La Nuit des sans-abris pour ne pas oublier l’itinérance

Le cortège a défilé autour du boulevard des Seigneurs, sous les coups de klaxon d’encouragement des automobilistes. ( Photo Médialo – Raphaël Isselet )
Le cortège a défilé autour du boulevard des Seigneurs, sous les coups de klaxon d’encouragement des automobilistes. ( Photo Médialo – Raphaël Isselet )

La Nuit des sans-abris de Terrebonne avait lieu dans le parc René-Lévesque le vendredi 16 octobre. C’était l’occasion pour les organismes communautaires de se rassembler et de rappeler que la crise de l’itinérance existe toujours.  

Cette année encore, nous retrouvions Boby Arpin, chef de service pour La HUTTE. Pour lui, 2026 a marqué une évolution plutôt positive dans la gestion de l’itinérance. « Je pense que la situation évolue, je pense qu’on est soudés dans le communautaire aussi. Je pense que dans la ville de Terrebonne, on a un comité opérationnel où on travaille l’itinérance depuis plusieurs années, explique-t-il. Je nous trouve tout le temps un peu plus habile chaque année sur comment gérer cette crise-là. » 

Pour La HUTTE, Bobby Arpin note surtout un changement dans la façon d’accompagner l’itinérance. « Il y a des changements de paradigmes en itinérance où, de plus en plus, on va prioriser l’hébergement d’urgence transitoire. On pense que c’est vraiment en offrant l’accompagnement nécessaire pour permettre aux gens de s’en sortir qu’on va offrir une solution durable », dit le chef de service.  

Une itinérance moins visible 

Cindy Hébert et Cédric Prépost, travailleurs sociaux dans l’équipe spécialisée en itinérance de Lanaudière pour Santé Québec, notent une année avec moins d’itinérance visible dans les rues, mais une itinérance cachée en hausse. « Cette année, les gens se sont plus dispersés, mis à l’abri des regards. Ils vont se trouver des endroits un peu plus cachés, ils ne veulent vraiment pas se faire déranger », rapporte Cédric Prépost.  

« Au niveau de l’itinérance visible, il y avait une croissance marquée d’année en année. Est-ce que l’année prochaine va compenser pour cette année qui était moins visible ? C’est difficile à dire », poursuit-il. Pour les deux travailleurs sociaux, un des enjeux principaux de la région de Terrebonne est l’absence de maisons de chambres qui permettraient de sortir de l’itinérance des profils en rupture forte avec la société.  « Il y avait une de nos partenaires qui a proposé de faire des maisons de chambres dans certaines villes, mais ça ne passe pas. Elle est partie en Mauricie en ouvrir une. Mais ça, on n’en a pas dans la Nouvelle-Zélande Sud. C’est un peu décevant, parce que, malheureusement, les gens, pour arriver à vivre, vont devoir avoir ce genre d’hébergement là », ajoute Cindy Hébert.  

Une précarité toujours très importante 

Alexandre Folco, directeur général chez Travail de Rue LE TRAJET, pointe du doigt une précarité qui augmente fortement. « On voit de plus en plus de gens qui n’arrivent plus à se loger. Et on ne parle pas de gens qui vivent de l’aide sociale, mais de gens qui travaillent. On a constaté un petit peu moins d’itinérance visible cette année à Terrebonne, mais on a une augmentation des cas de précarité. »  

« Mon équipe de travail en ce moment a de la difficulté à répondre à la demande. L’année passée, on travaillait fort, mais on y est arrivé. Cette année, avec plus de staff, on a encore plus de difficultés à répondre à la demande », insiste Alexandre Folco.  

Même son de cloche chez Marie-Ève Plante, directrice des Œuvres de Galilée, un organisme qui fournit du soutien alimentaire à la population. « J’ai remarqué qu’il y avait beaucoup plus de personnes qui étaient dans leur voiture en itinérance que l’année passée. On a dans notre stationnement un frigo sympathique, donc libre d’accès 24 heures sur 24. Et je vous dirais, aujourd’hui, j’étais au bureau, j’ai regardé ça, il y a au moins 40 personnes qui sont venues chercher de la nourriture. »  

Et Marie-Ève Plante anticipe déjà que l’année à venir sera difficile. « Il y a une petite augmentation de la clientèle et une grosse diminution des denrées disponibles. Avec les nouveaux acteurs dans la chaîne alimentaire, on a une augmentation de la clientèle de 10%, mais une diminution des denrées de 50% facilement », rapporte-t-elle.  

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