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, en a fixé et l’utilisation est gratuite. Elle est à la portée de tous et permettre d’y scruter cet écosystème unique.  

Protéger l’écosystème 

Le choix du lieu reste un mystère pour les experts, mais l’abondance de nourriture à proximité pourrait avoir influencé leur choix de s’y installer. Émilie Chalour du ministère de l’Environnement, le décrit : « Il y a du poisson en quantité autour de l’île due à la diversité de milieux : les rapides, les frayères en eau vive et en eau calme, les herbiers, et plus encore. Beaucoup d’espèces de poissons vont s’y reproduire et y passent une partie de leur cycle de vie. » Les grands hérons se nourrissent aussi « de rats musqués ou des lièvres qu’ils avalent d’un coup », précise Jonathan. 

Émilie explique que « les loisirs ornithologiques sont une belle activité de mise en valeur faunique sans prélèvement ». L’écosystème qui les accueille devrait être disponible pour encore plusieurs années. Le terrain privé est non développable, mentionne Robin Bourgeois du bureau de l’environnement et de la transition écologique de la Ville de Terrebonne. « Tant que le milieu est sain, ils vont venir. À moins qu’il y ait une perturbation comme un éclairage exagéré de nuit. Mais tant que leur comportement naturel est respecté, je ne vois pas d’embûche à ce qu’ils reviennent », ajoute-t-il. 

Pour les curieux, il est important de se rappeler que le cycle de nidification comporte plusieurs étapes. « Présentement, on voit l’activité des parents, comment ils construisent le nid et, bientôt, comment ils nourrissent les jeunes. Ça se fait rapidement dans les prochaines semaines. C’est vraiment intéressant de voir ça de proche. Il y a souvent des ornithologues ou des photographes sur place, qui sont contents d’aider les passants à voir les grands hérons de plus proches », précise Jonathan. Il est donc possible de profiter d’un spectacle différent chaque semaine et de voir grandir la prochaine génération de grands hérons.  

Grand Héron
Photo Médialo – Sabrina Quesnel-Bolduc

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Travailleuse autonome l’hiver et serveuse l’été 

Durant l’hiver, Laurence fait carrière en marketing et dans une maison d’autopublication, où elle corrige des livres.