Avec les beaux jours, les saisonniers reviennent 

Stéphanie Gervais sur la terrasse du Bâtiment B. Photo Médialo – Sabrina Quesnel-Bolduc 
Stéphanie Gervais sur la terrasse du Bâtiment B. Photo Médialo – Sabrina Quesnel-Bolduc 

Avec l’arrivée du beau temps, les restaurants doivent fonctionner à plein régime : l’ouverture des terrasses double leur capacité d’accueil et, du même coup, leurs besoins de main-d’œuvre en service. Dans le Vieux-Terrebonne, les restaurateurs se préparent depuis le mois de mars afin de répondre à la forte demande. Cette période est cruciale puisqu’ils peuvent empocher jusqu’à 75 % de leur chiffre d’affaires annuel en seulement cinq mois. La gérante du restaurant Bâtiment B et la propriétaire de l’Aparté nous partagent l’envers du décor. 

 

Sur le bord de la rivière des Mille-Îles, le restaurant Bâtiment B possède l’une des plus grandes terrasses de la région, pouvant accueillir jusqu’à 220 personnes en été, en plus des 80 places à l’intérieur. Les heures d’ouverture s’étendent, ce qui augmente les besoins en personnel. Dès le mois de mars, la gérante, Stéphanie Gervais, monte son équipe estivale. D’abord, elle contacte ses anciens employés : « L’hiver, j’ai environ quatre serveurs, dont deux à temps plein et deux à temps partiel. L’été, ça monte jusqu’à 16 : environ huit à temps plein et huit à temps partiel. » 

Adjacent au Théâtre du Vieux-Terrebonne, le restaurant l’Aparté, voit aussi sa réalité changer une fois l’été arrivé. À l’intérieur, la capacité est de 50 places et, avec l’ajout de la terrasse, elle passe à 120. « J’ai officiellement quatre saisonniers et une dizaine de demi-saisonniers. Ce sont ceux qui vont être à temps plein l’été, puis qui vont faire une journée par semaine l’hiver. C’est beaucoup d’étudiants qui aiment garder un pied ici pour ne pas être trop rouillés quand l’été revient », explique la propriétaire, Samie Pépin.  

En service, ce sont souvent des étudiants du cégep ou de l’université qui reviennent, puisque le métier de serveur demeure l’un des emplois étudiants les plus payants, comme l’explique Stéphanie : « Quand j’en ai un qui est bon et qui fait un baccalauréat puis une maîtrise, je suis contente parce que je sais que je vais l’avoir pour un bon six ans. » Pour les plus jeunes, ils commencent comme aides-serveurs afin de gagner de l’expérience avant de monter les échelons. 

 

Des postes convoités 

Pour les deux tenancières, elles remarquent que certaines personnes ayant un emploi saisonnier d’hiver viennent travailler l’été pour compléter leurs heures avec un deuxième emploi. Les postes de serveurs sont très demandés, mais il demeure plus difficile de recruter des plongeurs supplémentaires durant la haute saison. « C’est un poste moins convoité. On a aussi besoin de plus de cuisiniers. On reçoit beaucoup de CV pour le service, mais moins pour les autres postes. C’est ça qui est un peu plus difficile », explique Samie Pépin. 

Lorsque ses employés de l’année passée reviennent, la propriétaire est rassurée puisque la formation peut s’avérer exigeante et que l’arrivée des beaux jours ne suit jamais un calendrier précis. « Je suis chanceuse parce que, depuis trois ans, j’ai beaucoup d’employés qui reviennent. » 

 

 

Revenir pour le plaisir 

Pour sa part, Stéphanie Gervais évoque plusieurs raisons qui poussent les employés à revenir ou à débuter dans le métier. « Le monde aime ça être dehors sur le bord de l’eau et profiter de l’ambiance. C’est sûr que la restauration va toujours rester l’emploi étudiant le plus payante avec les pourboires. On est des bons boss et il y a un esprit de famille qui se crée. » Samie acquiesce, puisque de son côté aussi, plusieurs employés reviennent pour le plaisir du service dynamique et de l’équipe soudée.  

 

À la merci des intempéries 

Cette année, le mois de mai a été particulièrement frais et les restaurants cumulent moins de journées de terrasse qu’à l’habitude. Stéphanie doit composer avec cette réalité au quotidien et gérer son personnel afin qu’il demeure disponible sur appel, selon la météo et les intempéries possibles. « Je fais toujours mon horaire en “stand-by soleil”, comme j’appelle ça. J’ai un horaire à sept serveurs, qui est le maximum que je mets sur ma terrasse pouvant accueillir jusqu’à 220 personnes. Les sept sont cédulés, mais il y en a seulement deux qui sont certains de rentrer. Les autres vont être appelés selon la météo et si la clientèle est au rendez-vous. » 

En plus de devoir gérer le personnel, un mauvais mois d’été peut représenter une importante perte financière. « Si on sait que notre mois de juillet a été mauvais, qu’il a beaucoup plu, et que normalement on fait, par exemple, 50 000 $, on sait qu’on ne pourra pas le refaire ailleurs. » 

Malgré les difficultés que certains restaurants rencontrent avec l’inflation, les établissements du Vieux-Terrebonne profitent de l’effervescence touristique, comme l’observe Samie Pépin. « J’ai eu des gens qui venaient de la Turquie récemment et j’en ai de partout dans le monde qui sont ici juste pour une semaine. Ça m’étonne toujours qu’ils prennent le temps de visiter le Vieux-Terrebonne. Je pense que le tourisme est florissant. Ça se passe vraiment bien. »