Peur et tensions à Cité GénérAction 55+

Jeannine Cossette dénonce des dysfonctionnements au sein de la cité Généraction. (Photo Médialo - Sabrina Quesnel-Bolduc)
Jeannine Cossette dénonce des dysfonctionnements au sein de la cité Généraction. (Photo Médialo – Sabrina Quesnel-Bolduc)

Pensée comme un lieu communautaire dédié à la socialisation des personnes de 55 ans et plus, la Cité GénérAction 55+voit sa réputation s’assombrir. Des membres et des bénévoles témoignent à La Revue du climat de peur et de méfiance qui se ferait sentir depuis quelques mois.  

 Parmi ceux-ci, Jeannine Cossette, instigatrice du projet il y a 12 ans et ancienne conseillère municipales, confie ouvertement son sentiment d’insécurité. Lors de la dernière assemblée générale annuelle, le 25 mars, elle mentionne avoir été victime de violence verbale. Durant la période de questions et commentaires, elle remarque qu’un homme « crie très fort » durant la prise de parole d’une dame. Un geste qu’elle qualifie de « manque de respect total ». 

Puis, lorsque son tour arrive, l’homme poursuit ses cris et se rend à ses côtés de Mme Cossette, comme elle l’explique: « Il est arrivé avec un état d’attaque, pendant que je parlais au micro ». Selon Mme Cossette, elle se serait sentit agressé par sa façon de s’exprimer et par son approche physique, ce à quoi elle aurait rétorqué de façon défensive en lui disant de s’éloigner. De cette expérience, elle a décidé de porter plainte directement à la police, plutôt que de s’en remettre à la direction. « La direction et le président n’ont rien fait pour me défendre lors de l’incident, déplore-t-elle. Il faut que la violence envers les aînés cesse et il faut en parler maintenant. »  

Un coup qui finit mal 

En septembre 2025, une dame de 85 ans a reçu un coup de la part d’un membre lors d’une partie de cartes déchirant sa prothèse mammaire. Une plainte a été déposée à la direction générale pour violence physique tandis qu’une autre aurait été déposée à la police. La direction lui a répondu qu’il y avait « aucune preuve d’agression [et que] le contact signalé résulte d’un incident impliquant des attouchements de la plaignante envers monsieur ».  

Ladite plaignante est encore en attente d’une opération. 

La Revue a contacté la police de Terrebonne pour vérifier si les plaintes ont bel et bien été déposées, au moment d’écrire ces lignes, nous n’avons encore reçu aucune réponse 

Il faut rappeler que la Cité compte plus de 2700 membres et parmi ceux-ci, une dizaine ont témoigné anonymement. 

Des membres inquiets 

Dans le cas de la dame de 85 ans, Robert Henley, ancien Consultant en combat incendie pour la Ville de Montréal et ancien membre de la Cité, a appuyé la plaignante à sa défense. Selon lui, il aurait été expulsé de la Cité à la suite de son implication dans cette histoire.  

Entre-temps, des membres et des bénévoles ont témoigné, de façon anonyme, qu’ils se sentaient « moins libres à la Cité depuis l’arrivée de la nouvelle directrice ». Certains d’entre eux confient avoir été victimes ou témoins d’attouchements physiques non consentis. Ils indiquent un climat de peur et de méfiance, qui ne les met pas en confiance pour discuter avec la direction. « Nous ne nous sentons pas écoutés », ont-ils dit. 

Mme Cossette souhaite un dénouement qui favoriserait « le retour à la paix entre les murs de la Cité ». Elle veut que le lieu reste un espace communautaire sécuritaire et bienveillant et termine en disant « que la violence aux aînés doit cesser » 

Ce que dit la direction 

La directrice, Marie-Josée Couture, explique son point de vue face à la situation.  

Dans le cas de Mme Cossette, lors de l’assemblée du 25 mars, le président du conseil d’administration aurait demandé aux membres de respecter la période de questions, demande à laquelle Jeannine Cossette n’aurait pas donné suite. « Mme Cossette est venue au micro, pour décrire ses activités et son parcours professionnel, plutôt que pour poser une question. Un membre s’est levé et est allé près d’elle, mais il ne l’a pas touché ou quoi que ce soit. Il a juste dit “Madame, pouvez-vous arrêter? Ça ne nous intéresse pas votre expérience. Avez-vous des questions? ” ». Elle indique qu’il y a eu « prise de bec » entre les deux et que c’était une première. Sa solution pour éviter un tel événement la prochaine fois est de « mettre des choses en place et mentionner dès le début de l’assemblée générale annuelle (AGA) que les gens doivent avoir préparé leurs questions, qu’ils ont le droit de parole une seule fois et à tour de rôle ».  

Dans le cas de la dame de 85 ans, elle indique qu’aucun rapport de police indique que l’homme était dangereux, puis « qu’il ne pouvait pas venir à la Cité. Je n’étais pas dans la pièce lorsque c’est arrivé. J’ai rencontré les gens par la suite. Je ne peux pas dire. Je ne suis pas médecin, je ne suis pas avocate, je ne suis pas juge pour lui dire quoi faire. » Le dossier a ensuite été transféré au Conseil d’administration et à la Ville pour que les faits soient évalués.  

Que peut faire la Ville pour calmer le jeu ? 

La CitéGénéraction 55+ est un organisme mandataire de la Ville de Terrebonne. Elle détient ses propres politiques, s’occupe de sa gouvernance et reçoit un budget annuel de la Ville. Une lettre de mandat signée par le maire est adressée au président du CA. Cette dernière énonce les orientations et les priorités de l’administration municipale et formule ses attentes envers l’organisme.  

Pour répondre aux demandes des citoyens, Terrebonne énoncera prochainement une nouvelle lettre de mandat pour l’ensemble de ses organismes, la dernière aillant été faite en 2024. Lors du conseil municipal du 21 avril, il a été mentionné que le directeur des loisirs et de la vie communautaire, Jean-François Lévesque, travail sur le dossier, afin de renforcer le sentiment de sécurité des occupants. La Ville a aussi mentionné que la Cité procède présentement à un sondage auprès de ses membres, pour évaluer leurs sentiments de sécurité.  

La Cité a mis en place une politique de gestion des plaintes. Elle est disponible sur leur site Web et permet à tous ceux qui fréquentent l’établissement de l’utiliser pour s’assurer que les valeurs de la Cité sont respectées. 

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